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USA / Un «Shutdown» de longue durée: Donald Trump est prêt

Etats-Unis. Le président des Etats-Unis Donald Trump a affirmé qu’il était prêt à ce que le «shutdown» dure «pendant très longtemps, des mois, voire des années».
Donald Trump a une nouvelle fois défendu bec et ongles vendredi son projet de mur à la «dangereuse» frontière sud des Etats-Unis, avertissant qu’il était prêt à ce que la paralysie partielle de l’administration fédérale dure plusieurs mois, voire plus d’un an.

Si le président américain a évoqué des discussions «très très productives», les responsables démocrates venus à sa rencontre à la Maison Blanche ont donné un compte-rendu de l’entrevue nettement moins optimiste.

De nouvelles discussions sont prévues dans les jours à venir. «J’ai nommé un groupe, nous allons nous voir ce week-end», a déclaré M. Trump depuis les jardins de la Maison Blanche.

La construction d’un mur à la frontière avec le Mexique est une question de «sécurité nationale», a-t-il martelé. «Ce n’est pas un jeu», a-t-il ajouté, tout en soulignant «le chemin parcouru» dans les négociations avec ses adversaires politiques.

A la sortie de la Maison Blanche, pourtant, Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat et Nancy Pelosi, nouvelle «Speaker» de la Chambre des représentants, ont fait un récit très différent, évoquant des discussions «tendues».

Après moi le déluge

«Nous avons dit au Président que nous avions besoin de la réouverture du gouvernement. Il a résisté. En fait, il a dit qu’il garderait le gouvernement fermé pendant une très longue période: des mois, voire des années», a déclaré à la presse Chuck Schumer, le chef des Démocrates au Sénat.

«Immoral»

Les négociations sur le «shutdown» – rituel de la politique américaine – sont d’abord une bataille de communication dans laquelle chaque parti tente de faire porter la responsabilité du blocage à l’autre. Or si les républicains ont conservé la majorité au Sénat, les démocrates ont désormais un porte-voix nettement plus puissant avec la présidence de la Chambre des représentants.

«Construire un mur (à la frontière avec le Mexique) est immoral, ce n’est pas ce que nous sommes en tant que pays», avait lancé jeudi soir la démocrate Nancy Pelosi, quelques heures après sa prise de fonction comme «speaker» de la Chambre.

«Quelqu’un a-t-il encore des doutes sur notre position? Nous ne construirons pas de mur!», avait ajouté lors de sa première conférence de presse l’élue de Californie, désormais troisième personnage de l’Etat.

Les démocrates lâcheront-ils du lest? Donald Trump peut-il renoncer aux 5 milliards de dollars qu’il réclame à cor et à cri pour édifier son mur sans perdre la face? Quelles sont les portes de sortie pour mettre fin au «shutdown» qui paralyse 25% des administrations fédérales depuis le 22 décembre?

Les Américains sont habitués à ces bras-de-fer budgétaires qui précipitent la fermeture de services jugés « non essentiels » du gouvernement fédéral, subitement privés de financement et de visibilité. Plus ces blocages durent longtemps, plus leurs conséquences sont lourdes. Le dernier « shutdown », premier de l’administration Trump en janvier 2018, avait duré trois jours. Le précédent, en octobre 2013, avait été bien plus long, 16 jours, même s’il était loin du record de 21 jours de 1995-96. Cette fois, Donald Trump s’est dit prêt à un « très long » blocage pour obtenir le financement d’un mur dont il a fait le leitmotiv de sa politique migratoire.

Nouvelle idée

Une idée a refait surface ces derniers jours: réintroduire dans les négociations la question sensible du «Daca».

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Ce programme offrant un permis de séjour temporaire à plusieurs centaines de milliers de jeunes clandestins avait été créé par Barack Obama puis supprimé en septembre par Donald Trump, qui a mis au défi le Congrès de voter une réforme migratoire à la place. Entre-temps, la justice a été saisie par les défenseurs de Daca… et le programme est dans les limbes. Quant au Congrès, il n’a jamais pu s’entendre jusqu’ici pour trouver un compromis.

Le président américain a cependant laissé entendre que ces discussions n’étaient pas à l’ordre du jour. «Nous en parlerons à un autre moment», a-t-il indiqué.

Rapport de force

Républicains et démocrates sont conscients que ce bras de fer budgétaire est aussi un test du rapport de force qui s’établira pour la deuxième partie de mandat de Donald Trump, qui a clairement affiché son intention de se représenter en 2020.

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d’investigation, notamment ceux d’assigner les témoins à comparaître et d’ordonner la présentation de documents. Et si Nancy Pelosi ne souhaite pas, pour l’heure, évoquer la perspective d’une procédure de destitution, ou «impeachment», certains jeunes élus ne se privent pas d’aborder le sujet. Sans surprise, le locataire de la Maison Blanche n’a pas tardé à réagir.

«Comment voulez-vous destituer un président qui a gagné probablement la plus grande élection de tous les temps, qui n’a rien fait de mal (aucune collusion avec la Russie, ce sont les démocrates qui ont comploté), qui est à l’origine des deux meilleures premières années de tous les présidents, et qui est le républicain le plus populaire dans l’histoire du parti, à 93%?», a-t-il tweeté au réveil.

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Avec, (afp/nxp)

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