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Un Zoom sur M. Abdellatif Hammouchi, et M. Mohamed Yassine El Mansouri, les yeux qui veillent sur le Royaume du Maroc.

Un Zoom sur M. Abdellatif Hammouchi, et M. Mohamed Yassine El Mansouri, les yeux qui veillent sur le Royaume du Maroc.
L’ambassadeur directeur général des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains Résidant à l’étranger, Fouad Yazourh, a appelé à une enquête transparente pour jeter toute la lumière sur l’affaire du dénommé Brahim Ghali. « Une enquête que nous espérons transparente devrait être menée pour jeter toute la lumière sur cette affaire », a dit M. Yazourh dans une déclaration à la presse, soulignant que cette enquête « risque de révéler de nombreuses surprises, notamment la complicité et l’ingérence de quatre généraux d’un pays maghrébin ». Il a, dans ce contexte, rappelé que lorsque le Maroc avait révélé dès le 19 avril que le dénommé Ghali était en Espagne, beaucoup y compris les médias et les autorités ont mis en doute cette information, avant de la confirmer 24 heures plus tard.
« Cette information semble vous surprendre, voire même choquante pour l’opinion publique espagnole, mais ne soyez pas surpris. Comme vous le savez, les services marocains sont parmi les plus performants », a dit le responsable, soulignant que davantage d’éléments seront dévoilés en temps opportun.

Un Zoom sur sur ces yeux qui veillent sur le Maroc.

M. Abdellatif Hammouchi, le premier responsable de la Direction générale de la Surveillance du territoire (DGST) et de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), et M. Mohamed Yassine El Mansouri, Chef de la Direction générale des Etudes et de la documentation (DGED).

De nombreux pays avaient fait appel aux services des institutions sécuritaires marocaines, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la criminalité.
M. Mohamed Yassine Mansouri, Directeur général de la Direction générale des études et de la documentation (DGED). Pour la première fois de l’histoire du Maroc, c’est un civil qui prend la tête de la DGED (Direction générale des études et de la documentation) le service du contre-espionnage marocain. 

M. Mohamed Yassine Mansouri, Directeur général de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), est né le 2 avril 1962 à Boujaâd. Il a été copromotionnaire de SAR le Prince héritier Sidi Mohammed, du collège royal jusqu’au DES à la faculté de droit de Rabat. M .Mansouri n’a aucune gêne à raconter qu’il allait à l’école à dos d’âne. Son père, estimé et fort estimable, était un notable de la région, sans aucun lien avec la fortune. Aucun de ses frères ni parents n’a changé de métier pour devenir «entrepreneur». D’autres ont travesti quelques parents instituteurs en grands capitaines d’industrie via des crédits bancaires…
Mohamed Yassine Mansouri est effectivement un proche, très proche du Roi. Non seulement il le côtoie depuis l’enfance, mais il est son homme de confiance. Seulement M. Mansouri a une attitude qui contraste avec une certaine opinion des hommes de pouvoir. Il est discret, extrêmement discret. Quelques interlocuteurs ont cru y déceler de la timidité. Ce n’est pas vrai, c’est une manière d’être.
Fils de notables de Bejaâd, c’est-à-dire de notables mais de Bejaâd, il a fait toutes ses études avec le Roi. Il n’a gardé de ses origines que l’essentiel, un attachement au petit peuple, une humilité à toute épreuve et, surtout, une grande réserve par rapport à une élite très incertaine.
Dans sa manière de vivre, l’homme a réussi un exploit: il sauvegarde de manière farouche sa vie privée, ses amis se comptent sur les doigts des deux mains. D’une civilité avérée, il peut être d’une froideur glaciale.
Yassine Mansouri est d’abord un grand lecteur, c’est une véritable encyclopédie de la culture arabo-musulmane. Sa grande culture, il l’utilise malicieusement. Pour éviter de parler de factuel, il est capable de discourir sur le dernier livre concernant le choc des cultures. Il en a rarement l’occasion.
L’homme est charmant, mais ultra-réservé. De tous les hommes du nouveau monarque, c’est le moins public. Quand d’autres s’attachaient à se fabriquer des coteries, des affidés, il se concentrait sur son travail. Nommé à la MAP, il montre son savoir-faire et dévoile sa méthode. Il a dirigé la MAP durant pratiquement quatre ans, de novembre 1999 à la fin 2003. Il s’y distingue par un train de réforme internes qui mobilisent les effectifs rédactionnels dans le cadre d’une politique éditoriale plus ouverte, plus professionnelle aussi, à la hauteur des enjeux d’une société démocratique et moderne. Et c’est pratiquement un sans-faute, alors qu’il lui faut en même temps « gérer » l’information officielle d’un gouvernement d’alternance plutôt brouillon et velléitaire.

M. Mansouri exerçait les fonctions de wali, directeur général des affaires intérieures au ministère de l’Intérieur depuis 2003 jusqu’à sa nomination ce jour par le Souverain. Par ses qualités de négociateur, M. Mansouri a contribué efficacement à la remise sur les rails des relations maroco-espagnoles avec notamment l’établissement de mesures conjointes en matière de lutte contre l’émigration illégale et le trafic de drogue. Au ministère de l’Intérieur, M. Mansouri a fait montre d’une grande compétence dans la gestion de dossiers aussi sensibles que ceux des élections, de l’émigration et de la lutte contre la drogue, des provinces du Sud ou encore celui de la sécurité. Ses qualités professionnelles et humaines font de lui un interlocuteur crédible auprès de la classe politique avec qui il a eu notamment à organiser les dernières élections communales.

A l’Intérieur, il modernise les RG et s’occupe de dossier lourds

Une fois nommé à l’Intérieur, il se tapit dans son rôle, change la moitié de l’équipe sans avoir l’air d’en faire un objectif, modernise les Renseignements généraux et s’occupe de dossiers lourds.
Le Roi l’a chargé des relations avec l’Union européenne dans ce qu’elles ont de plus conflictuel : la drogue et l’émigration clandestine. Il s’en sort bien, si l’on en juge par la réaction des partenaires. Lui ne parle pas, ne présente son bilan qu’à qui de droit, ne cherche ni la médiatisation, ni encore moins la confrontation. Ceux qui le prenaient pour un second couteau, lui-même affidé à quelque puissance de l’ère nouvelle, feraient bien de se raviser.

Carrière. Renseignement, toute !

La carrière de Mohamed Yassine Mansouri démarre au milieu des années 1980 quand il intègre le ministère de l’Intérieur, en tant que stagiaire au sein du cabinet de Driss Basri. Les témoins de cette époque parlent d’un “garçon discipliné et travailleur, limite effacé”. Il apprend doucement son métier et montre des aptitudes exceptionnelles pour le renseignement et l’analyse de données. Intronisé en juillet 1999, Mohammed VI ne tarde d’ailleurs pas à faire appel aux services de son ancien camarade de classe. En septembre de la même année, de violentes émeutes éclatent à Laâyoune. Deux hommes sont chargés par le monarque de préparer un rapport sur la situation : le général Hamidou Laânigri et Mohamed Yassine Mansouri. “Leur rapport a pointé du doigt la brutalité de la répression ordonnée par Basri, remercié par Mohammed VI”, raconte cet officier à la retraite. Dans la foulée, Hamidou Laânigri est nommé à la tête de la DST et Mohammed Yassine Mansouri devient directeur général de l’agence officielle MAP. Il en améliore, en douceur et sans faire de vagues, les processus de collecte et de traitement de l’information, réactive les bureaux internationaux et étoffe son réseau relationnel personnel.

En mars 2003, Mansouri revient au ministère de l’Intérieur, mais cette fois en tant que wali directeur de la DAGI, la Direction des affaires générales intérieures. Une structure centrale chargée du contrôle du travail des walis et des gouverneurs, en plus de coordonner et filtrer l’information provenant des différents circuits de l’administration territoriale (moqaddems, caïds, gouverneurs, etc.). Sur le terrain, Mansouri supervise les élections communales de 2003, reçoit les patrons de partis politiques (même les plus extrémistes comme Annahj Addimocrati) et s’ouvre sur plusieurs sensibilités sahraouies. A l’international, il travaille, aux côtés de ses homologues espagnols, français et africains, sur des dossiers épineux comme l’émigration clandestine, le trafic de drogue ou le terrorisme. En février 2005, Mansouri devient le premier patron civil de la DGED, où il continue à travailler sur les mêmes sujets, mais avec des méthodes différentes.

Le patron de la DGED a une botte secrète: sa grande humilité. Pendant plusieurs années, il se rendait à son travail au ministère de l’Intérieur à l’heure. Driss Basri n’était pas gentil avec lui, mais il s’en tenait à l’essentiel, sa formation. Depuis l’avènement du nouveau règne, certains de ses camarades s’empressaient à faire le beau et à se comporter comme des «chasseurs de têtes». Lui s’est concentré sur l’essentiel, les demandes de son seul et unique patron : le Roi.

Il dialogue avec les Européens et les Américains

Si l’Algérie a fait le choix des armes pour lutter contre le réseau terroriste, le Maroc a privilégié, quant à lui, le renseignement. Une mission qui échoit naturellement à la DGED, dont les agents sont devenus habitués aux réunions sécuritaires mondiales au Mali ou au Niger. “Mansouri est fier que la DGED ait exprimé, la première, son inquiétude face aux risques terroristes dans cette région du monde, explique ce cadre au ministère de l’Intérieur. A l’époque, le Maroc a discrètement partagé les informations en sa possession avec les grandes puissances mondiales. Mansouri ne voulait pas trop en faire pour ne pas être taxé de chercher simplement à déstabiliser le Polisario et légitimer, d’une nouvelle manière, la souveraineté marocaine sur le Sahara”. Aujourd’hui encore, l’intervention de la DGED dans ce dossier relève du secret-défense. En août 2010 par exemple, le ministre espagnol de l’Intérieur nous apprenait, presque par hasard, que le Maroc a fourni “une précieuse assistance” au royaume ibérique afin de libérer deux otages détenus par AQMI. “L’enjeu est important pour le royaume, analyse cet observateur sahraoui. D’un côté, ses services secrets donnent la preuve de leur efficacité. Les fichiers de combattants jihadistes qu’ils ont constitués au fil des années s’avèrent grandement utiles. De l’autre, le Maroc semble affirmer qu’AQMI ne pourra pas élargir ses activités au Sahara tant que ce dernier est sous souveraineté marocaine”. Au passage, Mohamed Yassine Mansouri devient un interlocuteur incontournable dans la région auprès des Européens et des Américains. On dit que ses visites sont assez fréquentes à Washington, où il disposerait d’entrées privilégiées au sein d’agences de renseignement de premier plan.

Détaillant l’approche marocaine en matière de lutte contre le terrorisme dans ses aspects sécuritaires, religieux et socio-économiques, lors d’une réunion de haut niveau du Comité contre le terrorisme (CTC) relevant du Conseil de Sécurité de l’ONU, le patron des services marocains a fourni des informations précises sur les cellules démantelées et sur les Marocains ayant rallié les mouvances terroristes en Irak et en Syrie, ainsi que sur la collusion avérée du Polisario avec les mouvances terroristes s’activant sur l’axe Alger-Bamako-Niamey.

Le Maroc, a-t-il souligné, a aidé bien des pays à faire échouer des attentats terroristes, notamment les Etats-Unis, la France, la Belgique et l’Espagne, sans compter sa contribution, à l’échelon régional, aux efforts de mise hors d’état de nuire des Ansar Eddine (opération militaire française, nommée Serval, en 2013, au nord du Mali).

Depuis 2005, a rappelé M. Mansouri, les autorités marocaines ont réussi à démanteler des réseaux terroristes opérés par des membres d’AQMI basés au Sahel, dont les plus actifs sont les structures dénommées « Fath Al Andalous » (2008), « Al Mourabitoune Al Joudoud » (2009), composé de membres du « Front Polisario » et la structure d’Amgala (2011), dont le démantèlement a permis la saisie d’un arsenal d’armes qui allait être utilisé contre des intérêts nationaux et internationaux.

Pour le patron de la DGED, la menace terroriste émanant de la région Sahélo-Saharienne est aujourd’hui exacerbée par des alliances entre AQMI et le polisario, ainsi que par d’autres groupes terroristes, dont le +MUJAO+, +Boko Haram+, +Al Chabab Islami+ en Somalie et +Ansar Acharia+ en Tunisie et en Libye.

« Les services de sécurité marocains ont fourni à leurs homologues occidentaux des renseignements extrêmement importants au sujet de la spectaculaire prise d’otages perpétrée, en janvier 2013, sur le site gazier Aïn Amenas, au sud de l’Algérie, par le groupe du terroriste Belmokhtar +Les signataires par le sang+ », a révélé M.Mansouri, regrettant toutefois un déficit de coopération au regard des menaces terroristes qui guettent cet ensemble géographique et son voisinage immédiat, la région Sahélo-Saharienne.

M. Mohamed Yassine Mansouri, a participé, sur instructions royales, le samedi 14 septembre 2019, à Ouagadougou, au Sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la lutte contre le terrorisme.
M. Abdellatif Hammouchi, le patron du pôle DGST-DGSN. Fort de la confiance de Sa Majeté le Roi Mohammed VI, le patron de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire est en première ligne sur tous les fronts sécuritaires du royaume. Portrait d’un serviteur de l’État aussi secret qu’incontournable.

Siège de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), centre-ville de Rabat. Au premier étage de cette vieille bâtisse des années 1950, le bureau du maître des lieux, Abdellatif Hammouchi, 53 ans. « Il y passe généralement une demi-journée, confie Boubker Sabik, porte-parole de la DGSN. Le reste du temps, il est dans son autre bureau de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), à Témara. »

Le premier flic du royaume en est aussi le premier agent de renseignement. Un cumul de postes inédit dans l’histoire sécuritaire du Maroc qui en dit long sur la confiance placée en lui par le roi Mohammed VI. « C’est un modèle qui a incontestablement fait ses preuves et qui nous est envié par d’autres pays, assure Abdelhak Khayyam, patron du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ), bras armé de la DGST, et lui-même ancien de la DGSN. Avoir un seul décideur à la tête de ces deux directions stratégiques ouvre toutes les passerelles de collaboration et supprime tout clivage. »

Le fils du fellah

Abdellatif Hammouchi est né au cœur du Maroc rural, dans le village de Beni Ftheh, dans le pré-Rif, à proximité de la ville de Taza. Cette région, nommée Branès, a vu la naissance d’un autre serviteur de l’Etat, le général de corps d’armée Mohamed Haramou. Orphelin d’un père fellah, Abdellatif Hammouchi a conservé des self-made-men cette capacité de croire que seul le travail paie. L’attachement aux vertus du travail explique en grande partie les succès qui ont ponctué son parcours et ont fait l’admiration de ceux qui ont eu à croiser son chemin. Le travail et la persévérance apportent des résultats. Tel est l’enseignement dont ne se défait jamais le directeur du pôle DGST-DGSN

Capacité d’absorption hors norme

Lorsqu’il est nommé à la tête de la DGSN, en 2015, certains sécurocrates ne donnaient pourtant pas cher de la peau de ce grand commis de l’État tant le cumul des casquettes de patron de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire est difficile. Un familier du sérail confie alors : « La charge de travail est trop lourde pour un seul homme, il va exploser en plein vol. »

Mais sa capacité d’absorption est hors norme. « Il n’a pas pris de vacances depuis vingt ans, hormis récemment quelques jours, à la veille du mois de ramadan, pendant lesquels il s’est rendu sur les Lieux saints pour une Omra express en famille », nous apprend l’un de ses rares confidents. Une disponibilité et un dévouement permanents. Avec des résultats à la clé.

« En quatre ans, il a accompli ce qui n’avait pas été fait en plusieurs décennies au sein de la DGSN, affirme Mohamed Dkhissi, directeur central de la police judiciaire. Il y a opéré un changement radical avec une équité irréprochable, une humanité admirable et sans tapage. » Une caractéristique de ce personnage très discret.

Une DGSN métamorphosée

Dans l’ombre de la DGST et sous les projecteurs de la DGSN, Hammouchi continue de cultiver le secret imposé par son statut de chef du renseignement. Il n’a jamais accordé d’interview. Il consent très rarement à recevoir des journalistes, même en off. Dans le même temps, le directeur de la DGSN veille à ce que la police s’ouvre plus que jamais à la communication. « Avec Hammouchi, notre devise est de ne rien dissimuler à l’opinion publique à part ce qui est interdit par la loi, alors qu’avant la consigne était de ne communiquer qu’au strict minimum de ce que prévoit la loi », explique Boubker Sabik.

La com intensive de la DGSN accompagne une multitude de mesures visant à restructurer les services de police pour gagner en efficacité. Création de nouvelles brigades, renforcement d’unités existantes, renouvellement du parc automobile et des équipements, modernisation des centres chargés de recevoir les appels au secours, rationalisation des dépenses, paiement des arriérés des fournisseurs, régularisation des avancements, amélioration de la qualité des recrutements, promulgation d’un nouveau statut pour les fonctionnaires de la Sûreté nationale… Les collaborateurs de Hammouchi peuvent disserter des heures sur le bilan de leur boss.

« Le concours de recrutement de police a changé de fond en comble. De l’annonce de son organisation jusqu’à la correction des épreuves, tout a été revu pour garantir l’égalité des chances et en finir avec les pratiques de piston ou de triche », affirme Daoud Aït Ja, chef de division à la direction des ressources humaines de la DGSN. C’est que le mérite est une valeur sacrée pour ce fils de fellah (agriculteurs), qui doit son ascension à ses seules compétences.

Capacité d’anticipation

C’est en 1991 que la carrière d’Abdellatif Hammouchi démarre au sein de la DGST, après des études à Fès et un service civil au cabinet du secrétaire général du département de l’Information, alors lié au ministère de l’Intérieur. L’islam politique galopant et l’activisme des groupes djihadistes deviennent dès lors les sujets de prédilection de l’officier de renseignement. Les milliers de fiches compilées et les centaines de rapports étudiés ou établis permettent à cet analyste – surdoué selon ceux qui l’ont alors côtoyé – de gravir rapidement les échelons.

Quand le général Hamidou Laanigri reprend les rênes de la DST, en 1999, au lendemain de l’accession au trône de Mohammed VI, il repère immédiatement ce trentenaire qui maîtrise sur le bout des doigts les mouvances islamistes et organisations jihadistes. « Quand Laanigri briefait de hauts responsables, des homologues étrangers ou certains journalistes, Hammouchi était toujours là. Il est incollable sur les réseaux terroristes. Il est d’ailleurs toujours capable de vous citer, de mémoire, les noms des membres d’une cellule, de retracer leurs parcours et leurs relations avec d’autres groupes combattants », nous raconte un ancien du ministère de l’Intérieur.

Ses compétences sont telles que la CIA tente de le débaucher. « George Tenet (directeur de la centrale de 1997 à 2004) lui a proposé la nationalité américaine et un haut poste à Langley, nous confie l’un de ses proches. Hammouchi a répondu : “Marocain je suis né, marocain je resterai, marocain je mourrai.” » Le royaume reconnaît aussi Abdellatif Hammouchi à sa juste valeur. En haut lieu, sa capacité d’anticipation et la qualité de ses rapports sont grandement appréciées. Mohammed VI en personne lui en commande souvent… et le nomme directeur de la DGST en décembre 2005. À 39 ans seulement, il est le plus jeune patron du renseignement que le Maroc ait connu, mais aussi le benjamin des patrons des services de renseignements dans le monde.

Normalisation de la DGST

Comme il l’a fait avec sa réforme progressive de la DGSN, Hammouchi a déjà marqué de son empreinte l’image et les pratiques de la DGST. Fini le temps des « haj barbouzes » adeptes des disparitions et des interrogatoires musclés dans des caves obscures ! La DGST apparaît aujourd’hui comme une institution normalisée et fréquentable. Son Groupe de recherche et d’intervention (GIR) est acclamé par la foule : les hommes cagoulés qui le composent risquent leur vie sur le terrain lors d’opérations antiterroristes. En 2011, une commission parlementaire a pour la première fois de l’histoire eu accès au fameux siège Témara, longtemps l’un des centres sécuritaires les plus secrets du royaume.

Quelques médias ont également pu accéder à l’antre de la DGST, en marge d’une inauguration royale. « Le siège de la DST et son bureau du deuxième étage du centre d’opérations sont à son image : monacaux, propres, rangés, fonctionnels », nous confie l’un des rares journalistes à avoir été reçu « à titre amical et privé » par le patron du renseignement. Il garde le souvenir d’un « personnage, affable, lisse, ordonné et structuré ».

De leur côté, ses proches et ses collaborateurs rivalisent de qualificatifs pour encenser l’intégrité, la piété, le sérieux et la sincérité du haut fonctionnaire. Solitaire, on ne lui connaît aucune fréquentation mondaine. Peu d’amis. Jamais de restaurants. Un côté « moine-soldat », constamment disponible pour le roi. Jamais de frasques.

Offense diplomatique

Cette réputation d’homme exemplaire a failli être ternie par les accusations de « complicité de torture » portées contre lui en France. En février 2014, et alors que l’intéressé se trouve au Maroc, des policiers viennent frapper à la porte de la résidence de l’ambassadeur du royaume, à Neuilly-sur-Seine, porteurs d’une convocation de la justice à son nom.

L’épisode tourne à la crise diplomatique entre les deux pays et à la suspension de la coopération judiciaire. Ses collaborateurs ont beau jurer que «ces affabulations lui passaient par-dessus la tête», Hammouchi n’a pas oublié l’offense, quand bien même Manuel Valls, Premier ministre à l’époque, et François Hollande, alors président, lui ont juré par la suite qu’ils n’étaient pas au courant.

Les excuses de la France sont intervenues un an après cette crise, d’abord à travers un vibrant hommage rendu par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve au travail de la DGST et à son directeur en matière de lutte antiterroriste. « Tu as sauvé la France », renchérit Patrick Calvar, patron de la Direction générale de la sécurité intérieure, au lendemain des attentats de Paris de novembre 2015. C’est grâce à un tuyau marocain que le terroriste Abdelhamid Abaaoud et ses complices avaient été localisés.

Reconnaissance internationale

Puis, au début de 2016, Abdellatif Hammouchi a été élevé au rang d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Une marque de reconnaissance supplémentaire envers le directeur de la DGST, souvent félicité et remercié par des chefs d’État ou des responsables gouvernementaux étrangers pour la précieuse collaboration des services marocains et pour leur professionnalisme.

Le dernier témoignage en date est celui des autorités sri-lankaises, qui ont tenu à exprimer leur gratitude aux services marocains, qui, les premiers, leur ont communiqué les identités et photos des auteurs des attentats survenus sur leur sol en avril. Et il n’y a pas qu’en matière d’antiterrorisme que la collaboration avec les services étrangers est exemplaire.

« En quelques semaines, nous avons livré aux Espagnols et aux Italiens deux grosses pointures du crime organisé recherchées depuis des années et nous avons démantelé avec les Français un réseau de trafic de cannabis à travers une livraison surveillée », recense le directeur d’Interpol Maroc. Abdellatif Hammouchi et ses hommes veillent au grain sur tous les fronts.

Attentats au Sri Lanka : Le Maroc a fourni des « informations clés » pour l’identification des terroristes

Le Maroc a partagé des «informations sensibles avec le Sri Lanka (distance entre Maroc et Sri Lanka 9 341 km) qui l’ont aidé à identifier neuf terroristes et leurs commanditaires dans l’Etat islamique» impliqués dans les attentats perpétrés sur l’île le 21 avril dernier, a révélé l’agence de presse indienne IANS.

Maroc-USA: Célébration du 231e anniversaire du Département d’État américain, Découvrez la photo choisie pour cet événement….

Photo: prise sur le compte Facebook de U.S. Department of State

Grand nettoyage

Ancrée dans la conscience collective des Marocains, l’image du policier – forcément moustachu, bedonnant, prêt à se prosterner pour un bakchich et incapable de protéger le citoyen – est progressivement en train de changer. D’abord – et ce n’est pas rien – les 70 000 hommes de Hammouchi ont plus fière allure dans leur nouvel uniforme. Mieux payée et mieux équipée, la police intègre désormais la notion de reddition des comptes. Le grand public a encore en mémoire ce conducteur de triporteur que Hammouchi avait reçu pour le réconforter après qu’une enquête interne eut établi qu’il avait été humilié par un officier.

« Depuis la création de la DGSN, jamais trois préfets de police n’avaient été dégradés et mis à la retraite, rappelle Boubker Sabik. En 2017, 2 505 fonctionnaires ont été sanctionnés, dont 111, révoqués. » Au sein des services de la DGSN, comme dans les arrondissements de police, les missions d’inspection et d’audit se multiplient. Tout abus ou infraction donne lieu à une sanction : Abdellatif Hammouchi ne badine pas avec la légalité. La méthode paie. En 2018, 150 000 candidats ont passé le concours d’entrée à la DGSN.

Avec, autres presses

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