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L’ONU demande à l’Algérie de libérer dans l' »immédiat » les détenus du Hirak

L’ONU demande à l’Algérie de libérer dans l' »immédiat » les détenus du Hirak

Mme Michelle Bachelet,  Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a lancé le 27 février dernier un message clair et net au régime algérien : il faut libérer immédiatement tous les détenus politiques. Michelle Bachelet a cité le cas de l’Algérie dans son discours prononcé devant le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies qui est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 États qui ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme autour du globe.

De nombreux manifestants ont été arrêtés ce vendredi 26 février dans plusieurs villes du pays lors des marches du premier vendredi du Hirak depuis près d’une année, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Aucun autre bilan officiel de cette opération n’a été ensuite fourni par le gouvernement, qui poursuit les arrestations des activistes du Hirak. Dans ce contexte, et pour la première fois, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a demandé officiellement ce vendredi à l’Algérie de libérer immédiatement les détenus du Hirak.

Dans son discours, la Haute-Commissaire Michelle Bachelet a «demandé instamment le Gouvernement de l’Algérie à poursuivre sur la voie du dialogue et à libérer immédiatement toutes les personnes détenues pour avoir participé pacifiquement aux manifestations ». Cette «demande» qui sonne comme une «injonction» n’a pas encore reçu de réponse de la part des autorités algériennes qui continuent de maintenir en détention plusieurs activistes du Hirak et opposants politiques.

De Toufik Hassani en passant par Nourredine Tounsi ou l’ex-candidat aux élections présidentielles annulées d’avril 2019, le général-major Ali Ghediri, de nombreux autres détenus d’opinion continuent de croupir dans les prisons algériennes. Officiellement, suite aux annonces du Président Abdelmadjid Tebboune faites le 18 février dernier, 33 détenus politiques ont été remis en liberté par le ministère de la Justice en application des dispositions d’une grâce présidentielle. Or, ce nombre ne traduit pas réellement l’ampleur réelle de la question de la détention arbitraire des activistes et militants politiques.

Le silence des autorités algériennes face à l’injonction de l’ONU peut être interprété comme un volonté manifeste du pouvoir de conserver ses pratiques arbitraires et répressives. Preuve en est, lors des récentes manifestations du Hirak du vendredi 26 février dernier, de nombreuses arrestations musclées ont été suivies par des violences policières intolérables ayant causé des blessures et des traumatismes à de nombreux manifestants pacifiques comme il a été démontré par de nombreux témoignages accablants diffusés sur les réseaux sociaux par des manifestants à Oran, Mostaganem ou Alger.

Lettre ouverte à Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies et à son Haut-Commissaire aux Droits Humains Mme Michelle Bachelet

Par: Les collectifs Les révolutionnaires libres, Union pour l’Algérie

Vos Excellences,

Voilà plus de 17 mois déjà que nous avons entamé à travers des plaintes successives des tentatives de vous interpeller sur la situation des droits humains en Algérie. Mais, à notre grand regret à ce jour et ce malgré des violations graves et avérées perpétrées par un régime militaire dictatorial,
vous n’avez pas daigné ne serait-ce que tenter de vous informer sur le bienfondé de nos plaintes, et bien pire encore par votre silence vous semblez détourner vos regards sur une situation qui ne cesse de se dégrader.
En effet, si le pouvoir militaire en Algérie est encouragé par le mutisme de beaucoup de pays qui se réclament des valeurs universelles des droits de l’homme, et de démocratie sous prétexte de non-ingérence dans les affaires internes du pays, que dire alors de l’absence de réaction d’une institution internationale telle que celle que vous dirigez et dont le rôle premier est d’interpeller tout pays qui en est membre, comme le nôtre, sur une quelconque dérive en matière de justice ou d’atteintes graves aux droits humains.

Cette complicité qui ne dit pas son nom galvanise le pouvoir en place qui, pandémie aidant, a fermé tous les espaces d’expression, restreint les libertés fondamentales telles que celles de circuler ou de protester. Il se complait dans ce huis clos imposé au peuple algérien pour réprimer, violenter, arrêter, emprisonner sous des prétextes fallacieux que n’auraient pas renié les pires dictatures du siècle passé (comme celle de Pinochet au Chili dont Mme Bachelet est originaire).
Les nombreuses violations à la constitution algérienne censée être le socle fondamental de nos lois et notamment celles garantissant les libertés individuelles et collectives dénaturent complètement ce texte, et l’ont rendu à géométrie variable et malléable entre les mains de la dictature. Cette dernière, comble de l’ironie, et après un simulacre d’élections présidentielles largement boycottées par le peuple algérien à l’issue desquelles elle a désigné un président illégitime, s’apprête à organiser un pseudo référendum sur une révision de la constitution qui va renforcer les pouvoirs d’un président entre les mains d’un pouvoir occulte.
Un texte pensé et écrit par une poignée d’individus déclarés “constitutionnalistes” et très peu débattu car rejeté d’emblée par la population. Ce pouvoir bat le rappel d’associations et autres institutions à sa botte pour convaincre le peuple algérien à adouber un ersatz de constitution
pour soi-disant asseoir les bases d’une “Nouvelle Algérie”.

Aussi le président désigné ne s’encombre-t-il pas de mensonges et déni de la réalité, en affirmant dans des tribunes étrangères qu’il n’y a aucun détenu d’opinion en Algérie, rabaissant ainsi les militants, activistes et simples citoyens emprisonnés à des prisonniers de droit commun. Il proclame à qui veut bien l’entendre que les règles de justice de démocratie et de libertés sont désormais consacrées en Algérie, alors que la répression ne cesse de s’abattre sur tout citoyen ayant une voix discordante du régime. Pire encore, l’on assiste à une inquisition qui ne dit pas son nom et digne du moyen âge puisqu’un activiste du Hirak (le mouvement révolutionnaire du peuple algérien) vient d’être condamné à dix années de prison !!! et une lourde amende pour délit “d’athéisme” au simple motif, qu’il a été trouvé en son domicile une page déchirée d’un vieil exemplaire du Coran.
La mort d’une jeune adolescente brûlée vive après avoir été violée par son assaillant, a fait l’objet d’un réquisitoire inique par un avocat officiant au niveau du Ministère de la justice, qui affirmait que son assassinat était dû a ses mœurs douteuses et à la mauvaise éducation reçue de ses parents.
Cette réaction honteuse et inacceptable de justifier un mettre odieux d’un être humain a été reprise par un professeur en pédiatrie et a déchaîné les passions sur les réseaux sociaux. Des marches de protestation a travers plusieurs villes d’Algérie et à l’étranger ont été organisées pour dénoncer des féminicides abjects et interpeller le pouvoir.

La nonchalance complice des autorités a quelque part déclenché d’autres meurtres similaires ces derniers jours.

Tout ceci n’est possible que par le silence assourdissant au niveau international et plus particulièrement celui des Nations Unies garantes des libertés des peuples.
Aujourd’hui tout citoyen algérien vit sous la menace d’une arrestation pour un simple écrit sur les réseaux sociaux, et autres motifs futiles dont ne s’embarrasse plus une justice aux ordres. Les avocats ont récemment observé une grève de deux jours à travers tout le territoire national pour dénoncer les dérives graves d’une justice aux ordres. Cette même justice, qui par la voix du syndicat des magistrats s’inquiète d’une mainmise totale sur toutes les juridictions du pays a un point tel qu’elle a été surnommée “Justice du téléphone” puisque les sentences sont dictées par une police politique plus que jamais déchaînée.
Plusieurs voix s’élèvent en Algérie et à l’étranger, pour dénoncer avec vigueur toutes ces atteintes aux droits les plus élémentaires des algériens (ci-joint une déclaration très récente d’un célèbre avocat Maître Mokrane Ait Larbi, qui nous renseigne sur l’état de déliquescence atteint par notre pays en matière de justice).

Si un rapporteur spécial indépendant consulté par le Haut-Commissariat aux droits humains a fait un constat sévère sur la situation des droits de l’homme en Algérie, et que le comité relatif aux détentions arbitraires a dans son compte rendu du 30 Août 2020, dénoncé le jugement prononcé contre un ex-détenu du Hirak Mr. Messaoud Leftissi et a exigé sa réhabilitation, il n’en demeure pas moins que votre absence de réaction officielle nous interpelle, et génère un grand nombre de questionnements quant à votre rôle de défenseur suprême des droits de l’homme.
Vos excellences, qu’attendez-vous pour dénoncer une dictature, qui sévit plus que jamais et qui bâillonne les voix de dizaines de millions de citoyens? Comment pouvez-vous expliquer votre politique de deux poids et deux mesures, quand il s’agit d’un autre pays tel que la Biélorussie pour lequel vous avez été prompts à dénoncer une élection truquée, et une répression à l’encontre des citoyens biélorusses ? Sans vouloir minimiser la révolution biélorusse qui s’étend. Nous pouvons vous assurer que la révolution algérienne est aussi digne sinon davantage de votre intérêt.
Nous sommes confiants, que cet énième appel ne pourra et ne devra rester sans réponse adéquate de votre part.
Veuillez accepter vos excellences nos sincères salutations respectueuses.
N.B. Déclaration de Maître Mokrane Ait Larbi avocat au barreau d’Alger. ⇒ Déclaration

L’avis adopté par le GTDA du haut commissariat des droits de l’homme concernant la détention arbitraire de M. Messaoud Leftissi et demande au gouvernement Algérien d’appliquer certains nombre de mesures pour remédier sans tarder à sa situation.

Lire aussi:

Algérie / De la perpétuité à 6 mois de prison: Walid Nekiche, «Menacé» «agressé sexuellement»et «Torturé» à la (DGSI) pendant sa garde à vue. …

CDH: La pandémie est un « prétexte » utilisé par certains Etats pour réprimer et abolir les libertés, déplore l’ONU

Le « gouvernement » algérien exige « la reconnaissance des crimes coloniaux » de la France, … la même exigence des familles et des proches des disparus de la décennie noire en Algérie

Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées
New York, 20 décembre 2006
Entrée en vigueur
:
23 décembre 2010, conformément au paragraphe 1 de l’article 39 qui se lit comme suit : «La présente Convention entrera en vigueur le trentième jour après la date du dépôt auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies du vingtième instrument de ratification ou d’adhésion.».
Enregistrement :
23 décembre 2010, No 48088
État :
Signataires : 98. Parties : 63
Texte : Exemplaire certifié conforme

 

Nations Unies, Recueil des Traitésvol. 2716,p. 3;Doc.A/61/448C.N.737.2008.TREATIES-12 du 2 octobre 2008 (Proposition de corrections du texte original de la Convention (Textes authentiques anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe) et des exemplaires certifiés conformes) et C.N.1040.2008.TREATIES-20 du 2 janvier 2009 (corrections).
Note :
La Convention susmentionnée a été adoptée le 20 décembre 2006 au cours de la soixante-et-unième session de l’Assemblée générale par la résolution A/RES/61/177. Conformément à l’article 38, cette Convention sera ouverte à la signature de tous les États Membres de l’Organisation des Nations Unies. La Convention susmentionnée sera ouverte à la signature à Paris (France) le 6 février 2007 et par la suite au Siège de l’Organisation des Nations Unies à New York.
Participant Signature Adhésion(a), Ratification
Albanie  6 févr 2007  8 nov 2007
Algérie  6 févr 2007
Allemagne 26 sept 2007 24 sept 2009
Angola 24 sept 2014
Argentine  6 févr 2007 14 déc 2007
Arménie 10 avr 2007 24 janv 2011
Autriche  6 févr 2007  7 juin 2012
Azerbaïdjan  6 févr 2007
Belgique  6 févr 2007  2 juin 2011
Belize 14 août 2015 a
Bénin 19 mars 2010  2 nov 2017
Bolivie (État plurinational de)  6 févr 2007 17 déc 2008
Bosnie-Herzégovine  6 févr 2007 30 mars 2012
Brésil  6 févr 2007 29 nov 2010
Bulgarie 24 sept 2008
Burkina Faso  6 févr 2007  3 déc 2009
Burundi  6 févr 2007
Cabo Verde  6 févr 2007
Cambodge 27 juin 2013 a
Cameroun  6 févr 2007
Chili  6 févr 2007  8 déc 2009
Chypre  6 févr 2007
Colombie 27 sept 2007 11 juil 2012
Comores  6 févr 2007
Congo  6 févr 2007
Costa Rica  6 févr 2007 16 févr 2012
Croatie  6 févr 2007
Cuba  6 févr 2007  2 févr 2009
Danemark 25 sept 2007
Dominique 13 mai 2019 a
Équateur 24 mai 2007 20 oct 2009
Espagne 27 sept 2007 24 sept 2009
Eswatini 25 sept 2007
Fidji 19 août 2019 a
Finlande  6 févr 2007
France  6 févr 2007 23 sept 2008
Gabon 25 sept 2007 19 janv 2011
Gambie 20 sept 2017 28 sept 2018
Ghana  6 févr 2007
Grèce  1 oct 2008  9 juil 2015
Grenade  6 févr 2007
Guatemala  6 févr 2007
Guinée-Bissau 24 sept 2013
Haïti  6 févr 2007
Honduras  6 févr 2007  1 avr 2008
Inde  6 févr 2007
Indonésie 27 sept 2010
Iraq 23 nov 2010 a
Irlande 29 mars 2007
Islande  1 oct 2008
Italie  3 juil 2007  8 oct 2015
Japon  6 févr 2007 23 juil 2009
Kazakhstan 27 févr 2009 a
Kenya  6 févr 2007
Lesotho 22 sept 2010  6 déc 2013
Liban  6 févr 2007
Liechtenstein  1 oct 2007
Lituanie  6 févr 2007 14 août 2013
Luxembourg  6 févr 2007
Macédoine du Nord  6 févr 2007
Madagascar  6 févr 2007
Malawi 14 juil 2017 a
Maldives  6 févr 2007
Mali  6 févr 2007  1 juil 2009
Malte  6 févr 2007 27 mars 2015
Maroc  6 févr 2007 14 mai 2013
Mauritanie 27 sept 2011  3 oct 2012
Mexique  6 févr 2007 18 mars 2008
Monaco  6 févr 2007
Mongolie  6 févr 2007 12 févr 2015
Monténégro  6 févr 2007 20 sept 2011
Mozambique 24 déc 2008
Niger  6 févr 2007 24 juil 2015
Nigéria 27 juil 2009 a
Norvège 21 déc 2007 22 août 2019
Oman 12 juin 2020 a
Ouganda  6 févr 2007
Palaos 20 sept 2011
Panama 25 sept 2007 24 juin 2011
Paraguay  6 févr 2007  3 août 2010
Pays-Bas 29 avr 2008 23 mars 2011
Pérou 26 sept 2012 a
Pologne 25 juin 2013
Portugal  6 févr 2007 27 janv 2014
République centrafricaine 11 oct 2016 a
République démocratique populaire lao 29 sept 2008
République de Moldova  6 févr 2007
République dominicaine 26 sept 2018
République tchèque 19 juil 2016  8 févr 2017
République-Unie de Tanzanie 29 sept 2008
Roumanie  3 déc 2008
Saint-Vincent-et-les Grenadines 29 mars 2010
Samoa  6 févr 2007 27 nov 2012
Sénégal  6 févr 2007 11 déc 2008
Serbie  6 févr 2007 18 mai 2011
Seychelles 18 janv 2017 a
Sierra Leone  6 févr 2007
Slovaquie 26 sept 2007 15 déc 2014
Slovénie 26 sept 2007
Sri Lanka 10 déc 2015 25 mai 2016
Suède  6 févr 2007
Suisse 19 janv 2011  2 déc 2016
Tchad  6 févr 2007
Thaïlande  9 janv 2012
Togo 27 oct 2010 21 juil 2014
Tunisie  6 févr 2007 29 juin 2011
Ukraine 14 août 2015 a
Uruguay  6 févr 2007  4 mars 2009
Vanuatu  6 févr 2007
Venezuela (République bolivarienne du) 21 oct 2008
Zambie 27 sept 2010  4 avr 2011


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