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L’étude du génome africain: les Afros-Américains, par exemple, viennent essentiellement de l’Afrique de l’Ouest.

Une étude à grande échelle sur le sujet a été menée par une équipe de généticiens américains, africains et européens. Ces résultats sont parus récemment dans la revue Science. “Parmi les découvertes les plus importantes que nous ayons faites, on peut citer cette immense diversité génétique que l’on retrouve non seulement au sein des ethnies, mais également entre les ethnies”, confie Sarah Tishkoff, de l’université de Pennsylvanie à Philadelphie. “Il n’existe pas de groupe ‘africain type’ qui serait représentatif de tous.”

Sarah Tishkoff et son équipe ne se sont pas seulement intéressés aux ancêtres communs des populations africaines, ils ont également étudié les origines d’autres populations humaines du globe. Il y a 50 000 à 100 000 ans, les hommes sont partis du nord-est de l’Afrique, au niveau de la mer Rouge, pour conquérir le reste du monde. Ils ont d’abord colonisé le Proche-Orient et l’Europe. A chaque vague d’émigration, la diversité génétique s’est peu à peu amenuisée. Les chercheurs appellent ce phénomène l’effet “goulot de bouteille.” “Ce sont les populations les plus anciennes qui présentent la plus grande diversité génétique”, précise Sarah Tishkoff.

Afro-Américains : le retour aux racines

Depuis l’entrée en scène de Barack Obama et son voyage médiatisé, en 2006, dans son village ancestral au Kenya, le business des origines africaines a le vent en poupe aux États-Unis. Malgré les kilomètres et les années, il peut même réveiller le patriotisme.

Isaiah Washington a trouvé ses racines en Sierra Leone.

Cité par le quotidien Los Angeles Times, l’acteur africain-américain Isaiah Washington,  raconte que pour lui l’Afrique n’était qu’un continent « d’indigènes en pagne avec un os dans le nez ». Mais, aujourd’hui, le voilà chef de village en Sierra Leone, à la tête d’une fondation qui construit une école dans le pays, restaure un hôpital… Et le voilà surtout citoyen. Après un test ADN en 2005, il a découvert son appartenance au peuple mende, vivant en Sierra Leone, et n’a eu aucun mal à obtenir la nationalité qu’il a demandée au président Ernest Bai Koroma. En débarquant à Freetown, il avait eu le sentiment d’avoir retrouvé sa « vraie famille ». Les autorités n’ont pas hésité : quoi de mieux qu’une star de cinéma pour redorer le blason du pays après dix années de guerre civile ?

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Conscient de la manne financière que représente la diaspora outre-Atlantique, le Ghana accorde lui aussi la nationalité aux Afro-Américains.

L’étude du génome africain permet également de reconstituer des événements historiques plus récents. D’après leur matériel génétique, les Afros-Américains, par exemple, viennent essentiellement de l’Afrique de l’Ouest.

La loi du 6 août 2004 interdit d’effectuer des tests de filiation génétique sans l’aval d’un juge et interdit toute allusion aux origines ethniques dans les fichiers nominatifs. Autant d’obstacles juridiques à la création de services proposant des tests de généalogie génétique au grand public. Sur le plan médical, le Code de la santé publique stipule qu’un test génétique ne peut être prescrit que par un médecin. La loi impose également que les résultats, assortis de conseils, soient rendus au patient par le médecin prescripteur. Enfin, la loi sur l’immigration du 20 novembre 2007 introduit le recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial.

Cette étude, la plus grande jamais réalisée à ce jour sur la diversité génétique en Afrique, pourrait apporter bien plus que de nouveaux éléments sur les origines géographiques de l’homme. Pour Scott Williams, de l’université Vanderbilt de Nashville (Tennessee), elle constitue aussi une base pour de futures recherches médicales. “En retraçant ces variations de génome dans les populations humaines, nous pourrions identifier des variantes génétiques responsables de pathologies particulières ou trouver des moyens de protection contre certaines maladies.” Les Africains de l’Ouest, par exemple, présentent une prédisposition particulièrement élevée au cancer de la prostate et à l’hypertension artérielle, alors que les Kényans et les Tanzaniens ont une capacité à digérer le lait que l’on ne trouve chez aucun autre peuple africain, ajoute-t-il.

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