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Le rituel de la contestation des résultats des Commissions électorales en Afrique.

© SIA KAMBOU / AFP
En Afrique à l’ère de la démocratie, rares sont les élections présidentielles dont le résultat n’est pas contesté par le perdant et où ce dernier félicite, avec un fair-play démocratique, le vainqueur.

Loin d’être anecdotique, le rituel de la contestation électorale trahit donc un refus des règles du jeu de la démocratie et plus profondément du suffrage universel par les acteurs politiques africains. Ces derniers continuent encore de se considérer comme les maîtres et les propriétaires de la société. Au lieu de concourir à l’expression de la volonté générale et à la formation de l’intérêt général, les partis politiques africains en revendiquent le monopole. Encore animé par l’esprit de la lutte indépendantiste et anticolonialiste qui prétendit être le combat d’un peuple uni derrière un parti politique et son leader charismatique contre des envahisseurs étrangers, chaque parti africain estime représenter le peuple en sa totalité. Or à l’ère de la démocratie « le peuple comme totalité pris au singulier est introuvable » comme le souligne Pierre Rosanvallon. « Loin de former un bloc, dont une unanimité livrerait le secret substantiel, il est une puissance que nul ne peut seul posséder ou prétendre incarner ». S’octroyant, a priori, la majorité électorale en dépit de cette évidence, chaque parti politique s’attribue donc la victoire à l’élection présidentielle, même lorsque sa campagne électorale ou sa gouvernance fut calamiteuse.

RDCl’opposant Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle
Selon les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) dans la nuit de mercredi à jeudi, l’opposant Félix Tshisekedi est arrivé en tête de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo.
Après une longue attente, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a finalement annoncé les résultats provisoires de l’élection présidentielle en RDC vers 3h du matin (heure de Kinshasa) ce jeudi.

“On nous a volé la victoire”, criaient les partisans de M. Fayulu à Kisangani (nord-est) où la police a usé de gaz lacrymogènes et fait des tirs de sommation.

De fait, Martin Fayulu a immédiatement rejeté les résultats et dénoncé un “véritable putsch électoral”. “Ces résultats n’ont rien à voir avec la vérité des urnes”, a-t-il affirmé à Radio France internationale (RFI).

La puissante Eglise catholique, qui avait déployé 40.000 observateurs le jour du scrutin et appelé la commission électorale à ne pas trahir “la vérité des urnes”, a également mis en doute ces résultats. “Tels que publiés par la Céni, (ils) ne correspondent pas aux données collectées par notre mission d’observation”, a déclaré le porte-parole de l’épiscopat, l’abbé Donatien Nshole.

MaliL’opposant malien Soumaïla Cissé a “catégoriquement rejeté” les résultats officiels de la présidentielle le donnant battu au second tour du 12 août, affirmant qu’il l’avait au contraire remporté face au président sortant Ibrahim Boubacar Keïta.
“Je maintiens et je peux le prouver que j’ai remporté cette élection avec 51,75% des voix !”, a lancé M. Soumaïla Cissé

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« Je maintiens et je peux le prouver que j’ai gagné cette élection avec 51%, contre 48% pour mon adversaire », a déclaré Soumaila Cissé, devant une foule de militants et sympathisants.

Selon les résultats provisoires donnés jeudi matin par le ministres de l’Administration territoriale, Ibrahima Boubacar rempile pour un second mandat de cinq ans avec 67,17 pour cent des voix contre 32,83 pour cent à Soumaila Cissé.

Cameroun le candidat Maurice Kamto se déclare vainqueur de la présidentielle.
L’un des principaux candidats à la présidentielle de dimanche au Cameroun, Maurice Kamto, a revendiqué lundi à Yaoundé la victoire face au président sortant Paul Biya, affirmant avoir “marqué le penalty”.

“J’ai reçu mission de tirer le penalty, je l’ai tiré et je l’ai marqué”, a déclaré M. Kamto lors d’une conférence de presse. “J’ai reçu du peuple un mandat clair que j’entends défendre jusqu’au bout”.

La victoire de Paul Biya à la présidentielle du 7 octobre dernier serait sans appel sur ses sept concurrents, selon les chiffres de la Commission nationale de recensement des votes. Ces derniers, issus du décompte des voix exprimées sur l’ensemble du territoire camerounais et dans la diaspora, donnent vainqueur le président sortant avec 71,28 % des voix, contre 14,23 % pour Maurice Kamto, candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), et 6,28 % pour Cabral Libii, challenger de l’Union nationale pour l’intégration vers la solidarité (Univers).

GabonPing se dit «vainqueur» de l’élection présidentielle.
Jean Ping, principal opposant à la réélection d’Ali Bongo, s’est déjà dit « élu », devant la presse, se basant sur des chiffres collectés par l’opposition. Cette déclaration intervient alors que la centralisation des chiffres n’est pas encore terminée et que les résultats officiels ne seront communiqués que mardi à 17h, a fait savoir le ministère de l’Intérieur. Ali Bongo, président-candidat, a indiqué pour sa part qu’il attendait « sereinement » les résultats.

Madagascar – les trois candidats provisoirement en tête de la course à la présidentielle émettent des doutes sur les résultats partiels publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les protestations des trois principaux candidats se font déjà entendre, alors que la CENI de Madagascar vient juste de finir le traitement des résultats issus de plus de 60% des bureaux de vote.

Ce refus politique rituel de la déclaration, émanée des urnes, de la volonté générale des peuples, fait donc système avec l’habitus de dissimulation des programmes politiques et de camouflage des identités partisanes qui permettent aux partis politiques de contrôler, de bout en bout ,les processus électoraux en Afrique.

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