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LE CAMEROUN : NOTRE VÉRITABLE HISTOIRE. Sidick Nsangou

Le Cameroun est le pays d’hommes et femmes fiers et dynamiques, téméraires, indomptables et courageux, mue pour son patriotisme et de son nationalisme constant et ambiant, ayant lutté durant des décennies pour arracher sa liberté et sa souveraineté. Nous sommes désormais face à l’histoire contemporaine, et, surtout face à notre destinée. On ne saurait dire si nous avançons ou non, mais, une chose est cependant sure, nous sommes sur la voie de la relève et de la rupture !

Ceci dit, nous devons être cohérents et clairvoyants dans la diffusion des connaissances et des informations relative à notre histoire ainsi que les problèmes qui entachent notre pays aujourd’hui. Il est cependant clair que seuls les faits, et rien que les faits passés et historiques pourraient nous édifier selon la chronologie d’évènements d’avant, pendant et après les indépendances, à partir du premier traité (officielle) germano-Douala en juillet 1884 ; jusqu’à la rédaction de notre première constitution sous l’État fédéral en 1961. Car nous sommes les héritiers légitimes de notre pays, pouvant réécrire notre histoire, la vraie histoire de notre nation sans tricheries, sans falsifications, et, surtout, sans tergiversations de façon la plus cohérente pour mieux éclairer les nôtres et nos compatriotes en ce temps de trouble dans notre pays.

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C’est exactement ce que nous essayerons de démontrer et relater sur cette rédaction importante sur l’heure et tout ce qui se déroule de nos jours dans notre pays, concernant notre histoire, notre véritable histoire, avec les faits historiques qui ont entre autres, modifié et reconfiguré notre pays depuis le premier contact avec les Européens.

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Tout d’abord, comme le réclamaient les nationalistes et les indépendantistes upécistes durant la lutte indépendantiste pour notre souveraineté et pour notre liberté, ces derniers eurent à demander catégoriquement (auprès de l’assemblée de l’ONU plus d’une fois) la réunification des deux Cameroun d’abord, avant l’indépendance. Car ; ils estimaient, et avaient certainement raison d’insister sur ce préalable que la prospérité du Cameroun et de notre nation sera possible que si nous reprenions nos frontières initiales avant sa dislocation par la France et l’Angleterre en 1916.

Le Cameroun sous domination allemande ou territoire international sous protectorat allemand lors de la bataille des puissances europeens sur la conquête de l’Afrique, ayant tracé ses frontières officiellement la toute première fois dans l’histoire en 1895 par les allemands, ( et non en 1901 selon l’image des cartes en dessous ) lesquels régnaient sur le territoire Camerounais depuis dix (10) ans déjà après LE TRAITÉ GERMANO & CHEFS DUALA. Le Cameroun avait une superficie dès 1895 connue et reconnue par la Société des Nations (SDN ) : 478.000 Km2.

Car, le Cameroun allemand autrement appelé « KAMERUN » par les allemands, était déjà la propriété des allemands, en 1895, dix (10) années après leur signature des accords avec les chefs Douala d’abord entre le 12-14 juillet 1884, et, un an plus tard, en mars 1885, ils continuaient d’imposer leur hégémonie avec les rois et chefs de la zone autrefois nommée Victoria (Limbe – Buea) dans le sud-Ouest du Cameroun. Cet endroit, rappelons-le, faisait déjà du commerce ( y compris la vente d’esclaves ) bien avant avec les Anglais, y compris les chefs Duala, dont Alfred Saker qui initia le christianisme dans la cote des rivières des crevettes, avant l’arrivée des Allemand au Cameroun qui eurent à officialiser leur relation avec les chefs Duala dès la fin de la conférence de Berlin sous le chancelier Bismarck, des côtes camerounaises, avant leur pénétration et leur conquête progressive dans l’arrière pays du Cameroun. Notamment, la conquête des frontières du Sud Cameroun s’est déroulée avec une tragique confrontation, parfois sous rivalités d’autres maîtres colons comme la France.

C’est le 21 Décembre 1885 que l’Allemagne signe un accord avec la France pour prendre le contrôle du Sud-Cameroun vers kribi aux alentours de la rivière campo. Ainsi se suivirent les multiples conquêtes des chefferies et royaumes dans l’arrière pays par les Allemands jusqu’au Nord, dans le grand Nord, dans le Nord-Ouest ( Bamenda ) où la résistance fut féroce entre ces peuples refusant la tutelle Allemande. On peut parler encore de l’Ouest du Cameroun , dans le Noun de Njoya où ces derniers arrivent en 1902, et le Roi Njoya ne résista guère avec les Allemands, convaincus de leur suprématie militaire, il décide de collaborer outre de résister.

En revanche, sept ( 7 ) années plutôt selon certains historiens de l’époque, c’est à dire en 1895, les allemands eurent à tracer les frontières limitrophes vers le sud-Ouest par Calabar (Nigeria) au Sud par la rivière de Campo, le Nord – Ouest par le territoire britannique ( Nigeria) et du centre Est par les frontières de l’AEF ( l’Afrique Equatoriale française ) : la superficie du Cameroun est de 478.000 Km2. Et, jusqu’à 1911 devenu le Kamerun devient par l’extension de ses frontières ; “Ne Kamerun” , sous un accord avec la France, où celle-ci lui cède son territoire qui va durer cinq (5) ans seulement. Le pays de Françoise Mbango et de Emmanuel Endeley s’agrandit sur l’étendu de l’Afrique Equatoriale française de ( 278000 km2 ) et devient 756000 km 2 de superficie jusqu’en 1916. Date à laquelle les Allemands à leur tour quittent le territoire du Cameroun et cèdent le Kamerun aux anglais et aux Français.

Toutefois, le Cameroun, pendant la première guerre mondiale fut partagé par l’Angleterre et la France après une intense guerre de campagne qui a duré deux ans, et s’est entérinée par la défaite des allemands face à ses adversaires et voisins Européens au Cameroun : nous sommes le 04 Mars 1916 lors de la rétrocession et de la dislocation du Cameroun par les Anglais et les Français.

A l’issue de cette victoire de la France et de l’Angleterre au Cameroun contre les Allemands, la France prit une grande partie du Cameroun ; nommé le Cameroun oriental ou la partie Francophone, 3/4 de la superficie du pays, tandis que l’Angleterre se contenta d’1/4 du Cameroun. Près du Nigeria voisin, son ancienne colonie, ce fut le Cameroun Occidental ou encore la partie Anglophone, sectionnée entre le Nord britannique Camerounais et le Sud britannique Camerounais.

Toutefois, lorsque l’UPC fut créé par l’honorable et ancêtre Um Nyobe, inspiré, éclairé et orienté par Gaston Donnat, un syndicaliste et fervent marxiste (Européen d’origine française) en 1948, les nationalistes indépendantistes soulignaient et persistaient qu’il est fondamental et impératif d’effectuer la réunification des deux Cameroun, avant toute négociation pour l’indépendance. C’est-à-dire ; la partie septentrionale du Cameroun sous tutelle britannique, et, ensuite la partie southern (Cameroun occidentale) Cameroon, toujours sous tutelle britannique devaient être restituées, ce que nous avons nommé le Nord-Ouest et Sud-Ouest aujourd’hui.

Cette restitution de nos frontières réclamées par nos leaders upecistes étaient les seules voies du salut pour récupérer l’entière territoire Camerounais avant de procéder à l’indépendance. Car nous avions au départ 478000 Km2 de superficie dix (10) ans après la signature des traités Germano-Duala. Où les chefs Duala signèrent les accords avec les colons allemands pour laisser ces derniers diriger la Nation des crevettes (Cameroun) y compris l’arrière pays où les frontières furent limitées par les colonies Français et anglais, selon ce qui avait été convenu sur le document signé entre les deux parties.

Et à la suite de cet accord, certains des nôtres ont été éliminés, à l’instar de nos leaders indépendantistes ou souverainistes, à commencer par Duala Manga bell, Martin Paul Samba, Ngossoh Din par les colons allemands. Ces leaders Camerounais auraient violé les traités et accords selon les colons allemands, pour avoir demandé leur souveraineté aux allemands, dès le retour de Douala Manga Bell et de Martin Paul Samba au Cameroun après un séjour pour les études en Europe (Allemagne). Martin Paul Samba devint rebelle et entre en rébellion pour combattre les colons allemands, tandis que Duala Manga Bell organise des rencontres et contacte d’autres chefs des tribus du Cameroun pour faire bloc et dénoncer le colonialisme qu’ils subissaient.

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Certains ont répondu présent, notamment Martin Paul Samba (Le capitaine tout fraichement revenue de l’Allemagne ) à faire face aux allemands, devenu Capitaine dans l’armée allemande après études et formation en Allemagne. De retour au pays, il refusa de servir l’armée coloniale allemande après quelques années, et entra en rébellion contre les colons allemands. Mais, d’autres, à l’instar du Roi NJOYA le Roi des Bamouns, ou encore de Charles ATANGANA ( chef des Yaoundé ) ces derniers auraient refusé de s’allier au mouvement des chefs traditionnels rebelles. Certains dirent que Njoya avait trahi ces chefs traditionnels durant cette première contestation des leaders Camerounais qui ont été éveillés très tôt à l’aube de la première guerre mondiale pour obtenir plus de dignité et de liberté dans leur terre au Cameroun. Car Ayant collaboré avec les Allemands pour développer son Royaume, et sortant d’une guerre contre les Soh , ( lesquels avaient captivé et tué son père Nsangou ) épuisé, fatigué et aidé par les peuhls musulmans et en partie par les Allemands, Njoya ne pouvait se lancer dans une bataille de plus, perdue d’avance face aux allemands.

Nous rétablirons certainement ces différentes séquences de notre histoire durant les jours à venir.

Face à la déferlante et sulfureuse armée Allemande et ses sbires étant structurée partout au Cameroun, dirigée à cette époque par le dernier GOUVERNEUR qui régna au Cameroun avant l’arrivée des Français et les Anglais nommé EBERMEIR (1912-1916).

Ces chefs traditionnels qui luttaient pour renégocier le traité signé trente (30) ans plus tôt sous de nouvelles bases furent arrêtés, jugés et pendus à Douala (pour Duala Manga Bell et son fidèle compagnon Ngosso DIN) et fusillé à Ebolowa (Martin Paul Samba) selon la loi allemande après un procès à caractère coloniale le même jour, le 08 – Août 1914 : Um Nyobe avait exactement seize mois (16) mois ou un (1) an quatre (4) mois, étant né le 10 -AVRIL – 1913 à Makon dans le Nyong-Ekellé.

Puis, vint le tour des nationalistes upecistes mené par Ruben Um Nyobe trente-quatre (34) ans après, lorsque ces leaders et visionnaires savaient que sans la réunification sans le rétablissement de nos frontières avant les indépendances, nous aurons toujours des problèmes dans notre fonctionnement pour construire une unité forte et indivisible. Nous avons tous ignoré leur revendication, puis, nous avions contribué pour nombre d’entre nous à leur assassinat, cette fois par les colons Français. Désormais, nous subissons ces conséquences affreuses dans ces discordes et ces litiges interminables.

Non seulement nous avons failli, pour avoir lassé les anciens colons gérer notre indépendance sans nos doléances et nos revendications légitimes, mais, ensuite, nous avons également perdu plus de 3000 Km2 de superficie au moment de l’indépendance. Ce sont les causes ou les conséquences directes de la trahison et de l’alliance avec les anciens colons pour éliminer nos leaders upecistes.

La partie septentrionale qui eut à voter le « OUI » au référendum de 1961 pour se rattacher au Nigeria, le pays de Nnamdi Azikiwe, c’est cette partie du Cameroun Occidental de notre pays perdu ; pour avoir signé les traités ou les accords de coopérations entre la France et le Cameroun (oriental ou Français), sans la restitution globale de nos frontières initiales de 1895-1911.

Ayant éliminé tous les leaders et nationalistes upécistes, dont les cerveaux Um Nyobe, son camarade Felix Moumié, et Ernest Oundjié, les autorités Camerounaises issues de la branche ou le clan des ajoulatistes, le BDC (Bloc démocratique Camerounais) dont le président Amadou Ahidjo devenu l’homme de la France au Cameroun, ont collaboré avec les anciens colons sous la coordination de Jacques Foccart, pour liquider nos pères fondateurs qui avaient vu clair dans cette arnaque indépendantiste et prématurée.

Notamment, la perte de 3000 Km2 de notre superficie jadis, devenue celle du Nigéria dans le grand Nord. D’où le problème de Boko-Haram de nos jours, un groupe terroriste qui pense élargir leur suprématie idéologico-religieuse au Cameroun, chose que nous aurions dû anticiper et éviter de près, dès notre indépendance, si le projet ou la vision des nationalistes upécistes avaient été respectés et appliqués convenablement.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous re-voici de nouveau face aux mêmes circonstances, similaires aux périodes pré-indépendance, cette fois sous le néocolonialisme, la version du 21 ième siècle. Le problème ou le mode de gouvernance est remis en cause, la mal gouvernance également, la mauvaise gestion de notre patrimoine aussi, la répartition des richesses équitablement, bref, tout est à refaire, nous devons repenser le Cameroun, car, nous sommes dans l’anarchie totale. Ceux qui sont et ont le pouvoir, il faut certainement qu’ils continuent à entretenir les réseaux de la France-Afrique, (entre Yaoundé – Paris) il faut leur (France Afrique) rester fidèle et loyale, car ces réseaux-là sont à l’origine de la prise de pouvoir des clans ajoulatistes devenus le RDPC sous le leadership de Monsieur Paul Biya de nos jours.

Si nous ne sommes pas vigilants, attentionnés et perspicaces sur ce qui nous arrive aujourd’hui, eh bien, nous risquerons de passer à côté sans pour autant, une fois de pour tout, régler ce problème de souveraineté et les crises sociopolitiques dans notre pays. Car, cela est fondamental et indispensable, il est hors de question de refaire la même erreur du passé : commettre la trahison avec nos compatriotes pour choisir la facilité afin d’éviter de prendre nos responsabilités, condamnant ainsi les générations futures à revivre la même histoire de notre pays comme nous les subissons actuellement.

Pour finir avec ce premier tome de notre véritable histoire, selon nos recherches et nos analyses, voici ce que soulignait Mongo Beti, alias Eza Boto, un Beti comme le Président Paul Biya, je cite :

« Mon propos est de relever au lecteur berné par le triomphalisme gaulliste sur la situation politique réelle en Afrique, qu’une guerre civile d’une affreuse cruauté ravage le Cameroun depuis plus de dix ans, et qu’elle s’explique par la présence au pouvoir d’un homme qui ne serait pas président s’il n’avait été installé en 1960 par l’armée Française. C’est dans cette intention que j’ai reproduit un témoignage qui, par ailleurs, n’est sans doute pas exempt d’une certaine confusion. » Fin de citation.

Dans les prochains tomes qui vont suivre de cette restitution chrono-historique qui a précédé notre indépendance, nous verrons comment et par quel moyen notre pays a connu moult rebondissements entre l’arrivée des marins portugais de Fernando Po en 1472, la signature de l’abolition de l’esclavage sur la cote du Cameroun, l’Arrivée des Allemands et leur implémentation dans le territoire Camerounais, leur départ, puis, l’Arrivée des Français et des Anglais, en passant par la création du FCFA par le General Degaulle. Nous citerons également les grandes dates ( une trentaine retenues ) ayant marqué la période coloniale, jusqu’à l’interdiction, l’assassinat et l’élimination de tous les leaders indépendantistes entre 1952 – 1972. Ce sera certainement dans les jours à venir dans les tomes 2, 3, et 4.

En attendant le Tome 2 dans quelque jour seulement, partageons déjà ce texte après lecture sans modération à nos compatriotes dans tous les supports. Car, l’histoire, notre véritable histoire est celle que nous allons certes réécrire dès à présent : et ce, tous ensemble !

BY: SIDICK NSANGOU 

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Bibliographie : Main basse sur le Cameroun «Autopsie d’une décolonisation» P. 73 – Ed Maspero – Paris 1972, réédition 1977. Mongo Beti.

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