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La villa du chemin Mackley, le QG de Saïd Bouteflika « Saïd décidait de l’Algérie entre prostituées, whisky et cocaïne »

La villa du chemin Mackley« Saïd décidait de l’Algérie entre prostituées, whisky et cocaïne »

C’était le QG de Saïd Bouteflika, nous affirment les témoins qui commencent à parler. Pour l’heure, et conformément à leur volonté, on ne dévoilera pas leur identité.
C’était le QG de Saïd Bouteflika, disent-ils, El-Maâlem (le patron) comme l’appellent ses compagnons de soirée orgiaques. La villa du chemin Mackley, à Ben Aknoun, louée par Ali Haddad, était le véritable siège de la présidence de la république. Plusieurs jours par semaine, ils se rencontraient ici pour un programme exceptionnel : alcool, prostituées, cocaïne, politique mais surtout business ! « Ils » ce sont, outre Said et Haddad, entre autres, N. K., une ancienne et solide relation de Said, milliardaire connu sur la place, aujourd’hui associé à plusieurs entreprises grâce à Saïd Bouteflika qui lui a facilité les crédits et l’appui nécessaire ; Amine D., associé à Mourad O., propriétaire d’une grande entreprise d’importation de voitures, et connu pour les cadeaux (voitures de luxe) aux personnalités les plus influentes du pays avec qui il entretenait d’importantes relations privilégiées ; O.H., propriétaire de la promotion les Dunes et de la station de jeux à Chéraga, mais aussi un ancien ministre de Bouteflika, A. B. qui fut, dans ses heures de gloire, Monsieur Industrie et directeur de la campagne de Bouteflika pour le 4ème mandat.

Le général-major Mohamed Tireche, chef de la direction centrale de la Sécurité de l’armée algérienne, responsable de l’enquête sur la cocaïne saisie le 29 mai 2018 à Oran, et et le général Benattou Boumediene, le Contrôleur général de l’armée ont été démis de leurs fonctions le 22 août 2019 par le Président Bouteflika. Pour rappel, l’affaire de la saisie de la cocaïne le 29 mai dernier dans le port d’Oran par les forces navales a suscité une vague de changements dans les corps constitués de l’État algérien, touchant en premier lieu la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et la gendarmerie nationale pour finir par l’ANP avec le limogeage des généraux Benziane Mokdad et Boudjema Boudouaouer.

Les marchés les plus importants du pays étaient discutés dans cette belle villa. Said, alias « El- Maâlem » accordait ou facilitait l’obtention des marchés ou des appels d’offres durant ces soirées de débauche, un verre à la main, dans une ambiance de cocaïne et d’alcool coulant à flot. Pendant ces soirées, Saïd et ses amis faisaient des montages et des calculs, repèrent et listent les responsables qui refusent de jouer le jeu, les cadres honnêtes qui bloquent leurs dossiers au niveau de toutes les institutions du pays… Souvent le limogeage ou la destitution se décidait sur place.

Ali Haddad que tout le monde connaît comme un puissant oligarque, profitait de ces soirées pour renforcer son influence qui était déjà énorme puisque ce milliardaire pouvait orienter la politique du pays, en imposant la nomination des ministres et des cadres des différents ministères afin de lui faciliter l’obtention des marchés importants (Les dossiers des différents projets de l’hydraulique est un bon exemple et il serait déjà entre les mains de la justice).

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La guerre Haddad-Tebboune ne connaît visiblement pas de limites. Le clan de l’homme d’affaires mène, depuis quelques heures, une violente campagne contre le premier ministre. Ce dernier tente de répliquer. Difficilement. Alors que des médias réputés être proches de Saïd Bouteflika s’attaquent vertement au Premier ministre, le journal Ennahar est allé très loin : il révèle que le chef de l’Etat rappelle à l’ordre le Premier ministre. Abdelaziz Bouteflika reproche à ce dernier d’avoir « mené » une « publicité » au sujet de la lutte contre l’entrée de l’argent dans la politique. Pour Abdelaziz Bouteflika, le premier ministre donne l’impression de «mener » une guerre « contre les entrepreneurs ». Il demande donc de « cesser le harcèlement » contre les patrons et d’arrêter les « enquêtes » contre ces derniers.

Du reste, les ministres étaient choisis par ces milliardaires en fonction des marchés qu’ils voulaient obtenir. La réglementation ne posait pas problème pour ces individus : le milliardaire N. K., avec l’aide du ministre A.B qui lui remettait des dossiers ficelés déposés par d’autres entreprises honnêtes qui postulaient pour des appels d’offres. N.K. n’avait qu’à modifier l’entête et s’approprier le travail des autres pour obtenir les marchés.

N.K. a obtenu des milliers d’hectares à travers tout le pays notamment à Oran et Larbatache. On note aussi des marchés importants obtenus grâce à la ministre des Télécom, Houda Feraoun, sans parler des marchés pour la construction de l’autoroute Est Ouest et des relations juteuses avec une entreprise chinoise spécialisée dans l’exploitation de gisement de phosphate. N.K. s’est offert un bouquet télé en association avec Josephe Jed (ex patron de Ooredoo), ainsi que le marché de la satine avec le même Joseph Jed, sur intervention des Bouteflika. Les prostituées ne sont pas oubliées : voitures de luxe et fonds de commerce leur sont attribués généreusement.

L’une d’elles a bénéficié du soutien des compagnons de soirées pour ouvrir une agence de voyage dans le quartier chic de Hydra, bénéficiant de la consigne de Said faisant obligation à bien des entreprises et autres relations du cercle de travailler avec elle.

Mais, nous disent nos informateurs, la situation est bien pire encore. Selon eux, on s’est activé, dans les précédents jours, à faire disparaître les traces les plus compromettantes, au niveau des impôts, de la justice, des Finances…

Si le gouvernement actuel est reconduit pour la période dite de transition, ce boulot de destruction des preuves va se poursuivre.

Avec, lematindalgerie

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