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Histoire / Royaume du Maroc: Les juifs marocains, plus grande communauté juive du monde arabe

Les juifs marocains, plus grande communauté juive du monde arabe.
« Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats. » Nicolas Machiavel.

« Il est probable que les premiers juifs sont arrivés au Maroc au Ve siècle av. J.-C., après la destruction du premier Temple de Jérusalem« , explique le professeur Mohammed Kenbib, grand spécialiste de l’histoire du judaïsme marocain.

Si la grande majorité des juifs d’Afrique du Nord et du Maroc sont arrivés à partir de 1492, fuyant l’Espagne et les persécutions d’Isabelle la Catholique, il est attesté que des communautés étaient implantées bien avant : depuis la première diaspora suite à la destruction du premier temple de Jérusalem par Nabucchodonosor (587 avant notre ère), ou après la destruction après la pillage du second temple par les Romains en 70. Ces communautés juives, installées au Sud du Maroc depuis plus de 2000 ans (avant même la conquête arabe), ont perduré et même connu des conversions de tribus nomades berbérophones (de petits royaumes juifs ont même existé, comme celui de la mystérieuse reine berbère Kahena).
Il faut remonter à la nuit des temps pour trouver l’origine de cette histoire qui a vu juifs et musulmans partager les mêmes langues, superstitions, saints, souverains ou ennemis, comme le rappelle l’exposition « Les juifs dans l’orientalisme » du musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à Paris. Le Maroc y est largement représenté, notamment avec la célèbre Noce juive de Delacroix (1841), mais aussi dans les tableaux de Jean Lecomte du Nouÿ, Alfred Dehodencq ou Jean-Léon Gérôme. La Madeleine de ce dernier, en bronze doré et patiné, porte ainsi le costume des mariées juives du pays.
A l’arrivée des Français, ces derniers doivent également faire face à un antisémitisme jusqu’alors inconnu au Maroc. Dès 1940, les lois antijuives de Vichy y sont appliquées. Sauf qu’entre 1941 et 1943 les musulmans n’hésitent pas à leur servir de prête-nom pour éviter que leurs biens soient séquestrés. Quant au roi Mohammed V, qui avait ouvert les portes du royaume aux juifs d’Europe persécutés dès les années 1930, il a ostensiblement fait savoir aux autorités françaises qu’il ne faisait aucune distinction entre ses sujets.
Les juifs marocains ont ainsi traversé la tourmente sans grands dommages, contrairement aux juifs d’Europe, quasiment rayés de la carte.
La communauté juive du Maroc qui comptait près de 300 à 400 000 membres est actuellement réduite à quelques centaines de familles et les Juifs d’origine marocaine représentent plus d’un million de personnes dans le monde.

Pour la 1ère fois, le nouveau gouvernement israélien compte 10 ministres d’origine marocaine sur 34

Le parlement israélien a approuvé, le 17/ mai /2020, le nouveau gouvernement d’union nationale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, mettant ainsi fin à plus d’un an d’impasse politique. Netanyahu a nommé 34 ministres dans le nouveau gouvernement, dont dix sont d’origine marocaine. Pas sûr que cette caractéristique suffira à tempérer les pulsions racistes et expansionnistes de leur chef de gouvernement.
Deux des 10 ministres du nouveau gouvernement israélien sont nés au Maroc, les huit autres sont issus de la deuxième génération des Marocains d’Israël. Les ministères qu’ils devront gérer sont stratégiques, comme l’économie et l’industrie, dévolue à Amir Peretz, le natif de Bejaad; l’Intérieur pour Aryeh Deri qui est né à Meknès; la sécurité intérieure, confiée à Amir Ohana ou encore les Transports pour Miri Regev, qui prendra en charge les Affaires étrangères dans 18 mois, lorsque Benyamin Nettanyahou aura cédé la place de Premier ministre à son partenaire Benny Gantz, comme il a été convenu.

1- Aryeh Deri, ministre de l’Intérieur, est né à Meknès, en 1959.

2- Amir Ohana, ministre de la Sécurité intérieur, est né à Beersheba, en Israël, en 1976, de parents marocains.

3- David Amsalem, ministre chargé des Relations avec le Parlement, est né à Jérusalem en 1960, de parents marocains.

4- Miri Regev, ministre des Transports, puis ministre des Affaires étrangères dans 18 mois, est née en 1965 à Kiryat Gat, en Israël, d’un père marocain et d’une mère espagnole.

5- Rafi Peretz, ministre des Affaires de Jérusalem et du Patrimoine, est né à Jérusalem en 1956 de parents marocains.

6- Orly Levy, ministre de l’Autonomisation et de la Promotion des communautés, est née à Beït Shean, Israël, en 1973, de parents marocains.

7- Amir Peretz, ministre de l’Economie et de l’Industrie, est né à Bejaad, en 1952.

8- Michael Biton, Ministre chargé des questions civiles auprès du Ministère de la Défense, est né à Yeruham, en Israël, en 1970, de parents marocains.

9- Merav Cohen, ministre de l’Egalité sociale et des seniors, est née à Jérusalem en 1983, de parents marocains.

10- Miki Zohar, représentant de la coalition au Parlement, est né à Kiryat Gat en Israël en 1980, de père marocain et de mère tunisienne.



La communauté juive marocaine réaffirme son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc.

La communauté juive marocaine réaffirme son ferme soutien à l’intégrité territoriale du Royaume, réitérant “sa loyauté envers Sa Majesté le Roi Mohammed VI et son lien éternel à la nation marocaine”.
La communauté juive marocaine dans le monde suit ce qui se passe dans le Royaume, défend son unité et fait justice de la propagande hostile entretenue à l’endroit de son intégrité territoriale.
La communauté juive marocaine dénonce les agissements du polisario dans la zone tampon de Guergarate, exprimant son soutien indéfectible aux actions entreprises par le Royaume pour préserver son intégrité territoriale.

Parce qu’ils ont un statut historique et culturel au Maroc, les juifs ont une partie de leur communauté expatriée par suite d’un agenda lié aux circonstances particulières de la création de l’Etat d’Israël en 1948 puis de l’accession du Royaume à l’indépendance en 1956 sans oublier la guerre de juin 1967. C’est une «diaspora» implantée sous de multiples latitudes, surtout Israël -le retour, «L’aliyah»- mais aussi la France, les Etats- Unis, le Canada et d’autres contrées.

Souvenir de l’Holocauste et enseignement au Maroc

En dépit de quelques tensions qui ont marqué les relations entre Juifs et musulmans en Afrique du Nord, la coexistence de ces deux communautés, au Maroc, a été relativement pacifique. Au Durant l’Holocauste en Europe, la communauté juive marocaine constituait la plus importante communauté juive dans le monde musulman et la plus importante communauté juive non ashkénaze.
Les racines de cette communauté remontent à l’Antiquité et le nombre de ses membres a augmenté de façon exponentielle après l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492. Nombre de ces Juifs ont trouvé refuge au Maroc aux côtés d’Andalous musulmans qui ont également été expulsés d’Espagne à la suite de l’Inquisition conduite par l’Église catholique. La communauté juive locale était appelée Toshavim et les Juifs d’Espagne étaient appelés Megorashim . Les Megorashim et les Toshavim ont réussi à fusionner pour former une communauté traditionnelle sépharade unique. Les deux groupes vivaient dans les mêmes quartiers (Mellah) autour de toutes les villes et de nombreux villages au Maroc. Durant la Seconde Guerre mondiale, la population juive au Maroc atteignait 300.000 personnes .
Entre 1948 et 1967, des milliers de Juifs ont migré du Maroc vers Israël, la France, le Canada, les États-Unis et l’Amérique du Sud. Ce mouvement a entraîné une diminution considérable du nombre de Juifs au Maroc. Aujourd’hui, la communauté juive marocaine vivant au Maroc ne dépasse pas 4 000 membres (sur une population de 34 millions d’habitants dans le pays). Toutefois, cette communauté active reste l’une des plus fortes communautés juives dans les pays arabes et conserve des liens étroits avec le million de Juifs d’origine marocaine dans le monde entier.

Le Maroc durant l’Holocauste

Le lien singulier entre les communautés juives et musulmanes a été mis en évidence durant l’Holocauste. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Maroc était sous occupation du Gouvernement de Vichy de France et du régime de Franco, d’Espagne. Après l’occupation allemande de la France, le Gouvernement de Vichy a pris le pouvoir en France métropolitaine et dans ses différentes colonies, ses mandats et protectorats. Le Maroc était sous protectorat de deux régimes fascistes : le régime espagnol de Franco dans le Nord et le Sud, et le régime de Vichy dans le centre du pays. Le Sultan Mohammed V n’avait pas la liberté de prendre de décision sans le consentement du Gouvernement de Vichy.
Avant que Vichy ne prenne le pouvoir au Maroc, le pays avait ouvert ses portes aux Juifs fuyant les nazis et leurs alliés. À partir du moment où les nazis sont arrivés au pouvoir en Allemagne en 1933 et jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Juifs européens qui ont fui les nazis ont été autorisés à entrer au Maroc et à s’installer surtout à Tanger, qui avait le statut de ville internationale. À titre d’exemple, la famille Riechman est venue de Hongrie et s’est installée à Tanger dès la fin des années 1930 jusqu’en 1950, avant d’immigrer au Canada.
De nombreux enfants et adultes ont pu entrer à Tanger, notamment grâce à quelques diplomates internationaux, comme l’Américain J. Rives Childs, qui avait aidé 500 Juifs de Hongrie à entrer à Tanger . Dans d’autres régions du Maroc durant la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement de Vichy appliquait des mesures sévères contre les Juifs. Par exemple, les Juifs marocains n’étaient pas autorisés à vivre dans la partie européenne de la ville, mais devaient plutôt retourner vivre dans le quartier juif surpeuplé (Mellah) de la vieille ville. En outre, de nombreux élèves ont été forcés de quitter les écoles françaises, et des quotas ont été institués pour les Juifs, limitant leur nombre à un maximum de 10 % dans les lycées et 3 % dans les universités. Les portes de nombreuses professions leur étaient également fermées et leurs biens étaient identifiés et inscrits sur une liste spéciale .
Alors que le Gouvernement de Vichy appliquait une politique de discrimination visible et intentionnelle envers les Juifs, les musulmans étaient également victimes de discrimination de différentes façons. Les autochtones marocains étaient traités différemment de l’élite européenne dirigeante, ce qui a davantage renforcé leur solidarité envers les Juifs.

En 1941 Feu Mohammed V a invité à la Fête du Trône les notables juifs. Il les avait placés ostensiblement à proximité des officiels français et des membres de la commission d’armistice allemande en état de choc, écrivait Serge Berdugo, Secrétaire Général du Conseil des communautés israélites du Maroc. Il fallait un sacré courage à l’époque, les Nazis faisaient pression sur tout le monde. Mohammed V n’en avait cure, « Je n’approuve pas du tout les nouvelles lois anti-juives et je refuse de m’associer à une mesure que je désapprouve. Je tiens à vous informer que comme par le passé, les Israélites restent sous ma protection et je refuse qu’une distinction soit faite entre mes sujets », disait-il aux journalistes. C’est pourquoi aujourd’hui encore, on lui rend hommage.

Par exemple, comme l’a déclaré Simon Levy pendant la conférence « Mohammed V, Juste parmi les nations », les Juifs et musulmans marocains (2011) n’étaient pas autorisés à entrer dans des piscines publiques fréquentées par les Européens . Ces lois anti-juives au Maroc étaient inscrites dans le Bulletin officiel du Gouvernement de Vichy et étaient observées comme lois de l’État.
Tandis que le Gouvernement de Vichy appliquait de nouvelles lois discriminatoires au Maroc, le Sultan Mohammed V a exprimé à plusieurs reprises son soutien à ses sujets juifs marocains, prenant ainsi le contrepied du régime.
Un télégramme récupéré par Haim Zafrani en 1985 dans les archives du Quai d’Orsay en donne un exemple. Ce document officiel intitulé « Dissidence » a été signé le 24 mai 1941 par René Touraine, un fonctionnaire en service à la résidence française du Gouvernement de Vichy à Rabat.
Dans ce document, Touraine mentionne que le Sultan refusait d’appliquer les lois de Vichy au Maroc, arguant de ce qu’il n’avait ni juif ni musulman comme sujet, mais seulement des sujets marocains. Le message du télégramme était le suivant : « des sources dignes de foi nous ont informés que les relations entre le Sultan du Maroc et les autorités françaises sont devenues beaucoup plus tendues le jour où la Résidence a mis en application le décret portant sur les mesures contre les Juifs malgré la ferme opposition du Sultan. Le Sultan refusait de faire la différence entre son peuple loyal et s’offusquait de voir son autorité bafouée par les autorités françaises. »
Le Sultan a attendu l’anniversaire de son intronisation pour annoncer publiquement qu’il interdisait ces mesures contre les Juifs. À cette occasion, le Sultan offrait généralement un banquet auquel participaient les représentants français et de hautes personnalités marocaines. Pour la première fois, le Sultan a invité au banquet des représentants de la communauté juive qui étaient assis à côté des responsables français. Il a déclaré aux responsables français, qui ont été surpris par la présence de Juifs lors de cette réunion, « Je n’approuve pas du tout les nouvelles lois anti-juives et je refuse de m’associer à une mesure que je désapprouve. Je tiens à vous informer que comme par le passé, les Juifs restent sous ma protection et je refuse qu’une distinction soit faite entre mes sujets . »
Finalement, ce n’est qu’à partir du 8 novembre 1942, avec le débarquement des troupes américaines au Maroc et en Algérie dans le cadre de l’opération Torch, que des mesures visant à mettre fin à cette discrimination ont pu être prises.

L’histoire du Judaïsme enseignée dans les manuels scolaires au Maroc !

Annoncée le 12 novembre dernier par une congrégation d’associations juives marocaines, la décision d’introduire des éléments de l’histoire et de la culture juives dans le système scolaire marocain, dans les manuels scolaires de langue arabe du cycle primaire, vient d’être confirmée par André Azoulay, ce week-end. L’occasion était une cérémonie de signature d’une convention de partenariat et de coopération pour la promotion des valeurs de tolérance, de diversité et de coexistence dans les établissements scolaires et universitaires, ayant lieu à Bayt Dakira, à Essaouira.
Dans tous les pays du monde, certaines personnes prétendent que l’Holocauste n’a jamais eu lieu. Quoique le Maroc soit l’un des pays où les relations entre Juifs et musulmans étaient particulièrement bonnes, la négation de l’Holocauste a gagné la jeune génération de Marocains, en grande partie en raison de l’absence de l’enseignement de l’Holocauste dans les écoles et dans la politique au Moyen-Orient. L’enseignement de l’Holocauste n’est pas obligatoire dans les écoles au Maroc et il est difficile de trouver des publications sur l’Holocauste, telles que Le Journal d’Anne Frank publié en français et presque impossible à trouver dans la langue arabe. Voilà ce qui justifie l’importance des publications comme ce journal, produit dans toutes les langues officielles des Nations Unies par le programme de communication des Nations Unies sur l’Holocauste, et d’autres documents publiés par le projet Aladdin. Certains Marocains ont ouvertement nié l’Holocauste, mais heureusement, ils se sont attiré les foudres d’une société civile active. Jusqu’en 2009, l’Holocauste n’avait pas fait l’objet d’un discours officiel. L’Holocauste n’avait pas fait l’objet de négation publique, certes, mais il n’avait pas non plus fait l’objet d’une quelconque reconnaissance.
En niant l’Holocauste, nous refusons aux générations futures le droit à une lecture véridique et complète de leur histoire. À travers un tel enseignement, nous aurons une meilleure chance d’éviter de commettre les mêmes erreurs et atrocités que certains dirigeants européens du XXe siècle.
De telles allégations de négation de l’Holocauste sont tout simplement absurdes à la lumière des données historiques dont nous disposons aujourd’hui. Par conséquent, au Maroc, alors qu’on peut observer un certain déni de l’Holocauste, l’actuel souverain, le Roi Mohammed VI, a ouvertement reconnu l’Holocauste en 2009, dans un message adressé aux participants à la cérémonie de lancement du projet Aladdin au siège de l’UNESCO à Paris. Il a en effet appelé le monde à tirer des leçons du passé à travers le dialogue interculturel et interreligieux. Ce faisant, il a prêché par l’exemple et a ouvert la voie pour permettre aux jeunes Marocains d’en savoir plus sur l’Holocauste. Un tel changement dans la politique officielle a constitué, à mon avis, une première étape vers la réalisation de la justice à travers la mémoire historique.
Tenant compte de ce contexte, j’ai fondé le Club Mimouna alors que j’étais encore étudiant à l’université avec un groupe de pairs animés des mêmes sentiments qui s’intéressaient à l’idée de découvrir l’identité, l’histoire, la culture et le patrimoine des Juifs marocains. Nous voulions étudier comment cette mémoire collective pourrait être préservée. Qu’est-ce qui devrait être fait dans les mondes arabe et juif en vue de reconnaître l’horrible histoire de l’Holocauste et les actes justes d’Arabes qui ont sauvé la vie de leurs concitoyens et concitoyennes juifs au risque de leur propre vie?
Au Maroc, il y a encore des gens qui se souviennent de l’époque de la Seconde Guerre mondiale. Ces témoignages, comme on pourrait mieux les décrire, ne seraient pas disponibles pour les générations futures s’ils n’étaient pas documentés aujourd’hui. Au sein du Club Mimouna, bien que nos activités ne soient pas axées uniquement sur la documentation de ces témoignages, nous concentrons nos efforts sur la mission générale de collecte de récits et d’histoires de source primaire sur la vie des Juifs au Maroc : présenter le rôle qu’a joué Mohamed V dans la protection de ses sujets juifs au moment où les Juifs d’Europe étaient massacrés durant la Seconde Guerre mondiale était également l’une des missions du Club. Cette histoire illustre bien l’ouverture du Maroc à sa diversité, la prise de conscience de la nécessité de protéger la vie humaine, et l’engagement de longue date de la monarchie à respecter les droits de ses citoyens non musulmans.
Sous les auspices du Roi Mohammed VI, le Club Mimouna a organisé la première conférence sur la commémoration de l’Holocauste dans le monde arabe intitulée « Mohammed V Juste parmi les nations ». Cette conférence s’est tenue en septembre 2011 à l’université Al Akhawayn à Ifrane au Maroc en partenariat avec Kivunim, le Musée juif marocain de Casablanca, avec le parrainage de deux entreprises marocaines, Nora et Marocapres.
Bien des étudiants qui ont participé à la conférence sur l’Holocauste ont appris pour la première fois l’histoire de l’Holocauste de la bouche du Dr Michael Berenbaum, historien de l’Holocauste et ancien directeur de projet et responsable de l’Institut de recherche du Musée mémorial de l’Holocauste des États-Unis. Ils ont également eu la chance d’écouter le témoignage personnel de Mme Elisabeth Citrom, survivante de l’Holocauste. Mme Citrom était âgée de 12 ans lorsqu’elle a été expulsée du tristement célèbre camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Elle parle fréquemment de ses expériences, mais c’était la première fois qu’elle s’adressait à un public arabe. Elle avait effectué le déplacement du Maroc en compagnie de son mari George, lui aussi survivant de l’Holocauste. Le Dr Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute for Near East Policy, a présenté par vidéoconférence le rôle joué par les Arabes pour sauver des Juifs dans toute l’Afrique du Nord durant l’Holocauste.
M. Serge Berdugo, le Secrétaire général du Conseil des Juifs marocains, a présenté un exposé sur les menaces qui pesaient sur la vie des Juifs sous le régime de Vichy et les mesures prises en réponse par le Roi Mohammed V. Le père de M. Berdugo, alors président de la communauté juive de Meknès, a participé à des réunions secrètes avec le Sultan Mohammed V. M. Simon Levy, directeur du Musée juif de Casablanca, a partagé avec nous son histoire personnelle vécue au Maroc sous le Gouvernement de Vichy.
M. André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc, a expliqué l’importance de l’enseignement de l’Holocauste au Maroc et dans d’autres pays arabes et le rôle qu’a joué Mohammed V pour sauver les Juifs marocains.
Au cours de la deuxième journée de la conférence a eu lieu une discussion animée entre des étudiants de l’Université Al Akhawayn, des étudiants des universités marocaines venus des quatre coins du pays et le groupe d’anciens étudiants de Kivunim ayant effectué le déplacement du Maroc à partir de leurs campus universitaires aux États-Unis afin de participer à l’événement. Cette conférence a été favorablement accueillie par de nombreux chercheurs, intellectuels et étudiants marocains. Elle a toutefois été aussi largement critiquée par les négationnistes.
Cette conférence s’inscrivait dans le cadre d’un mouvement plus vaste d’initiatives individuelles d’organisations de la société civile, de représentants des médias et d’éducateurs qui voulaient tous promouvoir l’enseignement de l’Holocauste au Maroc et rendre hommage aux Arabes qui ont sauvé des Juifs en Afrique du Nord. Les participants ont également eu droit à des récits d’historiens marocains et des médias au sujet des camps de travaux forcés qui avaient été érigés à cette époque dans toute l’Afrique du Nord.
Par ailleurs, Ismaël Ferroukhi, un cinéaste marocain, a produit un film intitulé Hommes libres, qui relate le récit de l’Imam de Paris qui avait sauvé plusieurs Juifs pendant que la France était sous occupation nazie. Une autre évolution importante a été la visite rendue par quelques professeurs marocains à Yad Vashem, l’autorité du souvenir des martyrs et héros de l’Holocauste en Israël. Par ailleurs, Aomar Boum, un chercheur marocain, a écrit plusieurs articles et essais sur le sujet.
Toutes ces initiatives ont constitué le fondement de l’enseignement de l’Holocauste au Maroc, bien que la mise en œuvre d’un tel projet ne soit pas aisée. Le Club Mimouna, aujourd’hui devenu une association, demeure en activité. Il a organisé un certain nombre de caravanes qui ont voyagé dans les grandes villes du Maroc pour promouvoir la connaissance de cette histoire, du patrimoine et de la culture juifs, auprès de la population. Le Club Mimouna a également organisé au Maroc plusieurs présentations animées par Kimberly Mann, le gestionnaire du programme de communication des Nations Unies sur l’Holocauste. En renforçant nos liens avec les établissements d’enseignement et les groupes de la société civile, nous espérons engager encore plus de personnes au Maroc dans le souvenir de l’Holocauste et les activités pédagogiques y afférentes…⇒ Source.

Le Maroc, le premier pays à avoir reconnu l’indépendance des Etats-Unis

Dans cette vidéo, le président américain déclare que «le Maroc a été le premier pays à avoir reconnu l’indépendance des Etats-Unis». Il a rappelé « qu’un traité d’amitié avait été signé à ce titre entre les deux pays en 1796 ».

Une amitié s’est créée entre le Maroc et les États-Unis depuis 1777 lorsque le Maroc a été le premier pays à reconnaître l’indépendance américaine en ouvrant ses ports aux États-Unis une année avant la Hollande et six ans avant la Grande-Bretagne et la plupart des états européens.
En effet, le Maroc et les Etats-Unis ont concrétisé leurs étroites relations en 1787, par la signature d’un «Traité d’amitié, de navigation et de commerce» permettant la levée de toute entrave à l’entrée des marchandises provenant de l’un ou de l’autre pays. L’acte était assez significatif, car en 1777, le royaume chérifien était le premier pays au monde à reconnaitre l’indépendance des Etats-Unis prononcée le 4 juillet 1776.
En pleine révolution américaine, les navires marchands américains ne pouvaient plus compter sur les accords maritimes de Grande-Bretagne avec les États côtiers d’Afrique du Nord pour le passage en toute sécurité. Mais le 20 Décembre 1777, le Sultan Sidi Mohamed du Maroc annonce qu’en signe de «reconnaissance virtuelle de l’indépendance des Etats-Unis», tous les navires américains peuvent librement entrer dans les ports marocains «pour prendre des rafraîchissements et jouir des mêmes privilèges que les autres nations avec lesquelles Sa Majesté impériale est en paix».
Un traité d’amitié a été signé en 1786 par Thomas Jefferson, John Adams et Sultan Mohammed III.
La légation américaine de « Tanger Institut » au Maroc contient le seul monument historique des États-Unis situé à l’étranger.

Lire aussi:

Entretien téléphonique entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président Donald Trump: Les États-Unis reconnaissent la souveraineté du Maroc sur son Sahara.

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