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Dossier / Durant plus de 40 ans, la Kabylie se bat toujours pour son indépendance… La Kabylie veut prendre son destin en main

Durant plus de 40 ans, la Kabylie se bat contre la dictature de la mafia militaro-politico-financière algérienne pour son indépendance, sa liberté et la reconnaissance de son identité territoriale, humaine et civilisationnelle.

La célébration par l’assemblée générale du 70ème anniversaire des Nations Unies, vendredi 23 octobre, a été le théâtre d’une grave provocation de la part de l’Ambassadeur adjoint de l’Algérie à l’égard du Maroc.

Sans aucun égard à la solennité et au caractère de l’événement mondialement célébré, le diplomate algérien a consacré une partie de son discours pour attaquer le Maroc avec des termes virulents et inappropriés au sujet du Sahara marocain, et désobligeants à l’égard de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale du Maroc, indique lundi un communiqué de la Mission permanente du Maroc auprès des Nations unies.

La réaction de la délégation marocaine a été à la hauteur de la provocation algérienne, ajoute la même source, précisant que le Représentant permanent adjoint, Abderrazzak Laassel, a rappelé qu’il est regrettable d’entendre certains s’élever à l’occasion de cette célébration pour demander l’application de tel ou tel droit, alors qu’ils privent leurs propres populations de ces mêmes droits.

Laassel a ajouté qu' »au moment où nous fêtons le 70ème anniversaire des Nations unies, un des plus anciens peuples de l’Afrique continue d’être privé de son droit à l’autodétermination« , notant qu’il est « regrettable que les aspirations légitimes du peuple autochtone de la Kabylie soient toujours bafouées au 21ème siècle. Ses droits humains sont violés au quotidien, ses représentants légitimes sont persécutés et ses leaders sont pourchassés, y compris quand ils sont en exile.

Le diplomate marocain a rappelé, à cet égard, l’obligation politique des Nations unies de réparer cette injustice historique à l’égard des Kabyles, note le communiqué.

Laassel a fait savoir que ce peuple de 8 millions de personnes, vieux de 9 000 ans, doit lui aussi jouir de son droit à l’autonomie et la reconnaissance de son identité culturelle et linguistique et ce, conformément à l’article 1 de la Charte des Nations unies, l’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, l’article premier des deux Pactes internationaux relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels et aux droits civils et politiques et les articles 1 à 4 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones .

De nombreuses délégations ont, en privé, critiqué la délégation algérienne pour avoir introduit l’agenda national de son pays dans la célébration du 70ème anniversaire des Nations Unies, note la Mission.

Ces délégations ont considéré que cet événement est censé être un moment de consensus et d’unité de la communauté internationale face aux défis multidimensionnels qui menacent l’humanité, et non de clivage ni de déballages des différends bilatéraux, conclut le communiqué.

Les réactions de la mafia militaro-politico-financière algérienne ne se sont pas fait attendre!!

« Le peuple kabyle rejette l’autorité du gouvernement algérien »

Le gouvernement algérien renforce son emprise autoritariste et mène des actes de répression, particulièrement en Kabylie « où les protestations sont nombreuses car, selon l’Organisation des nations et des peuples non représentés (UNPO) qui défend les peuples indigènes et tribaux dans le monde, il s’agit d’un territoire occupé ».

Selon le mouvement Mak-Anavad -formé en 2016 à la suite d’une fusion entre le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) et le Gouvernement provisoire kabyle (GPK) et seul membre maghrébin de l’UNPO-, le peuple Kabyle rejette l’autorité du gouvernement algérien car elle découle d’un processus « d’annexion unilatérale du territoire de la Kabylie à la république démocratique d’Algérie ».

L’objectif du Mak-Anavad, souligne-t-on, est de « regagner l’indépendance que la Kabylie a perdu quand elle fut annexée à l’Algérie en 1957 ». « Durant la dernière décennie, le Mak-Anavad a organisé une résistance pacifique et a conduit progressivement le peuple Kabyle vers l’indépendance ». Depuis 1963, date où le parti FFS de Hocine Aït Ahmed a contesté l’autorité du FLN, le peuple Kabyle a été assujetti à la discrimination, la persécution, les assassinats et la répression violente.

L’Algérie refuse le droit du peuple Kabyle à l’autodétermination et à l’autoidentification

Le gouvernement algérien rejette, pour sa part, toute forme d’existence au Mak-Anavad sur la base d’élections libres et transparentes, ne respectant pas, ainsi, le droit du peuple Kabyle légitime, selon l’UNPO, à l’autodétermination et à l’autoidentification. Le régime algérien tente ainsi de se dérober à ses engagements de droit international portant sur la protection des droits des peuples autochtones. L’Algérie est en effet signataire de la Convention de l’Organisation International du Travail ILO No. 169, relative à la protection des peuples indigènes et tribaux.

Hugh Roberts, éminent professeur d’histoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la prestigieuse Université américaine Tufts et autorité de premier plan sur l’histoire et la politique algérienne, a scientifiquement corroboré cet état de choses dans son ouvrage « Berber Government: The Kabyle Polity in Pre-Colonial Algeria » publié en 2014 et réédité en 2017. L’auteur a démontré, preuves historiques et anthropologiques à l’appui, que la Kabylie qui s’est formée en tant qu’entité politique distincte et s’est développée avant la conquête française était une république dotée d’institutions fonctionnelles, « fondée sur le consentement de la population, avec un mode de légitimation fondé sur un principe de représentation politique, une procédure de délibération publique et une prise de décision respectueuse de l’opinion publique, un corpus de lois ayant une autorité et des partis politiques rudimentaires« .
En cinq ans, le parlement européen a adopté deux résolutions d’urgence portant sur l’Algérie
Pour rappel, le service de l’état-civil mis en place par Mak-Anavad a délivré le premier Passeport kabyle le 14 juin 2020 à l’occasion de la Journée de la Nation Kabyle et ce, dix ans après la mise en circulation de la première Carte d’identité kabyle. Des mesures de proximité ont été mises en place pour permettre aux citoyens kabyles de commander en ligne leurs passeports kabyles biométriques.

Dans la même dynamique, le Parlement kabyle (Imni aqvayli) en tant qu’institution législative kabyle fut proclamé le 14 juin 2020, soit dix ans après l’avènement du pouvoir exécutif que représente le Gouvernement provisoire kabyle mis en place le 1er juin 2020.

En l’espace de cinq ans, le parlement européen a adopté deux résolutions d’urgence portant
sur l’Algérie. Il s’agit respectivement de la résolution du 30 avril 2015 sur l’incarcération des militants des droits de l’Homme et des travailleurs en Algérie et, de la résolution du 28 novembre 2019 sur la situation des libertés en Algérie. Dans sa lettre au Président du Parlement européen, datant du 5 décembre 2020, le Président du Mak-Anavad, Ferhat Mhenni, avait « salué la résolution du Parlement Européen du 28 novembre 2019, initiée par l’euro-député Raphaël Glucksmann, du Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, et mettant en cause le pouvoir militaire algérien dans le traitement des droits humains et des libertés des citoyens».

Projet zéro kabyle

L’historien officiel de l’histoire algérienne Benjamin Stora a remis au Président français Emmanuel Macron, le mercredi 20 janvier 2021, un rapport de cent-soixante pages sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie.

La mission a été confiée également à la partie algérienne en la personne du conseiller chargé des archives et de la mémoire auprès de la présidence coloniale algérienne, Abdelmadjid Chikhi, désigné par Alger pour rétablir la vérité sur la période coloniale en binôme avec Benjamin Stora.

Pour Benjamin Stora, la priorité est aux intérêts économiques et géopolitiques, ce qui n’est pas surprenant. Exit le droit des peuples, les droits humains, et surtout la gênante et rebelle Kabylie.

La Kabylie, qui a déjà exprimé par la voix de l’Anavad, à deux reprises, son refus de récupération des archives par le régime colonial algérien, ne court guère derrière une repentance, ou une quelconque réconciliation. Pour la simple raison que la Kabylie est toujours colonisée ! La France coloniale est vaincue, mais la colonisation algérienne, plus coriace et plus violente, est toujours là.

La Kabylie souhaite revenir à la vraie histoire, loin des machinations, falsifications, triturations, manipulations orchestrées par la France et l’Algérie.

Le peuple kabyle veut être reconnu comme un peuple à part entière qui exercera son plein droit à l’autodétermination. La Kabylie veut revenir à son statut d’indépendante d’avant 1857, avant qu’elle ne soit annexée de force à l’Algérie française, sans qu’il y’ait capitulation comme l’ont fait les deys et les beys turcs, comme l’a fait également le pseudo-émir Abdelkader.

Non adepte de la politique des mesurettes, la Kabylie n’est nullement intéressée, ni de près ni de loin, par les préconisations énoncées dans ce rapport pour la réconciliation des deux pays. La Kabylie souhaite aller à l’essentiel, celui de récupérer sa souveraineté perdue en 1857.

Le « Colloque de Conscientisation« , du 18 au 20 août 2020, qui a eu lieu à une cinquantaine de kilomètres de Mostaganem et sous haute protection de la gendarmerie algérienne, a réuni plusieurs dizaines de participants, tous animés par le même dessein. Dès lors, la Kabylie fera face à une répression administrative, économique, judiciaire et physique sans précédent. Les militants souverainistes kabyles sont les premières cibles.

Durant la période 2019 – 2021, plusieurs appels à caractère raciste anti-kabyle de la part de députés et de membres du gouvernement algérien ont été émis, sans qu’aucune sanction ne soit prononcée :

4/03/2020 : A l’exemple de Naima Salhi, député et Présidente du Parti de l’équité et de la proclamation, -déversant en toute impunité sa haine et son racisme en appelant à exterminer les Kabyles et de qualifier les kabyles ‘’de juifs de la pire espèce’’.

20/04/2021 : Le Sénateur Abdelouahab Benzaïm qui s’évertuera à qualifier la Kabylie de tumeur dangereuse et de conclure « un jour, qui n’est pas loin, nous allons éradiquer toutes ces tumeurs cancéreuses qui rongent le corps d’une nation unie’’. Pour le sénateur Abdelouaheb Benzaïm il ne faut pas dire la région de la Kabylie mais les wilayas de Tizi Ouzou et Béjaia!

20/04/2021 : Said Bensdira, agent du DRS, influenceur depuis Londres prônera l’extermination des kabyles : « Si jamais j’ai du pouvoir, je lancerais un appel lors du JT de 20h et je dirai aux kabyles, surtout ceux de Tizi Ouzou et de Béjaïa : les citoyens et les citoyennes qui se démarquent et rejettent les idées et l’idéologie des séparatistes du MAK, je leur demanderai de quitter la Kabylie durant 24h seulement en laissant les séparatistes et ceux qui les soutiennent » Et de poursuivre : « Je vais par la suite faire exterminer tous ceux qui resteront en Kabylie« .

Les politiques et acteurs sociaux algériens auront commis 14 déclarations aux relents anti-kabyles en une année. Il est intéressant de noter que tous ces appels resteront impunis, à l’heure où des centaines de militants politiques sont emprisonnés pour un simple post Facebook, dénonçant les pratiques du régime algérien.

Les intervenants sont allés jusqu’à se targuer de solides relations parmi l’Etat-major de l’armé et des institutions militaires telles la gendarmerie et la police.

Dans son rapport du 24/06/2021, Amnesty international rappellera que le droit à la liberté d’expression recouvre l’expression en ligne et hors-ligne. Elle pointera également l’illégalité des restrictions promues par l’Algérie et les condamnations lourdes qui en découlent.

L’invocation du terrorisme et la diabolisation de l’opposition kabyle

Le 20/04/2021, la Kabylie commémore le 20ème anniversaire du printemps noir de 2001 ainsi que le 41ème anniversaire du Printemps berbère de 1980. La Kabylie se revêt de son drapeau Jaune et bleu, et des milliers de militants indépendantistes (MAK et autres mouvements) et sympathisants défilent dans les rues de Kabylie.

Une tentative de répression notamment à Tizi Ouzou se soldera par un échec, résultat de la volonté de ces militants de clamer haut et fort le droit à l’autodétermination de la Kabylie puis, de la solidarité de quelques militants politiques kabyles d’autre obédience, ayant rebroussé chemin pour prêter main fort à leurs compagnons de lutte.

Cette vision d’une Kabylie unie et n’ayant pas arboré les couleurs du drapeau algérien sera un énième indicateur au pouvoir central, de l’implantation du MAK et de l’idéologie indépendantiste Kabyle populaire. Le 20 avril 2021 est aussi la date du lancement du référendum d’autodétermination pour l’indépendance de la Kabylie (par voie électronique), par le MAK-Anavad. Le 25 avril 2021, le ministère algérien de la Défense Nationale (MDN) publie un communiqué dans lequel il informe que ses services de sécurité ont permis à la fin du mois de mars, le démantèlement d’une cellule criminelle composée de partisans du « MAK », des ‘’séparatistes’’ impliqués dans la planification d’attentats et d’actes criminels.

Incohérence

Parmi les constantes de la constitution algérienne, l’on retrouve un article spécifique, inhérent à la solidarité de l’Algérie envers les peuples luttant pour leur libération politique et économique. Dans sa révision constitutionnelle de 1996, l’article n° 27 stipule ‘’ L’Algérie est solidaire de tous les peuples qui luttent pour la libération politique et économique, pour le droit à l’autodétermination et contre toute discrimination raciale’’. Les révisions constitutionnelles de mars 2016 et de 2020, viendront confirmer ce même article, via leurs alinéas 30 et 32, respectivement.

Ce communiqué ajoute que l’armée algérienne a procédé à la saisie d’armes de guerre et d’explosifs destinés à l’exécution de plans criminels. En guise de preuve pour ses allégations, le ministère fait référence à des aveux d’un dénommé « H. Nouredine », présenté comme un ex-membre du MAK. Ce communiqué a été repris par l’AFP (Agence France Presse) et un grand nombre de médias français et internationaux.

Le 26 avril 2021, le mouvement MAK-ANAVAD contre-attaque. Un démenti sera communiqué par le MAK-Anavad au lendemain du communiqué du MDN, au travers de l’AFP qui accordera un droit de réponse à ce mouvement. Le Président du MAK-Anavad, dans son allocution, mit au défi le pouvoir algérien, d’apporter les preuves de ses accusations et de présenter l‘identité de ce fameux H. Noureddine et une quelconque preuve de l’accusation proférée contre le MAK. La ligne de conduite du MAK depuis 20 ans, repose sur la lutte politique et pacifique pour le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». A date, aucun événement de violence ne peut être rattaché à cette lutte, ni en Kabylie et encore moins à l’étranger.

La conséquence de ce droit de réponse sera que l’AFP sera accusée par l’Ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed-Antar Daoud de complaisance et de sympathie envers le MAK :  » L’AFP a habitué ses lecteurs et usagers à davantage de professionnalisme et d’éthique dans ses couvertures médiatiques malgré une posture éditoriale critique négativiste à l’égard de mon pays. Force est de constater aujourd’hui que le fait d’ouvrir son fil aux responsables de ce mouvement, revêt une forme de légitimation, voire de sympathie en direction des responsables de ce mouvement séparatiste qui planifie, selon les informations vérifiées du ministère de la Défense nationale, des actions criminelles et attentats terroristes contre les marches populaires pacifiques »

Le 26 avril 2021, la télévision publique algérienne diffuse l’interview du prétendu ex-membre du MAK, qui livre au spectateurs une histoire rocambolesque, qui manque cruellement de précision. Ce dernier « tomberait littéralement’’ sur des armes en se promenant, qu’il revendrait 2 fois leurs prix et saurait estimer la fortune du MAK a ‘’entre 180 à 186 milliards de dinars« . Les soutiens au mouvement MAK évoquent une énième tentative de manipulation de l’opinion publique sur fond de propagande anti-kabyle.

L’organisation socio-politique kabyle étant ce qu’elle est, le village kabyle dont il est issu a mis un point d’honneur à rétablir la vérité : ses concitoyens attesteront qu’il n’a jamais fait partie du MAK et qu’il s’agissait d’un trafiquant et repris de justice, connu. Les accusation graves et l’amateurisme flagrant de ce témoignage ont été également dénoncés par la société civile kabyle.

Le 11 mai 2021, la loi régissant le scrutin du référendum pour l’autodétermination de la Kabylie est promulguée et rendue publique, sur le site du Journal Officiel de l’Anavad (modalités, conditions, garanties et processus du scrutin…). Une semaine plus -tard, le Haut Conseil de Sécurité (HCS) de l’Etat Algérien classe le MAK sur la « liste des organisations terroristes » et de « les traiter comme telles». Le même jour, Mr Ferhat Mehenni, Président du MAK-Anavad est placé en garde à vue à Paris.

La communauté Kabyle se mobilisera illico et se rendra devant le Tribunal de Grande Instance du 17ème afin de manifester son soutien au Président du MAK-Anavad. En effet, la convention d’extradition bilatérale France-Algérie, ratifiée en mars 2021 pourrait être instrumentalisée, en agitant le ‘’spectre’’ du terrorisme du MAK et en demandant l’extradition d’un supposé leader de mouvement terroriste.

Lors de la conférence de presse du 19 mai 2021, Gérald Pandelon avocat de Mr Mehenni, a précisé que l’audition portait sur une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée (PMU) avec une dizaine de personnes d’origine chinoise. Mr Mehenni serait la victime dans cette affaire au travers du piratage de sa carte bancaire. Aucune charge ne sera retenue à la suite de ces quelques heures de garde à vue.

Le 24 mai 2021, Mr Mehenni saisit l’ONU, au travers de son secrétaire général António Guterres, auquel il adresse une lettre dénonçant la classification du mouvement pacifiste MAK en tant que mouvement terroriste. Il rappellera que l’autodétermination ne relève pas du domaine militaire mais du domaine politique et que : « Pour assumer nos responsabilités, nous avons demandé à nos cadres et partisans de ne jamais verser dans la clandestinité et d’assumer en femmes et en hommes de paix nos choix politiques et pacifiques, et ce, quelle que puisse être la férocité de la répression. ». Le Président du MAK-Anavad concluera par une proposition de ‘’soumettre à la Commission des Droits Humains de l’ONU l’étude des faits pour déterminer qui du MAK ou du pouvoir algérien devrait être mis au ban de la communauté internationale’’.

Le 27 mai 2021, est publié le décret portant classification de l’État algérien en tant qu’État terroriste au Journal Officiel de l’Anavad. Il s’appuie sur les éléments historiques ayant caractérisé les relations Alger-Kabylie, arguant qu’un État terroriste est celui qui exerce la terreur contre ses populations et ses opposants par le recours à l’assassinat et la torture.

Le 2 juin 2021 : Le Point diffuse un entretien avec le « Président » algérien Abdelmadjid Tebboune, qui renchérit au sujet du MAK  « Le MAK a tenté d’agir avec des voitures piégées« .

Le 10 juin 2021, le code Pénal algérien est modifié et la définition de l’acte terroriste est élargi et stipule « Est considéré comme acte terroriste ou sabotage, tout acte visant la sûreté de l’Etat, l’unité nationale et la stabilité et le fonctionnement normal des institutions par toute action ayant pour objet de : […] œuvrer ou inciter, par quelque moyen que ce soit, à accéder au pouvoir ou à changer le système de gouvernance par des moyens non constitutionnels ; porter atteinte à l’intégrité du territoire national ou d’inciter à le faire, par quelque moyen que ce soit ». Le 12 juin 2021 : au troisième Zéro vote Kabyle, le président algérien rétorquera « Le taux de participation ne m’importe pas« . Fin juin 2021 : les leaders politiques kabyles du MAK et autres mouvements souverainistes kabyles (AKAL, RPK) ainsi que leurs militants ont été emprisonnés, au motif d’appartenance à une organisation terroriste et d’atteinte à l’unité nationale. Un nouveau délit semble apparaitre : ‘’le délit de kabylité’’ Moins de 2 moins après la saisine de Mr António Guterres, l’Anavad adresse une demande d’intervention à l’ONU, contre la répression politique en Kabylie, en revenant sur la charte des Nations Unies qui consacre la liberté d’opinion, d’expression et d’organisation.

Accusation fallacieuse de l’Algérie contre le MAK : Bruxelles réagit enfin à la lettre d’interpellation de Ferhat Mehenni

Le Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Joseph Borrell, a enfin réagi, ce lundi 12 juillet, à la lettre d’interpellation qui lui a été adressée, le 24 mai dernier, par le président du MAK, Ferhat Mehenni, sur le classement de ce mouvement indépendantiste kabyle comme « organisation terroriste » par l’Etat algérien.

Dans un courrier datant du 12 juillet dernier, M. Borrell dit avoir suivi avec attention cette affaire. «Je vous remercie de votre lettre du 24 mai 2021 concernant « l’accusation fallacieuse de l’Algérie contre le MAK » (…) Nous avons suivi avec attention le classement du MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie) en tant qu’organisation terroriste par les hautes instances algériennes », lit-on dans la réponse du diplomate européen, publiée, hier, par l’agence d’information Siwel. L’Union Européenne ne passera pas sous silence cette affaire liée au respect des valeurs démocratiques a laissé entendre M. Borrell dans sa réponse. « Le respect des principes de la représentation démocratique, des droits et libertés et de la démocratie participative sont garantis par la Constitution algérienne et constituent des éléments importants des relations UE-Algérie, tel que reflété dans l’Accord d’association et renforcé par les Priorités de partenariat. En conséquence, nous les abordons régulièrement avec les autorités algériennes à Bruxelles et à Alger », a-t-il souligné.

Ainsi, l’on s’attend dans les semaines ou mois à venir à une interpellation officielle des autorités algériennes par l’Union Européenne concernant l’accusation infondée et farfelue portée contre le MAK comme « organisation terroriste ». Même si la Constitution algérienne garantit le respect des principes démocratiques, sur le terrain c’est tout autre chose. En effet, les droits fondamentaux sont bafoués et piétinés. En tous les cas, cette première réponse officielle de M. Borrell au MAK constitue en elle-même une victoire pour les indépendantistes et un désaveu pour l’Algérie.

La légifération des lois liberticides

Cette stratégie est intimement liée à la stratégie précédente dans la mesure où des sanctions pénales ont été introduites dans les articles 294 à 313 de la loi organique portant régime électoral. Ainsi « des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 20 ans, notamment pour les actes de destruction ou d’enlèvement d’urnes, d’atteinte au déroulement du scrutin et troubles aux opérations de vote ». Lorsque l’on connait l’historique de la Kabylie vis-à-vis des élections algériennes, est-il opportun de se demander si cette loi est érigée contre la Kabylie ? La situation fin juin 2021 mettre en évidence une cabale contre les militants du MAK qui seront débusqués, à leurs domiciles, au motif qu’ils auraient empêché les élections de se dérouler.

Réaction de l’opinion internationale

Depuis avril 2021, les autorités algériennes retiennent des charges de ‘’terrorisme’’ et de ‘’complot contre l’état’’, en raison d’un discours ou d’une participation à des manifestations. Amnesty International, dans son rapport du 24 Juin 2021, insiste sur le fait que les restrictions au droit d’association et de réunion sont uniquement légales si elles sont conformes aux principes de nécessité et de proportionnalité Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a par conséquent déclaré que l’État doit mettre en évidence la nature précise de la menace et démontrer que les restrictions « sont véritablement nécessaires pour écarter un danger réel, et non pas seulement hypothétique, pour la sécurité nationale. Et le rapporteur spécial sur la lutte antiterroriste de signaler que le fait qu’une association cherche à atteindre par des moyens pacifiques des objectifs qui sont contraires à l’intérêt de l’État n’est pas suffisant pour qualifier cette association de terroriste.

Résultat de cette série d’affrontements informationnels

Une réponse politique constante et sans équivoque, de la Kabylie s’est exprimée dans les urnes. Il est inutile de rappeler la crise profonde vécue en l’Algérie depuis 2019 et la violation des droits humains les plus élémentaires qui s’en est suivie (résolution 2020/2880 RSP du Parlement Européen sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Algérie) Cette crise a exacerbé les pratiques du pouvoir central, en réponse à la posture politique de la Kabylie, sous forme d’affrontement informationnel sans précédent, allant même jusqu’à une campagne de propagande internationale en qualifiant son mouvement pour l’autodétermination, MAK de terroriste, comme décrit plus haut.

Quelles sont les réponses politiques ?

Elections présidentielles : si les suffrages dans les régions autres que le territoire kabyle, frôlaient les 40%, ils étaient bel et bien de 0% en Kabylie. Les Kabyles n’élisent plus leur Président depuis plus de 40 ans. Le 12 décembre 2019 , le jour des élections présidentielles, la Kabylie vit une journée de répression sanglante qui selon des sources locales du mouvement pro-kabyle, évalue à le nombre de victimes à plusieurs dizaines de jeunes kabyles. Il est aussi dénombré des dizaines d’éborgnés.

Référendum Constitutionnel algérien (01/01/2020) : moins d’un an plus tard, la Kabylie répondra à ces évènements hostiles par un second « 0 Vote« . En effet, la constitution dénie au peuple kabyle son existence. Une première vague d’arrestations a lieu. Des militants et responsables du MAK sont emprisonnés sans motif juridique valable. Certains attendent à ce jour, leur procès (détenus politiques accusés d’atteinte à l’unité nationale et de terrorisme en raison de leur engagement politique)

Elections législatives (12/06/2021) : La Kabylie persiste et signe avec un « 0 Vote ». Ainsi, La Kabylie ne sera pas représentée au parlement algérien

Cet affrontement informationnel a permis de révéler les contradictions de l’Algérie à l’encontre des mouvements souverainistes kabyles et de s’appuyer sur une propagande sur fond de diplomatie publique : désinformer pour décrédibiliser sur la scène internationale, avant de légiférer en faisant fi des principes fondamentaux des droits humains les plus élémentaires, ratifiés par ce même gouvernement pour finalement justifier toute répression existante et à venir.

L’Algérie n’a pas une position simple devant la communauté Internationale à propos notamment d’un article de loi inscrit dans la constitution, réputé immuable, tel que le droit à l’autodétermination. Cet article de loi sert à la fois de soutien à une diplomatie extérieure panarabe (pro-autodétermination envers la Palestine et le Polisario), mais aussi de prétexte pour brimer les différents peuples berbères autochtones qui la constituent, en leur déniant ce même droit à l’autodétermination.

En écho à cette contradiction, on peut s’interroger sur l’interprétation à donner à la réponse politique de la Kabylie – qui n’est pas uniquement circonscrite au mouvement du MAK ou aux souverainistes – avec l’inscription trois fois de suite, d’un 0 vote aux rendez-vous électoraux organisés par le gouvernement algérien (Présidentielles, Référendum Constitutionnel et élections législatives) ?.

La Kabylie saura faire les choix qui lui garantiront une place digne des grands peuples qui se tiennent toujours du côté des causes justes. Elle saura défendre intelligemment ses intérêts et ses enfants dignes.

Le combat pour la démocratie a toujours le sien et celui de ses enfants qu’elle a sacrifié lors de tous les combats contre la colonisation, l’assimilation, la dictature, puis l’obscurantisme. Les Kabyles d’aujourd’hui, quels que soient leurs choix politiques, sauront mettre leurs intelligences en commun pour que la Kabylie sache préserver ses acquis obtenus dans la douleur et espérer en réaliser d’autres dans la paix et la démocratie.

Aujourd’hui, le régime qui a toujours réprimé la Kabylie est en train de se débattre pour sa propre survie face à une jeunesse algérienne qui a enfin compris que son avenir ne peut pas s’accommoder de la survie d’une mafia militaro-politico-financière qui l’a appauvrie sur les plans matériel, identitaire et moral.

A lire aussi:

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