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Burkina Faso: Les kologweogo ou la duplication de la république!

Des milices qui sévissent au Burkina Faso dans les zones rurales et régissent la vie locale font de plus en plus parler d’elles. Alors qui sont les membres de ces groupes d’autodéfense, les Koglweogo ?

Qui sont les membres des milices des Koglweogo et que veulent-ils ?
Les Koglweogo sont des paysans, des éleveurs, qui ont décidé de se réunir au sein d’associations pour défendre leurs intérêts. Face à la recrudescence de l’insécurité dans certaines zones du pays et la présence irrégulière et en nombre insuffisant des forces de sécurité, les populations ont décidé elles-mêmes de prendre leur sécurité en mains. On trouve parmi ces groupes d’autodéfenses de Koglweogo d’anciens bandits repentis, qui ont changé de camp et décidé de se mettre du côté des populations.

Les Koglweogo, tels qu’on les connaît aujourd’hui, sont d’abord apparus sur le plateau central, zone majoritairement peuplée par l’ethnie Mossi, dans la ville de Kombissiri, au sud de la capitale Ouagadougou, de l’initiative de celui qu’on appelle le « Rassam Kande Nabaa » (chef suprême). Propriétaire terrien connu et respecté, il n’est pas un inconnu des activités de sécurité puisqu’il a participé à la police de proximité. En 2014, il institue les premiers Koglweogo et diffuse le modèle dans les localités alentours. Il se répandra par contagion et effet d’entraînement, épousant principalement les zones Mossi et s’appuyant sur les réseaux coutumiers. Mais il ne se circonscrit pas à cette ethnie majoritaire.

Les kologweogo ou la duplication de la république!

Les kologweogo existent de fait. Leur organisation et les activités qu’ils mènent prouvent leur existence.
Ils cherchent même à dupliquer l’organisation des forces de défense et de sécurité:

  • Un chef suprême des kologweogo à l’image du chef de l’état qui est chef suprême des armées;
  • Un chef d’état major et son adjoint à l’image du CEMGA du Burkina Faso;
  • Des ordres missions;
  • Des emblèmes et devises;
  • Ils font des interpellations à l’image de nos officiers de police judiciaire;
  • Ils ont des tribunaux et des juges qui rendent des sentences à l’image de l’institution judiciaire du Burkina Faso;
  • Ils imposent des taxes à l’image du service des impôts de la république;
  • Ils ont des uniformes et des armes à l’image de nos FDS.

C’est ça la duplication de la république.

Que faut-il encore pour prouver que ces « individus armés identifiés » ont créé un autre état dans la république?

Je continue de dire et ce depuis leur existence, que ces kologweogo portent atteinte aux principes mêmes d’une république, d’un état de droit.

La république a institué des lois qui régissent la vie entre les burkinabé. Les kologweogo défient toutes ces lois. C’est pourquoi nous les traitons des hors la loi. Il n’y a que des terroristes qui peuvent agir de la sorte.
Nous sommes tous engagés dans la lutte contre les terroristes qu’on ne sait d’où ils viennent et qui ils sont. Cependant, il y a des terroristes que nous connaissons bien, où ils sont, qu’est ce qu’ils font et comment ils agissent. Ils ont droit même aux médias.
Dites-moi, pourquoi nous laissons ces terroristes nous endeuiller au même titre que ceux que toute la nation et la république s’évertuent à combattre?

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Agissons d’abord contre les terroristes de l’intérieur et nous réussirons à faire bloc contre les terroristes de l’extérieur.

Demain 12 janvier 2019, il y aura des marches à Ouaga et à Dori pour dénoncer ces terroristes de l’intérieur. Je m’associe pleinement à ces manifestations.

Vive le vivre ensemble au Burkina Faso!

Nous sommes en 2016

Le Ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure, Simon Compaoré,  a rencontré la presse ce jeudi 04 février 2016 à l’hôtel de ville de Ouagadougou. Objectif, faire le point aux hommes de médias de la situation sécuritaire actuelle et évoquer les perspectives dudit ministère.

Deux heures. C’est le temps mis par le ministre d’Etat, de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure pour cet échange à bâton rompu avec les journalistes. Après les attaques terroristes du 15 janvier 2016 et l’attaque de la poudrière de Yimdi le 21 janvier 2016, le ministre se veut confiant et rassure la population que des mesures fortes sont prises pour assurer la quiétude des populations. Même si pour lui, chacun a son rôle à jouer. « Désormais la sécurité du pays incombe à tout citoyen où qu’il se trouve », affirme Simon Compaoré, qui précise que des forces de Défense et de Sécurité sont déployées dans les frontières du pays.

Par ailleurs, il encourage les populations à participer à la sécurisation continue à travers la mise en place intégrale des comités de vigilance.

« Désormais la sécurité du pays incombe à tout citoyen où qu’il se trouve », Simon Compaoré

« Ce sont des initiatives intéressantes, mais à canaliser pour plus d’efficacité », Simon Compaoré


Comme il fallait s’y attendre, le cas de l’association Kogleweogo est revenu sur le tas des échanges.  Et de façon prompte, Simon Compaoré pense qu’au regard des textes, Kogleweogo ne peut continuer ses actions que s’il est reconnu officiellement. Par ailleurs, il apprécie l’initiative à sa juste valeur : « Ce sont des initiatives intéressantes, mais à canaliser pour plus d’efficacité et moins de dérives. »
A propos de ces entités d’auto-défense composées de civils qui assurent la sécurité des personnes et des biens dans les zones reculées, le ministre de la sécurité intérieure a estimé que ce sont des « initiatives intéressantes, mais qu’il faut canaliser, contrôler, former, suivre etc. ».
« Cafoulmayé ». Selon lui, pour mieux assurer la sécurité, « il faut que la population intervienne (…) Ce n’est pas une question d’aveu d’impuissance. On ne peut pas avoir un policier derrière chaque case, mais les populations sont partout ! », note-t-il avant d’avancer : « il faut que ces associations soient reconnues ».
Après leur reconnaissance, précise Simon Compaoré, il faut leur assigner des droits et des devoirs pour qu’elles n’agissent plus en « cafoulmayé » (de manière désordonnée ou cachée, ndlr). Dans cette lancée, une rencontre est prévue avec ces associations.

Le ministre a informé que les Koglwéogo sont victimes d’attaques à cause de leur mission : « on a égorgé deux femmes d’un élément du Koglwéogo. J’ai vu les photos ».

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