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Algérie: Un 5e mandat Bouteflika, une bombe à retardement, les deux scénarios possible… [Vidéo]

Si l’élection venait à reconduire un président fantomatique, tel le père de Hamlet, quelles seraient les réactions ?


Deux scénarios sont envisagés:

  1. Un scénario à la vénézuélienne;
  2. Un scénario à la burkinabé.

Les indices de la fin d’une époque:

  • La fin de la manne abondante

La situation du secteur des hydrocarbures fait penser que, désormais, le régime connaîtra des difficultés croissantes pour « acheter » la paix sociale et freiner les rivalités du pouvoir moyennant la distribution des rentes des hydrocarbures.

  • Les pressions occidentales sur l’Etat algérien s’accroissent

L’UE presse le gouvernement algérien d’importer davantage de marchandises européennes. Les compagnies pétrolières occidentales l’ont poussé à élaborer une nouvelle loi sur les hydrocarbures plus avantageuse pour elles et ont arraché le lancement de la prospection offshore, l’exploitation du gaz de schiste… Des groupes américains de l’agro-business tentent d’acquérir des fermes-pilotes (partenariat public-privé) afin de développer une agriculture et un élevage intensifs aux effets économiques, sociaux et écologiques dévastateurs.

L’UE, le FMI, la Banque mondiale, l’International Crisis Group… exhortent le gouvernement à achever la longue et chaotique transition à l’économie de marché : privatisations, convertibilité du dinar, endettement extérieur, arrêt des transferts sociaux, révision du code du Travail…

  • La crise du régime s’approfondit

A la crise de représentation (abstention massive aux élections), aux dénonciations dans les stades et sur les réseaux sociaux, à l’émigration massive légale ou non (harga) et aux grèves et protestations ouvrières et populaires s’ajoute, désormais, une lutte ouverte au cœur des appareils du régime (APN, FLN, gouvernement…) : nomination puis limogeage du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune ; affaires Kamel Chikhi (trafic de cocaïne, scandales immobiliers, corruption…) impliquant des magistrats, des fonctionnaires, des militaires et affairistes ; limogeage du DGSN Abdelghani Hamel ; remplacement de hauts gradés de l’ANP ; incarcération et inculpation de cinq généraux-majors et d’un colonel libérés depuis, abandon des charges retenues contre eux et levée de l’interdiction de sortie du territoire national les frappant ; destitution illégale du président de l’APN Saïd Bouhadja et «désignation» illégale de son successeur Mouad Bouchareb ; violente critique du Premier ministre et chef du RND Ahmed Ouyahia par son ministre de la Justice Tayeb Louh, membre important du FLN allié du RND ; arrestations abusives de journalistes, facebookers… puis libération de certains d’entre eux ; éviction et remplacement du SG du FLN Djamel Ould Abbes, dissolution de toutes les instances organiques et parachutage d’un directoire chargé de préparer le congrès du parti…

Les dirigeants ne respectent même plus leur légalité. Ouyahia proclame cyniquement que « la force prime la Constitution ». A l’approche de la présidentielle, il n’y a pas de consensus sur la reconduction ou non de Bouteflika ou sur le choix de son successeur.

  • La marge de manœuvre du pouvoir se rétrécit

Les réserves de change s’amenuisent (80 milliards de dollars fin 2018, 62 mrds fin 2019 et 33 mrds fin 2020), la balance commerciale et la balance des services restent déficitaires, la production industrielle chute, les exportations hors-hydrocarbures stagnent, la dépendance alimentaire se maintient… La politique libérale enfonce le pays dans la crise.

Ses effets sociaux sont désastreux. Le chômage touche 11,7% de la population active et culmine à 28,3% chez les jeunes (16 à 24 ans). Les diplômés ne trouvent pas de débouchés alors que 43% des salariés ne sont pas déclarés à la Sécurité sociale. Le pouvoir d’achat des travailleurs, chômeurs, paysans sans terres et paysans pauvres, petits artisans et commerçants… chute sous le triple effet de la hausse des prix, de la dépréciation du dinar et d’une stagnation des salaires et des pensions. La réduction de l’engagement de l’Etat dans l’éducation et la santé sanctionne lourdement les classes déshéritées. Le pouvoir remet en cause ce qui reste de l’Etat social.

Cette politique favorise en revanche les classes dominantes (capitalistes algériens et étrangers, propriétaires terriens, importateurs, gros commerçants, hautes professions libérales…) qui profitent de l’illégitime dépossession du peuple algérien (privatisation, « partenariat » public-privé…), et de l’aide généreuse que le pouvoir leur accorde. Les multinationales qui se vantent d’exporter des engrais ou du ciment (Fertial, Lafarge…) sans dire qu’elles le font grâce au gaz subventionné par l’Etat. Le ciment est exporté à moitié prix et Sonelgaz connaît un déficit de 23 mrds de dollars !

Le patronat exploite durement les travailleurs.Nombreux sont victimes d’accidents du travail. Mal payés, les patrons leur imposent des contrats à durée déterminée (CDD) et leur refusentle droit de constituer des sections syndicales.

La politique du pouvoir polarise la société avec, en haut, une bourgeoisie avide et, en bas, la paupérisation d’une grande partie du peuple. Face à la légitime révolte des masses, la seule réponse du pouvoir est la répression : recours à la Justice pour entraver le droit de grève, transformation du Code du Travail en Code du Capital, arrestations arbitraires de fonctionnaires, de bloggeurs et de journalistes, interdiction des manifestations et interpellation de militants, tabassage des supporteurs de football… Les patrons du privé et du public s’attaquent directement aux syndicalistes : Sonelgaz, Air Algérie, Liberté, Cevital… Le pouvoir défend de plus en plus clairement les intérêts des classes dominantescompradores qui constituent le véritable Cheval de Troie de l’impérialisme.

Un scénario à la vénézuélienne;

En 2021, il n’y aura plus dans les caisses algérienne qu’environ 30 milliards de réserves de changes, alors que l’économie a besoin de 25 milliards de dollars par an.” “Pis encore, en 2025, il n’y aura pas beaucoup de pétrole à exporter, mettant le pays dans une trajectoire menant à la situation qui se vit au Venezuela actuellement. Si les Vénézuéliens ont pu aller vers les pays voisins, nous autres n’avons que des voisins plus pauvres que nous, par la faute d’un système qui ne sait agir que par la fraude.” Makri, président du MSP

L’article 233:

Juan Guaidó invoque l’article 233 de la constitution vénézuélienne pour s’autoproclamer président.

Conséquences:

  • Etats-Unis : Canada, Brésil, Argentine, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Haïti, Honduras, Panama, Paraguay et Pérou,  reconnaissent officiellement Juan Guaido comme président par intérim
  • L’Union européenne reconnaît la légitimité de Juan Guaido
  • L’Espagne, la France, l’Allemagne et le Royaume Uni ont déjà pris position.

L’article 88

En théorie, vu l’impossibilité actuelle du président Bouteflika d’assumer ses fonctions, la procédure d‘état d’empêchement aurait été déclenchée. 

Art. 88 – Lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil Constitutionnel, se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement. Le Parlement siégeant en chambres réunies déclare l’état d’empêchement du Président de la République, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres et charge de l’intérim du Chef de l’Etat, pour une période maximale de quarante cinq (45) jours, le Président du Conseil de la Nation, qui exerce ses prérogatives dans le respect des dispositions de l’article 90 de la Constitution. En cas de continuation de l’empêchement à l’expiration du délai de quarante cinq (45) jours, il est procédé à une déclaration de vacance par démission de plein droit, selon la procédure visée aux aliénas ci-dessus et selon les dispositions des alinéas suivants du présent article. En cas de démission ou de décès du Président de la République, le Conseil Constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la Présidence de la République. Il communique immédiatement l’acte de déclaration de vacance définitive au Parlement qui se réunit de plein droit. Le Président du Conseil de la Nation assume la charge de Chef de l’Etat pour une durée maximale de soixante (60) jours, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées. Le Chef de l’Etat, ainsi désigné, ne peut être candidat à la Présidence de la République. (..) »

Un scénario à la burkinabé.

Il a suffi de trois jours pour que Blaise Compaoré soit poussé dehors par le peuple. Mais trois jours minutieusement préparés.
Vingt-sept ans et quinze jours après son accession au pouvoir, le jeudi 15 octobre 1987. Le 4 janvier 2014 comme un moment clé. Ce jour-là, trois semaines à peine après qu’il a dévoilé son intention de modifier la Constitution afin de briguer un nouveau mandat en novembre 2015.

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Le goût du pouvoir

Mais le cœur n’y est pas. Compaoré n’a plus le goût du pouvoir – l’ami qui l’affirme raconte : “Un jour, dans l’avion qui venait d’atterrir sur la piste de l’aéroport de Ouagadougou, le regard perdu vers l’extérieur, il m’a dit : “Je suis fatigué de tout ça…”” Un autre compagnon de palabres qui lui rendait régulièrement visite à Kosyam déclare : “Il se donnait deux ou trois ans pour organiser sa succession et s’assurer que ses proches ne seraient pas les victimes du nouveau régime.”

Désobéissance civile

L’idée qui germait depuis longtemps était de passer par la voie parlementaire, parce qu’un référendum, disait-il, serait “trop cher” et surtout “trop aléatoire”. Il a fini par la dévoiler au dernier moment, le 21 octobre. Dès le lendemain, plusieurs organisations de la société civile, dont Le Balai citoyen, mouvement porté par une jeunesse qui n’a connu que Compaoré au pouvoir, appellent à la désobéissance civile.

On érige des barrages éphémères un peu partout dans la capitale, on occupe des places, on sillonne les quartiers pour mobiliser autant que pour mettre la pression sur les députés. Le 28 octobre, une masse indomptable – inimaginable même – prend la rue. Ils ne sont certainement pas 1 million, comme l’affirme l’opposition. Mais ils sont bien plus que les 50 000 manifestants que recense une police aveugle. On n’a jamais vu ça au Burkina, peut-être même dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Compaoré ne peut plus nier l’évidence. Mais plutôt que de revenir à la raison, il fait prendre des dispositions qui, a posteriori, apparaissent bien dérisoires. Les 99 députés censés adopter la révision constitutionnelle sont ainsi “invités” à dormir à l’hôtel Indépendance, à 200 m de l’Assemblée nationale. Il s’agit de leur éviter les pressions populaires, mais aussi de leur permettre de gagner l’hémicycle sans emprunter la voie publique – un discret passage relie l’hôtel à l’Assemblée…

Les 30 et 31 octobre 2014, le régime de Blaise Compaoré s’effondrait.

Compaoré quitte le palais sous la protection du RSP. Avec lui : son épouse, Chantal, et plusieurs proches. Le convoi de 28 véhicules se dirige vers Pô, son fief militaire, à quelques kilomètres du Ghana. Mais il apprend que des manifestants l’y attendent. Le convoi stoppe dans les environs de Manga. Un hélicoptère de l’armée française (certainement celui des forces spéciales basées à Ouagadougou) vient le chercher, lui, sa femme et quatre autres personnes. Direction Fada N’Gourma, plus à l’est, où l’attend un avion français qui le conduira dans la soirée à Yamoussoukro. Le reste du convoi attend la nuit, puis s’ébranle en direction du Bénin. Les jours suivants, une nuée de dignitaires du régime prendra la poudre d’escampette (dont le président de l’Assemblée nationale, Soungalo Appolinaire Ouattara) à bord de deux jets privés appartenant à des hommes d’affaires burkinabè.

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