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Algérie: Le « Président algérien » Tebboune dénonce «un complot contre la stabilité» de son pays et pointe un lobbying américain

Le « Président algérien » a dénoncé ce mercredi 12 août lors de l’ouverture de la rencontre entre le gouvernement et les walis (préfets) l’existence «d’un complot» ourdi visant à déstabiliser l’Algérie, rapporte Tout Sur l’Algérie (TSA).

Il a également évoqué l’affaire impliquant l’oligarque de l’ère Bouteflika, Ali Haddad, l’ex-président du FCE, qui a dernièrement conclu un contrat de lobbying avec une société américaine pour l’aider à sortir de prison.

«Il y a des forces d’inertie qui œuvrent contre la stabilité du pays et espèrent toujours parvenir à une situation de chaos dans le pays», estime le chef de l’État, qui dénonce «un complot contre la stabilité du pays».

Un oligarque de l’ère Bouteflika veut «les faveurs des Américains les plus puissants».

Et d’expliquer qu’«il y a des gens que la stabilité n’arrange pas et ils espèrent toujours revenir en force. Ils rêvent», rappelant que «le peuple est sorti dans la rue. Le train a démarré, personne ne peut l’arrêter». «80 % des citoyens sont contents de la stabilité sociale», s’est-il félicité.

Quid du lobbying américain en faveur d’Ali Haddad?

Début août, le parquet général de la Cour d’Alger a ouvert une enquête visant Ali Haddad suite aux informations rapportées le 29 juillet par le site américain Foreign Lobby. Celui-ci fait état de la signature d’un contrat de 10 millions de dollars avec le cabinet de lobbying Sonoran Policy Group, dont le fondateur est un proche de Donald Trump. Interrogé par Foreign Lobby, un ex-diplomate américain, William Lawrence, considère que l’oligarque cherche à «s’attirer les faveurs des Américains les plus puissants» dans le but de l’aider à sortir de prison.

Rappel:  Le recours du gouvernement algérien  aux services de plusieurs cabinets de lobbying est une coutume.

Des millions dans le business du lobbying à Washington

Le mardi 12 mai, l’agence presse officielle (APS) a relayé un article du quotidien américain, Washington Times, louant les réformes économiques et constitutionnelles engagées par le président Abdelmadjid Tebboune. Cette analyse du Washington Times est signée David Keene, un lobbyiste rémunéré du cabinet Keene Consulting Services, dont l’Algérie s’est offert ses services pour promouvoir son image et ses centres d’intérêts aux Etats-Unis. La même source n’a pas dévoilé la valeur de ce contrat, mais la presse américaine a avancé le chiffre de 360 000 dollars, soit 30 000 dollars par mois au profit du consultant et auteur de l’article du Washington Times, David Keene. Le contrat a été déclaré auprès des autorités de transparence nord-américaines et expire en novembre 2019. Renouvelé par Tebboune.


Ainsi, évoquant cette enquête diligentée à l’encontre du plus puissant oligarque de l’ère Bouteflika, M.Tebboune a déclaré avec étonnement: «Ils sont en prison et leurs millions de dollars sont distribués à l’étranger. Qui a donné les ordres? Qui a sorti ces millions de dollars? Le peuple doit savoir!».
Enfin, le Président Tebboune a annoncé que l’ère où «les responsables étaient désignés au téléphone avec des sacs d’argent dans la nuit». Il a cependant souligné que la porte de «la repentance aux égarés qui ont été trompés» restait ouverte. «Les choses vont s’améliorer quotidiennement» en Algérie, assure-t-il.

« La faute à la main invisible de l’étranger »

« La main étrangère », « la théorie du complot extérieur », des « parties anonymes », « la faute à la main invisible de l’étranger »… ce sont autant d’expressions que l’imaginaire collectif algérien entretient.

Le système algérien, comme dans toutes les dictatures militaires, a conscience que l’administré est plus enclin à focaliser son regard sur l’ennemi fantomatique extérieur que sur les monstres de l’intérieur qui sévissent en toute impunité. Il ne lui reste plus qu’à jouer sur la fibre patriotique de l’Algérien qui est allergique à tout ce qui est étranger.

Administration, médias, artistes, intellectuels ont été habitués à désigner « la main extérieure » qui serait derrière toutes les révoltes populaires contre le système.
C’est un mécanisme colonial tout prêt à être activé, reconduit par l’establishment algérien, depuis 1962, date de l’accession du pays à son indépendance. Bien des intellectuels et autres théoriciens du régime ont été actionnés pour entretenir et faire fleurir le syndrome de « la main étrangère » dans le discours populaire, en politique, à l’école comme à la mosquée.

L’Algérien est victime d’un endoctrinement idéologique accompli par le système, depuis 60 ans. Diabolique est le système né du coup d’État contre les instances légitime du Gouvernement provisoire algérien (GPRA), car il a réussi à corrompre des intellectuels de la taille de Mohammed Harbi.

L’histoire nous renseigne que ce dernier, alors directeur du magazine « Révolution africaine », hebdomadaire officiel du FLN, parti unique, était le premier à prendre sa plume pour dénoncer la « main étrangère » en désignant Hocine Aït Ahmed qui venait de créer le Front des forces socialistes (FFS). Il était allé jusqu’à consacrer son éditorial, « Défense de la Révolution (1) », à dénoncer la création du parti politique d’opposition, le FFS, par Hocine Aït Ahmed. Il faut dire que le conflit algéro-marocain tombait à pic pour les besoins de la propagande officielle : « la main étrangère » est intervenue en même temps que la révolte du FFS.

  • N’est-il pas temps de débattre sans complexe de la responsabilité et de la culpabilité réelle ou supposée de « la main de l’intérieure » quant aux crises nées depuis l’indépendance ?
  • Le citoyen lambda, dès qu’il crie son humiliante douleur, est accusé de servir la main étrangère alors que la main intérieure est encore plus dangereuse ! « La main de l’étranger » ?

Le Professeur Tassadite Yacine précise : « la main extérieure est insignifiante sans la main intérieure, notre problème est plutôt avec la main intérieure ». Abane Ramdane n’a-t-il pas été assassiné par la main intérieure, alors qu’il échappait superbement à la main extérieure ?

La théorie du complot (ou les néologismes complotisme ou conspirationnisme) est une expression d’origine anglaise, définie pour la première fois en 1945 par Karl Popper, qui dénonce comme abusive une hypothèse (en anglais theory) selon laquelle un événement politique a été causé par l’action concertée et secrète d’un groupe de personnes qui croyaient avoir intérêt à ce qu’il se produise, plutôt que par le déterminisme historique ou le hasard. Pour Peter Knight, de l’université de Manchester, « un petit groupe de gens puissants se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements ». L’objectif étant de détenir ou de conserver une forme de pouvoir (politique, économique ou religieux).

 

Avec, sputniknews

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