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Algérie / En Judas, Moued Bouchareb, Ahmed Ouyahia et Seddik Chihab… retournent leurs vestes ! [Vidéo]

Les Hommes du président
Effondrement de la façade politique du régime. En Judas, Moued Bouchareb, Ahmed Ouyahia et Seddik Chihab retournent leurs vestes ! Il ne reste plus que le président Bouteflika annonce son soutien au Hirak … 
Le dirigeant du FLN, Mouad Bouchareb
Le coordinateur du FLN, Mouad Bouchareb, vient d’opérer un retournement de veste spectaculaire. Sa volte-face est plus spectaculaire que celle opérée hier par le RND. On assiste en direct à un effondrement du “décore politique” du régime et de tous les artifices qui donnaient l’illusion d’une vie politique en Algérie. Pour éviter d’être dissous, ces partis qui vouaient un culte au saigneur du moment expriment aujourd’hui leur soutien à la révolution blanche. Ce n’est pas gagné, car la rue continue de réclamer leur éradication totale.

Moued Bouchareb animait une conférence de presse ce mercredi à Zéralda.

« Les enfants du FLN soutiennent, sans réserve, le Hirak populaire et militent pour que les revendications du peuple soient concrétisées conformément à une feuille de route claire et limpide », le coordinateur du FLN, Mouad Bouchareb.

Il a rajouté que ces derniers “aspirent en toute sincérité à atteindre les objectifs” du mouvement populaire “selon une feuille de route claire”.

Ahmed Ouyahia
Ahmed Ouyahia qui menaçait les Algériens de connaître le destin du peuple syrien vient de retourner sa veste.

L’homme n’est plus à sa première trahison. La filouterie est une nature chez lui. Ahmed Ouyahia qui a soutenu pendant 20 ans Bouteflika a été sèchement remercié il y a quelques jours par son employeur.

Bouteflika voulait le donner en victime expiatoire au mouvement de dissidence populaire. Mais cela ne suffit pas à ce dernier qui veut dégager tout le système.

Alors, en Judas, Ahmed Ouyahia veut prendre le train de la révolte en marche et appelle Bouteflika à répondre favorablement aux demandes de la rue. Mais l’homme est honni par le peuple qui ne voit plus que lui depuis plus de 30 ans aux affaires.

Ouyahia est un des symboles du bouteflikisme le plus primaire. Servil en diable, il est capable de déjeuner avec Dieu et de dîner avec Satan. Aujourd’hui son énième retournement de veste ne trompe personne.

Seddik Chihab
Seddik Chihab, Un membre influent du Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du Front de libération nationale (FLN) au pouvoir en Algérie, a jeté un pavé dans la mare en déclarant mardi soir que l’Algérie avait été dirigée ces dernières années par des “forces non constitutionnelles”.

Il y a des forces (…) non constitutionnelles (…) qui sont partout. L’Algérie a été dirigée par ces forces durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années“, a dit Seddik Chihab à la chaîne privée El Bilad, alors que le président Abdelaziz Bouteflika est confronté à une contestation inédite en 20 ans de pouvoir.

Seddik Chihab assure ne pas savoir qui décide “réellement” à la présidence.

Porte-parole du RND, dirigé par l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia qui a soutenu la candidature de M. Bouteflika à un 5ème mandat, il affirme que son parti s’est “trompé” et a manqué de “perspicacité”.

Les Hommes du président

La réponse à la crise politique en Algérie a, dans un premier temps, été donnée sur le plan intérieur. Le pouvoir algérien a commencé par proposer des réformes politiques. Mais celles-ci reposaient sur de fausses promesses et un programme flou et douteux. Cette stratégie s’est avérée infructueuse, que ce soit avec la rue ou avec l’opposition.

Cette mise en avant de Lamamra, qui jouit d’une certaine “notoriété à l’international”, mais aussi celle de Lakhdar Brahimi, qui avait été pressenti pour la présidence de la conférence nationale – deux diplomates et négociateurs –, ne pouvaient être qu’à destination des gouvernements étrangers (en jouant la carte non pas du terrorisme, mais de l’instabilité).

Quel est le message que portent les officiels algériens auprès de leurs homologues étrangers ?

Le gouvernement algérien s’est en fait rendu insoutenable, avant même de chercher du soutien. Le maintien de Bouteflika en poste malgré son âge, son état de santé et l’opposition populaire apparaît, y compris pour des États autoritaires, ostensiblement illégal et aberrant.

Les deux hommes (les hommes du président) cherchent à démontrer que le pouvoir est en train de trouver des solutions à la crise et qu’il dispose des compétences nécessaires pour y parvenir. Cette thèse, qu’ils n’ont pas réussi à soutenir auprès de l’opposition et de la population algérienne, ils cherchent à la vendre à l’étranger.

Ils cherchent à limiter la casse et donc à dépasser l’impasse à l’échelle nationale. C’est en quelque sorte une opération de séduction.

Lorsque le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov parle du « peuple algérien » et de son droit de « décider de lui-même de son avenir et de son destin sur la base de sa Constitution et dans le respect du droit international », ce n’est tout de même pas rien. Tout le monde sait bien que cette transition n’est pas constitutionnelle.

Ramtane Lamamra et Lakhdar Brahimi risquent de s’avérer des boulets supplémentaires pour le pouvoir qu’ils sont venus sauver en catastrophe. Le rappel de ces deux diplomates est plus qu’une erreur de casting. C’est le résultat d’une fausse évaluation de la situation et l’expression du peu de cas qui est fait de l’avis de la rue.
C’est dans l’ADN du pouvoir algérien, seul compte ce que pourraient penser les capitales étrangères, d’où la propulsion au-devant de la scène, en pleine révolte interne, de deux personnalités qui ont l’habitude de voyager et de rencontrer des acteurs internationaux.

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Lamamra et Brahimi pourraient être utiles dans ce registre : expliquer aux partenaires les plans de sortie de crise du pouvoir en place, sans plus. Ceux qui pensent qu’ils peuvent avoir une influence sur les positions des grandes puissances se trompent. Les deux hommes n’ont pas l’influence que les relais du pouvoir et la rumeur leur prêtent. Ni Brahimi ni Lamamra n’appellent les chefs d’État directement sur le téléphone.
Sur le front interne, on doute fort qu’ils puissent être de quelque secours. Même s’il défend d’être investi de quelque mission, Lakhdar Brahimi multiplie les sorties médiatiques et les contacts en catimini avec des acteurs politiques, mais le succès auquel il pouvait s’attendre n’était pas toujours au rendez-vous.
La dernière fonction officielle de Brahimi en Algérie remonte au début des années 1990, lorsqu’il fut ministre des affaires étrangères entre 1991 et 1993. Depuis, il a mené diverses missions de paix pour le compte de l’ONU aux quatre coins de la planète et ses rares visites en Algérie ne furent pas toujours pour la bonne cause. C’est lui en effet que le président Bouteflika a l’habitude de recevoir devant les caméras de la télévision à chaque fois que les rumeurs les plus folles sur son état de santé sont colportées. Voilà à peu près tout ce que connaît du diplomate la nouvelle génération, celle-là même qui bat le pavé chaque vendredi.

Sur les chaînes de télé où il a été invité au moins à deux reprises la semaine passée, il a étalé tout son déphasage avec les réalités algériennes. Les téléspectateurs ont découvert ahuris qu’il ne parle même pas le langage local – il s’exprime en dialecte jordanien. Sur el Dajaziria One, il a été mis très mal à l’aise lorsqu’un jeune lui a rappelé des propos surréalistes qu’il a tenus il y a seulement trois mois : « personne en Algérie ne conteste vraiment Bouteflika».

Lakhdar Brahimi
Lakhdar Brahimi n’est assurément pas le meilleur avocat pour la cause déjà indéfendable du cinquième mandat. Tout comme Ramtane Lamamra. L’opinion nationale ne retient pas grand-chose de son passage à la tête de la diplomatie entre 2013 et 2017, sauf qu’il en est sorti par la plus petite des portes lors du remaniement du 25 mai 2017.

 

Ramtane Lamamra
En 2014, on a assisté à un petit cafouillage de la communication officielle sur ses prérogatives et celles d’Abdelkader Messahel, nommé ministre des Affaires maghrébines, africaines et de la Ligue arabe. En 2017, Messahel aura tout pour lui et Lamamra prié de retourner à ses périples africains. Comme les autres ministres limogés sous Bouteflika, il n’a même pas droit à un coup de téléphone de la présidence.

Rappelé par Bouteflika en pleine contestation du cinquième mandat pour occuper le poste de conseiller diplomatique à la présidence, il accepte de revenir sans rechigner. Lundi 11 mars, Bouteflika annonce une nouvelle feuille de route, renonce au cinquième mandat et reporte la présidentielle. Il nomme aussi un nouveau gouvernement dans lequel Lamamra est désigné vice-Premier ministre, un poste créé le jour même. Mais pour remplacer Ouyahia à la tête de l’exécutif, on préfère Nouredine Bedoui, un proche du cercle présidentiel. Une question de confiance d’abord. Ramtane Lamamra doit se contenter d’un second rôle.

Le soir même de sa nomination, il commet une première bourde qui trahit les véritables motivations de son retour aux affaires et le souci réel des dirigeants algériens dans cette période de crise : il accorde sa première interview à une radio française. S’il est rappelé, c’est avant tout pour son long vécu de diplomate et ses talents supposés de communicateur.

En deux jours dans son nouveau poste, il a fait trois sorties médiatiques et on ne peut pas dire qu’il a tiré son épingle du jeu. Sa prestation aux côtés de Noureddine Bedoui jeudi 14 mars reste un parfait exemple du degré zéro de la communication. Elle rappelle aussi combien sont indéfendables les choix actuels du pouvoir.


Avec, La Presse d’Algérie

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