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Trois questions à Apollinaire Compaoré, homme d’affaires panafricain



Vous êtes aujourd’hui un exemple de réussite dans votre pays, mais aussi ailleurs sur le continent. Comment comptez-vous transmettre aux jeunes votre savoir-faire et vos riches expériences professionnelles ?



 Telecel

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Cette transmission se construit à plusieurs échelles, mais ce qui me tient le plus à cœur c’est de faire prendre conscience aux jeunes qu’ils doivent à la fois croire en leurs capacités personnelles, mais également aux potentialités de leur pays. Il n’est pas nécessaire de naître riche pour apprendre, pour avoir de l’ambition, pour observer et pour se dire, si à côté de moi des personnes, des villes, des pays se développent, je dois faire partie de cette dynamique.

Pour moi, il faut toujours être dans le concret. Je me souviens de mes propres débuts : j’ai commencé comme « boy », c’est-à-dire garçon à tout faire, puis je suis devenu « boy cuisinier », un statut supérieur avec des responsabilités, ainsi de suite. A la longue j’ai fini par devenir chef d’entreprise, ce qui me permet de créer des milliers d’emplois au Burkina Faso et ailleurs. Pour celles et ceux que ça intéresse, ma biographie est disponible sur mon site web.

J’espère que la lecture de mon parcours sera une source d’inspiration et d’encouragement pour certains jeunes entrepreneurs africains. En tout cas, je reste tout-à-fait disposé à échanger avec  celles et ceux qui voudraient en savoir un peu plus  sur mes réussites, mais aussi sur les difficultés que j’ai pu rencontrer. Je veux leur apporter ce que je n’ai pas eu à mes débuts, c’est-à-dire une assistance et des conseils.

Je pense que la transmission et le partage d’expériences entre générations peuvent s’opérer au sein d’organisations telles que les Chambres de Commerce, par exemple. Le vécu et le parcours des chefs d’entreprise comme moi pourraient, en toute modestie, servir d’exemple aux pouvoirs publics, dans le cadre de la lutte contre le chômage des jeunes.

 Telecel

Les initiatives de jeunes dans le domaine des Affaires sont très rares en Afrique. En partant de votre propre expérience, à quoi cela est dû et comment faire pour y remédier ?

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En partant de mon exemple, je dirais que, ce qui m’a manqué et qui m’a souvent frustré, était l’absence d’égalité des chances entre les territoires. A mon époque, naître dans un village nous condamnait souvent à être illettré et à être coupé de certaines réalités en rapport avec le mode de fonctionnement d’un monde en perpétuelle évolution. A l’inverse, les enfants qui naissaient à Ouagadougou allaient plus facilement à l’école.

Partant de ce constat, je crois qu’avant tout, il faut offrir des opportunités d’instruction et de formation à tous les jeunes. Ensuite, les adultes doivent accepter et valoriser l’apport des jeunes, leur donner la parole et les écouter. Souvent dans nos cultures, on accorde très peu d’intérêt  à l’avis et au regard du plus jeune. C’est une erreur à mon avis, car ce sont plusieurs regards qui construisent les meilleures réponses.

Le mot qui revient régulièrement dans la bouche des dirigeants africains, c’est «émergence». Pensez-vous que notre continent puisse devenir «émergent» à court ou moyen terme sans une implication massive des opérateurs économiques ?

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Je ne comprends pas très bien l’utilisation abusive de ce genre de concept,  car cela ne cadre pas du tout avec nos réalités. De manière globale, l’Afrique vit et est bien vivante, elle avance, il faut juste que les Africains continuent à croire en eux-mêmes. L’Afrique a des ressources, elle dispose d’une classe d’hommes d’affaires dynamiques. En s’appuyant sur eux et sur la société civile, notre continent peut avancer très vite sur la voie du développement. J’y crois fondamentalement. Mais pour cela, nous devrons d’abord travailler, épargner et investir.

Avec,  femmesaupluriel

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