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Syrie: Trump déclenche une opération militaire avec Paris et Londres, ce que l’on sait des frappes…

Bachar el-Assad avec une délégation du polisario
Bachar el-Assad avec une délégation du polisario
De nombreux élus américains ont fustigé Donald Trump et Emmanuel Macron pour leur décision de mener des frappes contre la Syrie sans demander l’approbation du Congrès et du Parlement français . Selon eux, il s’agit d’une mesure «illégale».

Les avis des membres du Congrès américain sont partagés au sujet des frappes menées par la coalition dirigée par les États-Unis dans la nuit du 13 au 14 avril.

«La décision de [Donald] Trump de lancer des frappes aériennes contre la Syrie sans l’approbation du Congrès est illégale. Nous devons cesser d’offrir aux Présidents un chèque en blanc pour faire la guerre. Aujourd’hui c’est la Syrie, mais qu’est-ce qui l’empêchera de bombarder l’Iran ou la Corée du Nord la prochaine fois?», a écrit l’élu des Démocrates Tim Kaine sur sa page Twitter.

«Cette frappe est inconstitutionnelle et constitue une escalade dangereuse du conflit syrien. Le peuple américain mérite un vote afin de décider si nous commençons une guerre contre la Syrie et, potentiellement, contre la Russie et l’Iran», a déclaré un autre congressiste, Ro Kanna.

Les responsables politiques français réagissent.

 

«Sans aucune preuve sur la responsabilité d’une attaque chimique en Syrie – sans mandat donné par l’ONU – la France de la république Macron attaque sans information ni autorisation de l’Assemblée nationale», a regretté le député Front national des Pyrénées-Orientales et membre de la Commission Défense de la chambre basse Louis Alliot. «Mépris du droit, mépris du parlement ! Enfin Macron a sa petite guerre !», a-t-il encore écrit sur Twitter.

 

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a fait savoir que les frappes menées contre la Syrie se faisaient «sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français». Le tout, «sans aucune perspective politique en Syrie». Cette attaque est «une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable», a-t-il poursuivi, estimant que la France méritait «mieux que ce rôle», car elle devait être «la force de l’ordre international et de la paix».

Une « frappe lourde » mais « proportionnée »

C’est le président américain qui a annoncé, dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril, qu’une opération militaire était en cours contre la Syrie. « J’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de procéder à des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien, Bachar Al-Assad, en matière d’armes chimiques, a dit Donald Trump. Une opération combinée est en cours avec la France et le Royaume-Uni. »

Selon le général Joe Dunford, les forces occidentales ont visé trois cibles liées au programme d’armement chimique syrien. Il a précisé qu’aucune autre opération militaire visant la Syrie n’était prévue à ce stade. « Nous avons été très précis, et la réponse était proportionnée, mais en même temps ce fut une frappe lourde », a ajouté James Mattis.

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Selon M. Mattis, les forces américaines ont employé dans la nuit deux fois plus de munitions que lors de la frappe américaine d’avril 2017 sur la base militaire d’Al-Chaayrate, près de Homs, en représailles à une précédente attaque chimique imputée à Damas, qui avait fait plus de quatre-vingts morts à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie.

Dans un communiqué, le haut commandement de l’armée syrienne a dit que cent dix missiles avaient été tirés « sur des cibles à Damas et ailleurs ». Selon la télévision d’Etat, la défense antiaérienne syrienne est entrée en action contre les avions occidentaux, et des missiles ont été interceptés.

Quelles cibles ont été visées ?

Selon les capitales occidentales, les bombardements ont visé trois sites liés au programme d’armement chimique syrien, l’un près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie.

Paris a précisé samedi que les frappes avaient visé « le principal centre de recherche » et « deux centres de production » du « programme clandestin chimique » du régime. « C’est la capacité de développer, de mettre au point et de produire des armes chimiques qui est atteinte », a déclaré samedi la ministre des armées française, Florence Parly. Les Britanniques ont notamment dit avoir frappé un complexe militaire — une ancienne base de missiles — à 24 kilomètres à l’ouest de Homs, « où le régime est supposé conserver des armes chimiques ».

Les Américains comme les Français et les Britanniques ont choisi leurs cibles afin d’éviter de toucher les forces russes, qui disposent d’une base navale à Tartous et d’une base aérienne à Hmeimim, près de Lattaquié, mais qui sont aussi déployées sur de nombreux sites militaires du régime.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), des centres de recherche scientifique, « plusieurs bases militaires » et des locaux de la garde républicaine à Damas et dans ses environs ont été pris pour cibles.

Damas et ses alliés condamnent ces frappes

Le régime syrien a dénoncé ce samedi une « violation flagrante » du droit international. Le président Bachar al-Assad s’est dit ce samedi plus déterminé que jamais à « lutter contre le terrorisme » en Syrie. « Cette agression ne fait que renforcer la détermination de la Syrie à continuer de lutter et d’écraser le terrorisme, sur chaque parcelle de territoire », a assuré Bachar al-Assad lors d’un entretien téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani, selon la présidence syrienne.

Le président russe Vladimir Poutine a de son côté dénoncé « avec la plus grand fermeté » les frappes, convoquant dans la foulée une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies afin d’évoquer « les actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés » en Syrie. Les frappes occidentales ont été menées « sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, en violation de la Charte des Nations unies, des normes et principes du droit international » et constituent « un acte d’agression à l’encontre d’un Etat souverain qui se trouve à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme », a poursuivi le Kremlin.

La Turquie a jugé que les frappes occidentales visant le régime syrien constituaient une « réaction appropriée » à l’attaque chimique présumée menée il y a une semaine à Douma qui a fait des dizaines de morts.

Israël a justifié les frappes, en affirmant que le régime de ce pays continue ses « actions meurtrières », a indiqué un responsable israélien.

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