Home / CULTURE / Société – Dépigmentation: le Congo et le Sénégal en tête, « Il faut souffrir pour être belle ».

Société – Dépigmentation: le Congo et le Sénégal en tête, « Il faut souffrir pour être belle ».

La dépigmentation artificielle est devenue un véritable phénomène de société. En Afrique, le teint clair est considéré comme un critère de beauté et le signe d’une certaine aisance sociale. C’est pourquoi de nombreuses femmes noires cherchent à se dépigmenter. Le phénomène a pris une ampleur considérable de nos jours. Ainsi, des femmes analphabètes à celles lettrées, toutes semblent ne pas pouvoir résister au désir de changer la couleur de leur peau. Complexe d’infériorité, effet de mode, choix esthétique, quelle que soit la justification, la dépigmentation reste un phénomène de société difficile à extirper du subconscient des femmes. La dépigmentation est transformée en une obligation et fait objet de concurrence chez les femmes et surtout les jeunes filles des grandes villes de notre continent. Les causes de ce phénomène sont diverses et variées. Certaines femmes optent pour la dépigmentation parce qu’elles ne s’acceptent pas. Elles envient la peau claire des autres alors que chez d’autres, la pratique est liée à la pensée selon laquelle seules les femmes au teint clair ont de la valeur. On s’échine alors à se procurer les produits à cette fin dans l’ignorance de ces effets.

L’être humain est un éternel insatisfait: « Les femmes blanches cherchent comment bronzer leur peau claire tandis que les femmes noires cherchent a éclaircir la couleur de leur peau ».

Le Sénégal classé 2e en Afrique derrière la République démocratique du Congo

Le Sénégal est deuxième dans classement des pays africains dont les populations pratiquent le dépigmentation volontaire. Selon un classement publié par le journal « La Cloche », les Sénégalais ne sont devancés au classement que par les champions dans le domaine, les Congolais.

Le phénomène de dépigmentation de la peau, selon une étude de Afrikhepri, est apparu en Afrique à la fin des années 60. L’éclaircissement de la peau par différents procédés est pratiqué dans plusieurs régions d’Afrique, mais les principaux pays touchés par ce phénomène sont le Togo, le Sénégal, le Mali, le Congo (où beaucoup d’hommes s’éclaircissent la peau également) et l’Afrique du Sud.

Il semblerait que près de 90% des femmes qui utilisent des produits éclaircissant le font pour un ordre esthétique. Plusieurs personnes invoquent le fait que si les femmes s’éclaircissent la peau c’est pour l’unique raison que les femmes sont persuadées que les hommes préfèrent les femmes claires, un peu comme on avait l’habitude d’entendre que les hommes préfèrent les blondes.

Les produits éclaircissants de toutes sortes, savon, crèmes ou lait sont en libre accès et en grands nombres dans les rues et sur les étals des marchés du Sénégal. On recense près de 117 produits disponibles à la vente. Ce marché est générateur d’importants bénéfices et est une source très lucratives de revenu. Les vendeurs in informés ou peu scrupuleux surfent sur une tendance mondiale qui est en ces temps de crises offre un apport financier inespéré. Ces ventes représentent un gros risque au point de vue sanitaire car ces produits sont soit des produits chimiques inappropriés pour la peau, soit des produits pharmaceutiques qui ne doivent être utilisés en automédication.
A Lire aussi  Migration: Installation de l’antenne « kirikou » au Sénégal

Urgence d’abandonner le teint clair par forcing
La dépigmentation prend de nos jours une ampleur inquiétante. Face à une situation aussi dangereuse où les amatrices des produits dépigmentants, bien qu’elles vivent au quotidien les conséquences physiques de la pratique, continuent de foncer, la formation et l’information à leur égard s’imposent. Il urge donc d’expliquer aux femmes les risques auxquels elles s’exposent à travers cette pratique. Elles doivent abandonner le changement du teint de la peau, car l’obtention d’une peau claire par forcing est la voie d’une beauté aux conséquences dangereuses. C’est pourquoi le médecin Benoît Kouhakanou a indiqué qu’« il ne faut pas proposer autre chose à ces femmes si ce n’est d’arrêter cette pratique car, ce serait leur faire croire qu’elles peuvent se dépigmenter et c’est une illusion. Si les Noirs peuvent vivre sous le soleil, c’est parce qu’ils sont noirs ». Les utilisateurs des produits pour la dépigmentation exposent leur vie et doivent prendre conscience de cela. Ainsi, les femmes doivent accepter leur peau naturelle et les hommes qui les encouragent à la dépigmentation doivent se résigner, car la peau naturelle est belle, solide et n’a pas besoin de ces produits dégradants qui ne font que l’intoxiquer.
Les amatrices de ces produits dépigmentant connaissent très bien tous les rouages de la pratique. Ce qu’elles ignorent, ce sont les conséquences désastreuses sur leur santé.

About Mohammed Gherrabi

Check Also

Youssouf N'dour

« Il ne faut pas dire aux Africains ce qu’il faut faire sur leur démographie (…) » Youssouf N’dour

« Il ne faut pas dire aux Africains ce qu’il faut faire sur leur démographie …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>