Home / CULTURE / Santé: L’apport des Arabes à la civilisation. Un bref aperçu sur la médecine arabo-musulmane.

Santé: L’apport des Arabes à la civilisation. Un bref aperçu sur la médecine arabo-musulmane.

Avicenne ou Ibn Sina, ou plus précisément Abu Ali al Husain ibn Abdallah ibn Sina (Boukhara 980-Ispahan 1037). Philosophe, mathématicien, astronome, physicien, médecin, poète, il fut très productif et ne nous laissa pas moins de 156 ouvrages authentifiés, écrits en arabe ou en persan.
Avicenne ou Ibn Sina, ou plus précisément Abu Ali al Husain ibn Abdallah ibn Sina (Boukhara 980-Ispahan 1037). Philosophe, mathématicien, astronome, physicien, médecin, poète, il fut très productif et ne nous laissa pas moins de 156 ouvrages authentifiés, écrits en arabe ou en persan.

Les apports arabes sont considérables dans le domaine de la science:

Du début du Xe à la fin du XIIe siècle un des plus grands noms de la médecine médiévale arabe est Abu Bakr Muhammed ben Zakariyya Al Razi latinisé en Rhazès né à Rayy(865 – 925) Son traité sur la variole et la rougeole est le plus connu de ces ouvrages. Thabit ben Qurra avait précédemment travaillé sur ces deux maladies.« Dès qu’apparaissent les symptômes de la variole, on doit prendre un soin particulier des yeux, puis de la gorge et ensuite du nez, des oreilles et des articulations de la façon que je vais décrire. Outre ces parties du corps , il sera quelquefois nécessaire pour nous d’étendre nos soins aux plantes des pieds  et aux paumes des mains : de temps en temps, elles peuvent être source de terribles souffrances car l’éruption de la variole est particulièrement douloureuse en ces endroits où la peau est  épaisse. Aux premiers symptômes varioliques,  verser régulièrement goutte à goutte de l’eau de rose dans les yeux, laver le visage avec de l’eau froide plusieurs fois par jour et asperger les yeux en même temps.En cas d’atteinte sévère, on doit enduire les paupières avec un collyre composé de pavot, de lycium doux, d’aloès, d’acacia, de safran… » Il dirige les hôpitaux de Bagdad. L’historiographie rapporte  qu’il a contribué à déterminer dans Bagdad la localisation du grand hôpital fondé par Adud Dawla : il a suspendu  des morceaux de viande dans différents quartiers de la ville, il choisit la localisation du futur hôptal à l’endroit où la putréfaction de la viande était la plus lente. En fait, il semblerait que ce soit un premier hôpital probablement fondé sous le règne de Mutadid dont il fut le directeur. De toutes ses oeuvres, après le premier ouvrage cité précédemment, le  connu est une Etude Complète de la Médecine dans lequel il a inséré des extraits  d’auteurs anciens concernant les maladies et la thérapeutique et où il rapporte des cas cliniques personnels.« Lorsque la tête et le cou sont pesants et douloureux  pendant 4à 5 jours, voir plus encore, que le regard fuit la lumière, que les yeux larmoie en abondance, que le malade baille et  s’étire fréquemment, que l’insomnie est sévère et l’épuisement extrême, alors le malade va développer une méningite. Si la pesanteur de la tête de plus grande que la douleur et que le sommeil remplace l’insomnie alors la fièvre diminue le poul est fort sans être trop rapide et le malade s’enfonce dans un état de stupeur. Aussi à la vue de ce symptôme il faut faire une saignée. Dans ces conditions j’ai sauvé un groupe de malade alors que j’avais négligé de saigner intentionnellement un autre groupe. Ce faisant j’espérai me faire une idée. Dans le dernier cas tous les malades contractèrent la méningite. »  Al Zahrawi le grand chirurgien au nom latinisé d’Abulcasis exerça à Cordoue sous le règne de Abdel Rahman IIIAl Nasir deux 912 à 961.Son Tasrif est une synthèse des connaissances médicales connu à son époque. Il décrit sur la longueur de 30 ouvrages un corpus de 325 maladies, exposées selon un ordre naturel en allant de la tête aux pieds. Le 30e livre concerne la chirurgie ; il est divisé en trois parties : la première partie traite de la cautérisation et il parle d’assurer l’hémostase par une compression digitale suivie d’une touche au fer chaud. Dans la deuxième partie il décrit les interventions pour laquelle on fait usage du bistouri ainsi que la chirurgie oculaire et dentaire, l’opération de la pierre , l’obstétrique, l’extraction des flèches etc. il recommande l’emploi des dents artificielles en os ou de boeuf, il dépeint également les méthodes de traitement des blessures et toutes les sutures possibles. Il fait la description des différents instruments et outils chirurgicaux en illustrant son ouvrage avec des figures et des schémas. Dans la troisième partie l’auteur de l’auteur traite des fractures et des luxations, il décrit la position gynécologique et signalent certains appareils gynécologiques ; il renseigne sur la technique de la trachéotomie,  du traitement des fistules, de la cure herniaire, des trépanations et des amputations. Il semblait connaître l’opération du goitre et pratiquer la résection des anévrysmes des membres. Concernant l’incision du larynx, la trachéotomie, il la décrit de la manière suivante :« une fois l’opération décidée, il faut inciser au-dessous du troisième ou quatrième anneau de la tranchée, peu largement et en travers, entre deux anneaux, de manière à ne point intéresser les cartilages, mais seulement la membrane cartilagineuse. Laisser quelques temps la plaie ouverte. Quand vous jugerez qu’il y a plus de  dangers de suffocation, vous réunirez les deux lèvres de la plaie , mais en ne comprenant dans la ligature que la peau et non les cartilages. Vous panserez ensuite avec des médicaments qui excitent les chairs jusqu’à la guérison. »« Quand le cancer débute et qu’on veut en arrêter le progrès, il faut cautérisé en suivant les contours. Quelques médecins recommandent de cautériser  au milieu : ce n’est pas mon opinion. Je crains qu’il ne s’ulcère et je l’ai observé plusieurs fois. Il vaut mieux cautériser avec un cautère circulaire ou circonscrire le cautère  par plusieurs pointes de feu. » Il  décrit l’hémophilie ainsi que la tuberculose osseuse. Il enseigne tous les types de sutures : en 8, par surjet, sur tiges. La source principale de ce traité intitulé Tasrif  est l’encyclopédie médicale écrite à Alexandrine par Paul d’Egine au milieu du VIIe siècle. Abulcasis inséra néanmoins de nombreuses observations et des opinions personnelles.Le connu de tous les médecins arabes est probablement Abou Ali al Hussein ben Abdallah ben Sina plus connu sous le nom latinisé d’Avicenne, né en 980 près de Boukharra en Asie centrale. Après avoir étudié la philosophie et la médecine il voyage dans les territoires arabes d’Orient. Il  sert comme Vizir ou d’un souverain Bouyide à Hamadan  de 997 à 1021 en perse occidentale non loin de Bagdad.  Il fut un auteur des plus prolifiques car nous lui connaissons près de 270 titres d’ouvrages. De grands ouvrages sont retenus dans la tradition : le livre de la guérison et le célèbre canon de la médecine. Ce dernier ouvrage servi de base à sept siècles d’enseignement et de pratiques médicales. Il est traduit par Gérard de Crémone entre eux en 150 et 1187. Il figure dans le plus ancien programme connu de l’enseignement donné à l’école de médecine de Montpellier. C’est une somme claire et ordonnée de tout le savoir médical de l’époque d’Avicenne accrue de ses propres observations. Il est divisé en cinq livres :le premier sur les généralités sur le corps humain, la maladie, la santé le traitement et les thérapeutique générale.Le second comprend  la matière médicale et la pharmacologie.Le troisième expose les pathologies étudiées par organe ou plutôt par système.Le quatrième s’ouvre par le  célèbres traité des fièvres , le traité des signes, des symptômes diagnostics et pronostiques, la petite chirurgie, les tumeurs, les blessures, les fractures, les morsures et le traité des poisons ; le cinquième livre contient la pharmacopée.Avec Avicenne et Rhazès , la médecine atteignit e des sommets et s’imposa aux générations suivantes sous sa forme définitive. Les étudiants ont commencé leur initiation par les Aphorismes d’Hippocrate, les questions  de Hunayn Ibn Ishaq, le guide Rhazès . Ils passèrent ensuite au trésor de Thabit ibn Qurrah, et à  dédicace à al Mansour de rhazès.. Enfin il aborde l’étude des 16 traités de Galien, du continent et du canon point culminant du cursus médical. D’autres encyclopédie médicale de valeur firent leur apparition en arabe et  en persan mais la prééminence du canon demeura et  l’autorité de son auteur se maintint  jusqu’au XVIIe siècle en Occident et en Orient jusqu’à nos jours.Les Banou Zuhr sont  une famille de savants originaires d’Arabie et installée au début du Xe siècle dans la partie orientale de l’Espagne. Abou marouan Zuhr en fut le premier médecin son fils, Abulelizor avaient une très forte connaissance  des médications, il était spécialisé dans l’examen des urines et du pouls.Avenzoar fils du précédent est le plus connu de la famille. Certains historiens le considèrent comme le plus grand médecin de l’école arabe. Il rédigea un manuel pratique des traitements et régimes, un livre des aliments. Ces observations lui permet une description des tumeurs, des l’abcès , la paralysie du pharynx, l’inflammation de l’oreille moyenne, il pratique trachéotomie ainsi que l’alimentation entérale par l’oesophage ou le rectum il décrit l’agent de la gale, le sarcopte scabiei.Ibn Rushd connu dans le monde latin sous le nom d’Averroès, il doit cette renommée à la philosophie de la médecine il naît à Cordoue en 1126. D’abord le juge a suffi, il fut nommé le grand au juge de Cordoue. Il compose une encyclopédie intitulée Colliget dont il faut noter le sixième livre consacré à l’hygiène.Maïmonide  1136-1205 né à Cordoue se rendit très jeune en Orient chassé par les persécutions des Almohades puis se fixa en Égypte. C’est un médecin juif d’Espagne très connu pour ses écrits talmudique. Il aurait été le médecin de Saladin.

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Ibn Nafis : XIIIe siècle période de grandeurs et de décadence.

Le grandeur durant le règne de Saladin, décadence après les massacres et la prise de Bagdad par les Mongols. Né à Damas, il étudia la médecine sous la direction d’ Ibn Ad Dachouar. Il devint le médecin personnel du sultan Baybars, en occupant la fonction de médecin-chef d’Égypte. Il semblerait que ce soit ce médecin qui contribua principalement  à la découverte de la circulation du sang ou circulation pulmonaire. Sa théorie de  la circulation du sang, partant du ventricule  droit par l’artère pulmonaire , arrivant au poumon rejoignant le ventricule gauche par la veine pulmonaire semble avoir été rédigé par ses soins. En 1924, un jeune égyptien préparant sa thèse en médecine à la faculté allemande de Fribourg dépouillait des sources en arabe et  découvrit les écrits attribués à Ibn Nafis. Une réappropriation par les arabes de cette découverte fondamentale est en cours.

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