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Paris: une conférence sur la liberté de la presse en “France” (Asdhom)

Une conférence pour la liberté de la presse en France, organisée à Paris à l’initiative de l’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (Asdhom)

Les gros moyens sont déployés et un important dispositif a été mis en place par “les bailleurs de fonds” pour la réussite de cette conférence…

La France, se trouve au 33ème rang, derrière l’Afrique du Sud, et loin derrière beaucoup de ses partenaires de l’Union européenne. Ce classement repose sur un questionnaire détaillé autour de sept thématiques qui a été adressé à des professionnels des médias : le pluralisme ; l’indépendance des médias ; l’environnement et autocensure ; le cadre légal ; la transparence ; les infrastructures ; enfin les exactions, qui comptent pour une part plus importante dans le barème.
Les sociétés de journalistes de 33 médias, avec le concours des syndicats de journalistes et des associations professionnelles, publient une tribune commune sur la violence qui s’abat sur les journalistes.

Partout en France, lors des manifestations des «gilets jaunes», des journalistes sont empêchés d’exercer, insultés, malmenés physiquement, voire blessés, par des manifestants et/ou des policiers. Des journaux font face à des intimidations et à des blocages de parution. Sur les réseaux sociaux, les invectives sont légion à l’encontre des médias.
Empêcher les journalistes de faire leur travail, c’est empêcher les citoyens d’être informés, c’est tout simplement menacer la démocratie.

Les Sociétés de journalistes (SDJ) et Sociétés de rédacteurs (SDR) de nombreuses rédactions, des associations de journalistes, des syndicats, ainsi que le collectif Informer n’est pas un délit et Reporters sans Frontières (RSF) condamnent de la manière la plus ferme les violences. Ils rappellent avec force que la liberté d’informer est fondamentale et indispensable à une démocratie saine. Les journalistes sont là pour rapporter les informations, y compris dans les pays où la liberté de la presse n’existe pas.

Ils apportent leur soutien à l’ensemble des journalistes et accompagnants qui, ces dernières semaines, ont été agressés ou blessés en couvrant des mobilisations de «gilets jaunes».

Les Sociétés de journalistes (SDJ), Sociétés de rédacteurs (SDR) ou Société civile des journalistes de: l’AFP, Challenges, La Tribune, Le Figaro, Le JDD, Le Monde, Le Parisien – Aujourd’hui en France, Le Point, Les Echos, L’Express, Libération, L’Obs, Paris Match, Premières lignes, Télérama, Sud-Ouest, 20 Minutes, M6, France Info, Franceinfo.fr, France Inter, Europe 1, Radio France, RFI, RTL, BFMTV, Cnews, Franceinfo TV, France 2, France 3, France 24, LCP, TF1 Reporters sans frontières (RSF), l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), l’Association des journalistes parlementaires (AJP), l’Association des journalistes médias (AJM), l’Association de la presse judiciaire (APJ), l’Association de la presse présidentielle (APP), le collectif Informer n’est pas un délit, Le Syndicat national des journalistes (SNJ) , le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), la CFDT-journalistes

« Si la presse d’État hexagonale opère une stricte censure sur l’ampleur des violences du régime contre les Gilets Jaunes, il n’en va pas de même pour l’opinion publique internationale.

Ce qui choque particulièrement l’éditorialiste, basé à Berlin, ce sont les mesures répressives annoncées par l’Etat Français. « Même en Russie, cependant, la police ne peut pas simplement mettre quelqu’un sur une liste d’interdiction de manifester publiquement. Et se couvrir le visage, même durant une manifestation devenue violente ayant entraîné des dommages pour des personnes ou des biens, n’est punissable que d’une peine maximum de 4,000 euros et de 20 jours de prison. Le projet français – avec une peine d’amende de 15,000 euros et un an de prison – est beaucoup plus dur » écrit Leonid Bershidsky. « Le régime de Poutine fait beaucoup d’efforts pour éviter les accusations d’arbitraire qui sont inévitables quand la police décide de qui est autorisé à manifester de qui ne l’est pas. Et s’il veut empêcher les manifestants de dissimuler leur identité, il ne mettra jamais en prison quelqu’un pour avoir porté une écharpe afin d’éviter l’effet du gaz lacrymogène, quelque chose qui pourrait bien devenir la règle si le projet français devient réalité » souligne encore le journaliste. Ces analyses, qui tranchent avec le lourd silence imposé par la presse d’État hexagonale, sont particulièrement frappantes. La presse américaine est connue pour régulièrement dénoncer, en des termes très durs, la Russie de Vladimir Poutine. Qu’un de ses critiques en viennent à trouver le président russe plus libéral que Macron en dit long sur la fuite en avant du régime en France. »

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En France, il n’y a pas eu de journalistes tués depuis l’attentat de “Charlie Hebdo”, mais les autorités disposent d’un arsenal législatif contre la haine, les discriminations et le racisme qui peut conduire des médias ou des journalistes à des condamnations judiciaires. Il est certes normal de pouvoir sanctionner un journaliste ou un citoyen qui appelle au meurtre, à commettre des délits, ou qui se rend coupable de diffamation. Ces actes sont punis dans tous les pays démocratiques. Mais la loi française va trop loin, elle peut être utilisée pour faire taire des opinions divergentes. Et cela risque d’empirer.
Le détail du rapport sur la France de RSF met l’accent sur la concentration des médias entre les mains de quelques propriétaires, qui de ce fait influencent leur ligne éditoriale. C’est le cas par exemple de Vincent Bolloré, qui aurait promu le Togo sur sa chaîne de télévision Canal +, où il a investi massivement dans la construction de ses infrastructures, notamment le port de Lomé (ajoutons qu’il a versé des pots de vin aux dirigeants du pays pour obtenir le marché…). Le rapport ajoute que le groupe Vivendi, propriété, ainsi que son partenaire, la holding luxembourgeoise Socfin, intentent abusivement de nombreux procès en diffamation contre des médias concurrents ces dernières années.

Le rapport de “l’ONG Reporters Sans Frontières” termine sur un projet de loi gravissime, visant à interdire les «fake news», qui menace dangereusement la liberté de la presse. Non content d’obliger les acteurs du numérique à un « devoir de coopération », il leur imposera des obligations de transparence concernant leurs contenus sponsorisés, pour vérifier que certains n’émanent pas de campagnes de déstabilisation, et permettra aux internautes de connaître l’identité des émetteurs.

Cette loi renforcera les pouvoirs du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, le sinistre CSA. Rappelons qu’il bénéficie déjà de privilèges exorbitants. Il peut infliger de lourdes amendes à des chaînes de télévision et suspendre une émission si son « code de déontologie » est violé. Il peut s’autosaisir, ou l’être par des signalements de téléspectateurs : une forme de délation. Tout ce qui va à l’encontre d’un progressisme bon teint et du politiquement correct est dans son viseur. Bientôt, ses pouvoirs, actuellement limités à la télévision, s’étendront à Internet, ouvrant la voie à sa censure comme dans beaucoup de régimes autoritaires… La ligne éditoriale même des journaux télévisés est scrutée.
Mais ce n’est que le début : l’actuel projet de loi, qui devrait être débattu à la mi-mai à l’Assemblée nationale, ira encore plus loin : le CSA pourra carrément « « empêcher, suspendre ou mettre fin » à la diffusion d’une télévision contrôlée par – le texte dit « sous influence » d’un Etat étranger. ». La chaîne de télévision RT est clairement dans le viseur. Espérons que les contre-pouvoirs démocratiques joueront cette fois leur rôle, d’abord le Conseil Constitutionnel, qui devrait être saisi par les quelques parlementaires encore attachés à la liberté de la presse. Si c’est insuffisant, il faudra attendre qu’un média menacé porte l’affaire jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH).

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