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MONDE ARABE: Le pouvoir et les islamistes. Comment le PJD marocain est le seul à s’est être maintenu au pouvoir.

  ALGER - Le questionnement autour du rôle de l'islam dans les systèmes politiques et les sociétés arabes n'est pas un phénomène récent.  afp.com/Farouk Batiche

Photo: ALGER – Le questionnement autour du rôle de l’islam dans les systèmes politiques et les sociétés arabes n’est pas un phénomène récent. afp.com/Farouk Batiche

« Printemps arabe » ou « hiver islamique« , peu importe. En réalité, les pays de langue arabe et majoritairement musulmans sont en train, depuis la chute de Ben Ali en Tunisie le 14 janvier 2010, de traverser l’une des périodes les plus critiques de leur histoire politique et intellectuelle. Ces mobilisations contestataires lancées par des jeunes révoltés contre la « corruption » et le règne « des hommes d’affaires » revendiquant « libertés, justice sociale et démocratie » sont reprises par la suite par les mouvements islamiques.

De tous les « islamistes » que le printemps arabe a ‘intronisé’, le PJD marocain est le seul à s’est être maintenu au pouvoir.

Les architectes et consorts du PJD se sont révélés bien plus sages, plus intelligents, voir grands artistes du louvoiement et de l’esquive, que leur ‘frères’ de l’orient (Egypte, Tunisie, Libye et Yémen), qui n’ont pas survécu au chaos post-Printemps arabe.

 

Algérie,  FIS ( Front islamique du salut) un « mort-né« , lors des élections locales du 12 juin 1990, premières élections libres en Algérie depuis son indépendance ; le FIS remporte alors 953 communes sur 1539 et 32 wilayas (provinces) sur 481. Il obtient dès lors 54% des suffrages exprimés.

 Le 11 janvier 1992 restera, dans la mémoire collective algérienne, une date funeste, un contre sens de l’histoire, qui a vu l’espoir né des événements d’octobre 1988 et d’autres combats qui les ont précédés, partir en fumée pour engager l’Algérie sur les voies de la mort et de la destruction. La dichotomie entretenue sur les événements de cette période, avec l’aide de la presse locale et étrangère et le silence complice de plusieurs Etats, – et qui consistait à mettre d’un côté les bons et de l’autre les méchants -, n’a pas permis, durant plusieurs années, de voir clair sur ce qui s’était réellement passé.

L’interruption du processus électoral . Après le premier tour des législatives qui donnait la majorité aux islamistes du FIS ( Front islamique du salut), le président Chadli était débarqué, les militaires éradicateurs ( qualifiés encore de « janviéristes ») prenaient le pouvoir. Pour le colonel Mohamed-Tahar Abdesselem, pas de doute. Le coup d’Etat était préparé dès 1990, lorsque sous Chadli, le général Nezzar avait été nommé au ministère de la Défense et le colonel Toufik à la tète ses services.

Egypte, Hizb al-huriyya wa-al-‘adâla (parti de liberté et de justice), branche politique des Frères musulmans égyptiens, réussit à obtenir 40% du scrutin.

Quatre ans après le soulèvement populaire, la parenthèse démocratique ouverte en Egypte à la faveur de la chute de Hosni Moubarak a été refermée. L’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, qui a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, est accusé d’avoir instauré un régime encore plus autoritaire que celui de l’ancien raïs, réprimant toute opposition, islamiste mais aussi laïque.

La grande civilisation égyptienne est fortement ancrée dans la mémoire collective du peuple égyptien, ahuri, pendant la période Morsi, d’entendre chaque jour les Frères musulmans proposer des projets les uns plus saugrenus que les autres visant à gommer petit à petit un passé aussi prestigieux .

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Un exemple? Les proches de l’ancien président Mohamed Morsi, actuellement jugé au Caire pour son évasion de prison en 2011, avaient envisagé de recouvrir de cire les statues représentant des pharaons et dieux de l’Ancienne Egypte, monuments par eux considérés comme idolâtres et donc, incompatibles avec l’application de la Charia! La majorité des Égyptiens ont refusé l’ensevelissement de leur passé au profit d’une renaissance « panislamique » et ont donc soutenu le coup de force de l’armée dirigé par le Général Sissi qui a fait arrêter la plupart des leaders islamistes.

Tunisie, Ennahdha, suite à la révolution de Jasmin, devient un acteur majeur de la scène politique tunisienne. Hizb An-Nahda (la Renaissance), version tunisienne des Frères musulmans, remporte les élections législatives en Tunisie avec 42% des votes.

à l’exercice du pouvoir, Ennahdha n’a pas réussi à résoudre la crise politique, économique (15,4% de chômeurs fin 2015) et sociale.

Le peuple n’avait pas eu besoin de l’armée et d’un général à la poigne de fer pour infliger une sévère défaite à Ennahda qui s’est retiré du pouvoir sous la pression conjuguée de la société tunisienne et des autres forces politiques du pays. La constitution qui sera prochainement votée par le Parlement défend des principes de pluralisme, d’indépendance et de parité/hommes femmes jamais vus dans aucun pays arabe. Puis auront lieu, courant 2014, les élections présidentielles et législatives qui devraient porter au sommet de l’Etat une coalition en phase avec cette nouvelle constitution.

Royaume du Maroc, cinq ans après leur arrivée au pouvoir, en 2011, les islamistes du PJD ont donc réussi leur pari : rempiler pour un deuxième mandat à la tête du gouvernement. Arrivé au pouvoir en 2011, dans le sillage des « printemps arabes », le parti de la lanterne – l’emblème de la formation

C’est le ‘News Fulton County’, un média américain de l’Etat de Géorgie, qui l’a affirmé.

En effet, dans un article consacré au constaté ‘succès’ des islamistes du PJD au Maroc, le journal américain, ‘News Fulton County’ a indiqué que le PJD a su se maintenir au pouvoir au Maroc et son avenir y demeure prometteur, comme le prouvent les résultats des derniers scrutins régionaux / communaux, tous cela grâce à sa ‘grande intelligence’.

Citant les explications de politologues locaux, ‘News Fulton County’ a relevé que le PJD ne s’est pas laissé enivrer par le pouvoir.

Au contraire, il n’a point cherché à imposer aux marocains, ses perceptions (souvent ses lectures à travers des prismes religieux) des grandes questions de la société.

Il a, souligne la publication US, su esquiver les conflits politiques et intellectuels entourant un certain nombre de questions sociétales controversées.

Et puis sa grande réalisation, souligne le journal US, il a réussi sa cohabitation avec la monarchie et a profité de la faiblesse de la classe politique, dite classique, Istiqlal et USFP, pour occuper le terrain et y demeurer sur un tremplin…⇒ Source

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