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Mauritanie: Arrestation de Birame Dah Abeid, le leader anti-eclavagiste.

Le régime en place montre de jour en jour la face hideuse du racisme d’Etat qui gouverne la Mauritanie. Sinon, une simple plainte pour diffamation, ne saurait conduire un procureur de la République à ordonner nuitamment l’arrestation d’une personnalité nationale bien connue. 
Biram Ould Dah Ould Abeid
Biram Ould Dah Ould Abeid
Biram Ould Dah Ould Abeid est lauréat de plusieurs prix et distinctions pour la défense des Droits Humains décernés par des institutions et organismes internationaux. Les plus importants en sont : Prix Lawson James 2016 (USA) –Prix des héros contre l’esclavage et la traite des personnes 2016 (USA)-Tulipe des Droits de l’Homme 2015 (Pays-Bas) – Nomination pour le prix Nobel de la Paix 2014 Le prix Echos Of Africa pour l’année 2014 (Philadelphia, Pennsylvania, Etats-Unis d’Amérique) Le Prix de l’ONU pour la cause des Droits de l’homme, 2013 Le Prix Front Line Defenders pour défenseurs des Droits de l’homme en danger, 2013 Nomination pour le Prix Sakharov de l’Union Européenne en 2013. Le Prix de la ville de Weimar pour les Droits de l’homme, 2011 Candidat aux élections présidentielles mauritaniennes de 2014, Biram Dah Abeid arrive second, en situation de premier opposant du régime en place. Militant des Droits de l’homme, et plus particulièrement du combat pour l’éradication de l’esclavage en Mauritanie, Biram Ould Abeid a été Membre du Bureau exécutif de l’OrganisationArabe des Droits de l’Homme (2006), Chargé de mission auprès du Président de SOS Esclaves (2002 à 2008) et membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (2007 à 2010). En 2008, il a créé l’Initiative pour la Résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) dont il est toujours le président et la figure de proue. Ce combat pour la dignité et le respect de la personne humaine a valu à Ould Abeid de connaître les prisons mauritaniennes à maintes reprises (janvier 2010, 6 mois en 2012, 18 mois de novembre 2014 à mai 2016, actuellement il est en liberté provisoire), d’être jeté en pâture à la vindicte populaire et au lynchage médiatique par l’Etat mauritanien mais aussi par certaines autorités morales et religieuses du pays. Le sommet des campagnes dont il fut victime a été atteint lorsqu’il a organisé le 27 avril 2012, en compagnie de militants d’IRA une prière en dehors de la mosquée suivie de l’incinération symbolique de manuel de jurisprudences malikites qui prônent l’esclavage et le justifient. Titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en histoire (2001, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal), Ould Dah avait exercé le métier de greffier dans les tribunaux de Mauritanie de 1986 à 2001. Ayant suivi un grand nombre de formation et de séminaires dans le domaine de la lutte pour le respect des droits de l’homme, Ould Abeid a développé une grande expertise dans ce domaine qui fait de lui le spécialiste du combat pacifique, mais d’une redoutable efficacité, contre les dictatures et les despotismes en tous genres. Né en 1965 à Rosso (Sud du pays), ce père de cinq enfants a su allier le combat politique et une vie familiale dans laquelle l’appui de son épouse et compagne de combat, Leila Mint Ahmed, constitue un atout de toute première importance. Parlant un arabe littéral redouté par ses contradicteurs les plus chevronnés, Biram Ould Dah manie également le français avec dextérité. A ces deux langues qui lui servent d’outil d’ouverture et de combat politique quand il s’adresse à un auditoire de lettrés ou d’instruits, le candidat ajoute sa grande aisance en pulaar, wolof et hassanya. Militant de son temps, Ould Dah est grand consommateur de communication via les réseaux sociaux et les nouveaux outils de communication.

Pourquoi envoyer des policiers nuitamment le quérir comme s’il s’agissait d’un redoutable criminel ? Pourquoi ne pas attendre le matin et lui envoyer une convocation ? La forme musclée et théâtrale de l’arrestation de Birame montrait clairement la volonté d’humilier, une sorte de vengeance de clan pour corser encore plus la facture et donner à une plainte pour diffamation supposée, l’allure d’une cabale conte le plus dangereux des criminels. Pourtant, le même empressement à réagir à cette plainte, n’est pas la même, quand une femme enceinte de huit mois, battue par un ex-policier vit le procureur en question refuser d’enregistrer sa plainte.

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De quoi s’agit-il au juste? Une personne prétendument journaliste décide à quelques encablures d’élections où Birame est doublement candidat, de monter un documentaire dont le caractère pernicieux, destiné à faire mal, violait toutes les règles de la déontologie journalistique. En effet, sans complaisance, sans aucune recherche de l’équilibre et de l’équité dans le traitement journalistique connu, le documentaire avait pour objet principal d’abattre un homme en salissant son nom et en le montrant sous ses traits les plus monstrueux.

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En réaction à ce documentaire de basse œuvre, Birame contre-attaque en affabulant de tous les noms d’oiseau, l’auteur d’un tel montage grossier.  L’insulteur en premier se tourne alors vers la confrérie pour trouver solidarité, comme dans tous les coups-fourrés où hélas certains prétendants au titre de journalistes après des bavures cherchent consolation de la fratrie.  Non satisfait par le refus de Birame d’abdiquer en lui demandant réminiscence, il introduisit une plainte, qui ne semble pas être comme toutes les autres plaintes de la même nature. S’en suivit, la descente policière la nuit pour cueillir un homme qui s’apprête à entrer dans l’arène électorale.

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Cette tournure en dit long sur la nature politique d’une telle arrestation et ne fait que confirmer le jeu trouble dans lequel notre “journaleux” tient le plus sale rôle. Celui de faciliter la neutralisation d’un adversaire politique craint par le régime en place, dont le parti est miné par les défections, les mécontentements et qui se trouvent mal partis pour les prochaines consultations. Sinon, pourquoi  le Procureur décide de violer la loi qu’il est sensé vouloir appliquer en refusant l’accès des avocats de Birame à leur client? La loi n’impose-t-elle pas, dans les 24 heures suivant l’arrestation que tout prévenu ait droit à la présence de son avocat et de sa famille ?

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Avec, Source

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