Home / CULTURE / La lutte contre la corruption en Afrique, le grand défi

La lutte contre la corruption en Afrique, le grand défi

3

cgeci¹: La Banque Mondiale avait publier l’édition 2010 de ses Indicateurs du Développement pour l’Afrique(ADI-2010).

Dans ce  rapport, Shanta Devarajan, économiste en Chef chargé de l’Afrique à la Banque Mondiale se penche sur un mal qui ronge les économies africaines, la ‘corruption discrète’.

Celle-ci, difficile à observer et à quantifier, englobe plusieurs types de fautes professionnelles notées parmi les enseignants, médecins, inspecteurs et autres représentants de l’État. Elle se manifeste par des agissements comme l’absentéisme et le contournement délibéré de règlements à des fins personnelles. Ce type de corruption a de sérieuses répercussions négatives sur les populations africaines.
La ‘corruption discrète‘ est profonde et très répandue en Afrique et a des effets disproportionnés sur les pauvres, donc des conséquences à long terme sur le développement, selon le nouveau rapport , ADI-2010, de la Banque mondiale.
Ce type de corruption est définie comme le manquement des fonctionnaires au devoir de fournir les biens ou services financés par les administrations publiques.

‘ADI-2010′ se concentre plutôt sur la façon dont la ‘ corruption discrète’ conduit les populations à compter de moins en moins sur les systèmes de prestation de services, ce qui incite les familles à s’en détourner. La corruption discrète, bien qu’elle soit d’une ampleur monétaire moindre que celle d’autres formes de corruption, a néanmoins des conséquences particulièrement préjudiciables sur les pauvres, qui sont singulièrement vulnérables et très dépendants des services publics pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.  

Comme la partie immergée d’un iceberg, la ‘corruption discrète‘ ne fait pas autant les grands titres des journaux que les scandales de pots-de-vin, mais elle a des effets aussi corrosifs sur la société‘, selon l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Afrique.
Selon lui, ‘la lutte contre la corruption discrète exige de la détermination et de l’engagement de la part des dirigeants et des institutions, comme en matière de politiques, au niveau sectoriel, et — surtout — une responsabilisation accrue et la participation des citoyens‘.
Le rapport rassemble des données et des études sur la corruption discrète dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. Par exemple :
  • En raison de la faiblesse des contrôles exercés au niveau de la production et de la vente en gros,  43 % des engrais analysés vendus en Afrique de l’Ouest dans les années 90 ne contenaient pas les substances nutritives escomptées, ce qui les privait quasiment de toute efficacité.;
  • Durant les années 90, selon certaines études, plus de 50 % des médicaments vendus dans les pharmacies du Nigeria étaient des contrefaçons;
  • Une enquête d’observation directe réalisée au sujet des prestataires de services de santé en Ouganda a enregistré un taux d’absentéisme de 37 % en 2002 et de 33 % en 2003.
A Lire aussi  La nouvelle politique migratoire au Maroc, deux ans d’un courageux programme d’immigration
Un des aspects les plus préjudiciables de la corruption discrète est que cette pratique peut avoir des conséquences à long terme.
Ainsi, par exemple,
  • un enfant qui ne reçoit pas d’éducation adéquate en raison de l’absentéisme des enseignants souffrira d’un manque de capacités cognitives et d’une mauvaise santé à l’âge adulte;
  • Les agriculteurs à qui l’on a vendu des engrais adultérés peuvent décider de renoncer complètement à l’utilisation d’engrais et se contenter d’une agriculture à faible rendement.

Les Indicateurs du développement en Afrique 2010 comprennent aussi des indicateurs économiques, des tableaux et une analyse expliquant pourquoi la corruption discrète entrave à ce point la réalisation d’objectifs de développement à long et à court terme.

Outre l’étude sur la corruption discrète, les Indicateurs du développement en Afrique contiennent le recueil de données sur l’Afrique le plus détaillé qui soit disponible en un seul volume.
Le rapport comprend plus de 450 indicateurs macroéconomiques, sectoriels et sociaux portant sur 53 pays africains.
Le rapport utilise de nouveaux outils de recherche tels que l’Enquête de suivi des dépenses publiques et l’Enquête quantitative sur les prestations de services, qui ont permis aux chercheurs de suivre les ressources et de contrôler l’assiduité des prestataires de services de première ligne.
Les résultats de ces recherches et de ces enquêtes permettent de mieux comprendre un vaste éventail d’abus et ont contribué à redéfinir le débat en matière de corruption.

Le classement 2016 des pays africains les plus corrompus :

Classement Africain Pays Classement mondial

1er Botswana 35ème

2ème Cap Vert 38ème

3ème Maurice 50ème

3ème Rwanda 50ème

5ème Namibie 53ème

6ème Sao Tomé & Principe 62ème

7ème Senégal 64ème

7ème Afrique du Sud 64ème

9ème Ghana 70ème

10ème Burkina Faso 72ème

11ème Tunisie 75ème

12ème Lesotho 83ème

13ème Zambie 87ème

14ème Libéria 90ème

14ème Maroc 90ème

16ème Bénin 95ème

17ème Gabon 101ème

17ème Niger 101ème

19ème Côte d’Ivoire 108ème

19ème Ethiopie 108ème

19ème Algérie 108ème

19ème Egypte 108ème

23ème Mali 116ème

23ème Tanzanie 116ème

23ème Togo 116ème

26ème Malawi 120ème

27ème Djibouti 123ème

27ème Sierra Leone 123ème

28ème Nigeria 136ème

29ème Guinée 142ème

29ème Mauritanie 142ème

29ème Mozambique 142ème

32ème Cameroun 145ème

32ème Gambie 145ème

32ème Kenya 145ème

32ème Madagascar 145ème

36ème Ouganda 151ème

37ème Comores 153ème

38ème Zimbabwe 154ème

39ème RD Congo 156ème

40ème Burundi 159ème

40ème Republique centrafricaine 159ème

40ème Tchad 159ème

40ème Congo 159ème

44ème Angola 164ème

44ème Erythrée 164ème

46ème Guinée Bissau 168ème

47ème Libye 170ème

47ème Soudan 170ème

49ème Soudan du Sud 175ème

50ème Somalie 176ème

Source

¹: CGECI (Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire – Patronat ivoirien)

About Mohammed Gherrabi

Check Also

Sommet UA-UE

Abidjan / Sommet UE-UA: La position de l’UE inchangée quant à la non-reconnaissance de la pseudo «rasd»

La participation au Sommet Union Européenne-Union africaine, qui aura lieu fin novembre à Abidjan, ne …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>