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L’uranium du Niger, nerf de l’électricité en France, le Niger importe son électricité des pays voisins

Des responsables d'un bureau de vote, surpris par une coupure d’électricité, le 21 février 2016 à Niamey, alors qu'ils sont en pleine opération de dépouillement des bulletins, (Crédits : Reuters)
Des responsables d’un bureau de vote, surpris par une coupure d’électricité, le 21 février 2016 à Niamey, alors qu’ils sont en pleine opération de dépouillement des bulletins, (Crédits : Reuters)
80% de l’électricité produite en france provient de l’exploitation de l’uranium du Niger faite par le groupe français AREVA.

«Ces délestages nous dérangent beaucoup. Le président Mahamadou Issoufou a pourtant fait de la résolution du problème d’électricité son cheval de bataille en construisant la centrale de Gourou Banda. Mais la centrale est inaugurée et le problème n’est pas résolu. Je ne comprends pas», confie Hamadou Garba au micro de RFI.

Cependant les nigériens eux mêmes ne profitent pas de leur propre matière première qui fait de la France, l’un des trois premiers plus grands producteurs d’uranium au monde, alors que le Niger importe son électricité des pays voisins, voire même la Côte d’Ivoire.

Le réseau de routes principales reliant des centres urbains miniers tel Arlit, Agadez et Niamey est connu sous le nom de ‘’l’autoroute de l’uranium’’. Développé entre 1970 et 1980, la route reliant le nord au sud du Niger fait office d’artère principale pour faciliter le transport des ressources liquéfiées d’uranium. Le réseau lui-même fait partie de la route transsaharienne, un ancien système utilisé depuis des temps immémoriaux par les habitants de ‘’Tinariwen’’ ou le Désert des Innombrables, selon le terme sous lequel le Sahara était connu par ses fils, y compris les Hausa et les Touaregs.

Le Niger, qui exporte 7,7,% de l’uranium mondial, se situe avec constance parmi les cinq premiers exportateurs avec le Canada, l’Australie, le Kazakhstan et sa production est au même niveau que celle de la Russie. La ville d’Arlit, à elle seule, fournit largement les anciens seigneurs coloniaux, la France, en uranium. Un approvisionnement requis pour le programme nucléaire de l’Hexagone et ses centrales nucléaires estimées au nombre de 59.

Avec 80% de son électricité d’origine nucléaire, la France est le pays le plus dépendant de son approvisionnement en uranium. C’est aussi le deuxième consommateur mondial après les Etats-Unis, avec 10000 à 11000 tonnes par an, destinées à la production de combustible pour ses 63 réacteurs nucléaires.
Depuis vingt ans, la production minière internationale est nettement inférieure à la consommation. Un tiers de l’uranium utilisé est dit « secondaire », issu de stocks civils ou militaires, ou encore d’uranium appauvri. Mais ces ressources commencent à diminuer, et devront dans les prochaines années être compensées par un accroissement des volumes extraits des mines.

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Compte tenu du temps nécessaire entre la prospection et la mise en activité d’un gisement, une pénurie passagère sur le marché mondial est possible. A l’heure où de nombreux pays — notamment la Chine, mais aussi la Russie ou l’Inde — se lancent dans de vastes programmes de construction de réacteurs nucléaires, les régions qui détiennent des réserves exploitables font donc l’objet de toutes les attentions. C’est une véritable course à l’uranium qui se joue, les pays utilisateurs cherchant à se placer au mieux sur les rangs pour l’exploitation des gisements les plus prometteurs.

Il est grand temps pour les pays africains d’arrêter de laisser leurs matières premières à la merci des entreprises américaines,  européennes et asiatiques qui les exploitent au plus bas coût qu’il en soit.

Mais les citoyens du Niger ne sont pas restés les bras croisés. Le Mouvement du Niger pour la Justice, actif depuis 2007 mené par un ancien fonctionnaire des Forces armées du Niger, a demandé une plus grande part des revenus de l’uranium, la protection contre la dégradation de l’environnement et l’accès à des biens comme l’eau, des installations sanitaires, l’instruction et l’électricité qui sont des droits constitutionnels. Le gouvernement a rejeté le mouvement de la société civile comme étant des trafiquant de drogues anti-démocratiques.

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