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Le protestantisme à la conquête de l’Afrique

Depuis le VIIème siècle l’Afrique est le deuxième continent, après l’Asie, dans lequel l’islam s’est développé, et ce dès le viie siècle. L’islam s’est d’abord propagé en Afrique du Nord, à la fois grâce aux conquêtes militaires et aux échanges commerciaux, l’Europe est coupée du reste du monde et le restera pendant de nombreux siècles. Mais sous l’impulsion de la Renaissance, dès le milieu du XVème et surtout au XVIème siècle, les arts, la philosophie, les sciences et les techniques font des progrès spectaculaires. Dès lors, l’Europe asphyxiée bouillonne : cette « marmite sous pression » va trouver son exutoire dans les Grandes Découvertes. Les Portugais contournent l’Afrique par le sud pour renouer avec les Indes, l’Indonésie, la Chine. En 1492, les Espagnols envoient Christophe Colomb vers l’ouest, où, croyant rejoindre les Indes, il « découvre » l’Amérique. La supériorité des techniques et des armements des Européens leur permet de conquérir ces territoires relativement facilement et avec une cruauté ignoble, particulièrement en Amérique du Sud. Or, le système du « Patronat » a étroitement mêlé colonisation et mission : Le pape, confie à son Église la responsabilité de ce nouveau monde. La papauté délègue dès lors aux rois catholiques (ibériques) la gestion de ces terres et leur accorde le profit des richesses qu’elles recèlent à condition qu’ils se chargent d’en évangéliser les habitants. Malgré de belles exceptions, il faut poser un diagnostic sévère sur les méthodes missionnaires du XVIème siècle, et sur la complicité colonisation-mission.

Au début du xixe siècle, quand le consul Napoléon Bonaparte redonne un statut légal aux religions en France, le protestantisme représente la première minorité chrétienne du pays avec ses deux cultes reconnus, réformé et luthérien. Le catholicisme est alors, selon les termes même du Concordat du 15 juillet 1801, « la religion de la majorité des Français ». Le protestantisme français compte, selon les estimations les plus vraisemblables, huit cent mille membres représentant 3,5 % de la population française. Après avoir connu, pendant le xviiie siècle, des persécutions, puis des tracasseries et enfin bénéficié de la tolérance, les protestants français du début du xixe siècle aspirent à se réintégrer dans la nation et à vivre dans la tranquillité. Cette attitude partagée par la majorité d’entre eux, ne donne cependant pas satisfaction à une minorité non­conformisme sur le plan religieux qui désire secouer les Églises de leur torpeur spirituelle. Il s’agit des partisans du Réveil, un mouvement religieux qui s’exprime dans des chapelles indépendantes et dans des sociétés de diffusion de la bible, d’évangélisation intérieure et demission extérieure : ainsi la Société des missions évangéliques de Paris (désormais nommée Mission de Paris) née en 1822 en pleine période de restauration de la monarchie et du gouvernement du parti catholique des « Ultras ». L’unique but de cette société est « de propager l’Évangile parmi les païens et autres peuples non­chrétiens ».

« Ce qui m’a si profondément impressionné par rapport à l’histoire de Genadendal¹, c’est que c’était un phare d’espérance et de développement dans les ténèbres d’une époque de dépossession et d’appauvrissement de nous en tant qu’hommes. Dans un temps où l’histoire de notre pays avait pris une toute une autre direction, Genadendal était un signe de ce qui était possible si chacun était accepté comme égal aux yeux de Dieu. […] Étant moi-même le produit d’une éducation missionnaire, je sais personnellement combien les églises ont été importantes dans un pays où le gouvernement n’a pris aucune responsabilité dans l’éducation de la majorité de la population. » Jacques Blandenier, Janvier 2016

Le 31 octobre 1517 est le point de départ de la Réforme. C’est le jour où le théologien allemand Martin Luther diffuse ses «95 thèses», une critique sans concession des dérives de l’Eglise de Rome, comme la vente des indulgences.

Généralement habillés à la dernière mode, entourés d’une cours de fans fidèles et de garde-du-corps, le verbe facile et une tendance à se croire en constante représentation…. Stars dans leurs églises, créés souvent de leur propre initiative et tout puissants décideurs, ils sont devenus incontournables sur les scènes francophones et anglophones de l’Afrique. A coup de croisades d’évangélisation, de « nuit du destin », de prières prophétiques… Bref événement en événement où – en fin de compte – les seules stars s’appellent « Prophète », « Bishop », « Ministre de l’évangile ».

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On ne s’y attend guère, tant l’image des pères blancs catholiques évangélisant le continent est forte. Mais le protestantisme arrive devant l’Eglise catholique en Afrique. Selon des chiffres datant de 2010, l’Afrique subsaharienne comptait alors 63% de chrétiens dont 36,6% de protestants. Chez ces derniers, les Eglises pentecôtistes et évangéliques sont en très forte progression, nous dit La Croix.

Le protestantisme a 500 ans, et en Afrique c’est même la seconde religion derrière l’islam, et devant le catholicisme. Très influencées par les racines anglo-saxonnes de ses origines, Eglises pentecôtistes et évangéliques sont même en plein essor sur le Continent, cinq siècles après le début de la Réforme.

Selon le journal, la part des protestants dépasse les 50% dans douze pays d’Afrique subsaharienne. Et ils sont majoritaires dans 20 pays. La carte couvre l’est et le sud du continent. La plus forte proportion se rencontre au Swaziland (82%). En Afrique de l’Ouest, le protestantisme est peu représenté, à l’exception des pays issus de la colonisation britannique (Ghana, Nigeria) ou du Liberia, pays fondé par d’anciens esclaves américains.

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Pasteur, ce métier qui nourrit son homme… Enfant, j’avais appris qu’être pasteur était un appel, une vocation, un don de soi. C’était des hommes – et des femmes – qui choisissaient de consacrer leurs vies à Dieu en devenant serviteurs de Dieu. Et de leurs frères. Et je pense que c’est là que le bât blesse. Le Pasteur-star est un « homme de Dieu », très souvent auto-proclamé et à la tête d’une église dont il a été lui-même le fondateur. Il vous dira qu’il a reçu un appel divin, lui donnant l’ordre de créer une église au nom évocateur. Le Pasteur-star se fait appelé « Papa », il est toujours bien habillé pour « représenter Dieu » et les cultes qu’il officie ont des airs de concert de super-stars. Comment ? L’entrée en grande pompe, entourés de « gardes du corps » ou simplement de frères, responsables de sa sécurité. Les foules de fidèles se battent pour essayer de le toucher, hurlant à tue-tête son nom. Il n’intervient pas avant qu’un « prophète » ait chauffé la salle. Ordonnant aux mauvais esprits de s’en aller et demandant au Saint-Esprit de se révéler. Après cette « première partie », le Pasteur-Star prendra enfin la parole. Je n’entrerai pas dans les détails du vrai ou du faux. Qui suis-je pour le faire ? N’empêche que trop souvent ces Pasteurs – stars sont davantage mis au devant de la scène. Tellement qu’on oublie parfois qu’ils disent porter un message de salut. Mais là encore c’est une autre histoire. Le Pasteur- star vit aux dépends de ses fidèles fans. Et pour la petite histoire, il y’a quelques années, pendant un culte le Pasteur a prit la parole pour encourager les fidèles à soutenir le petit commerce de « mama Pasteur ». Je reprends ses mots. C’est Dieu qui a décidé que nous fassions ce ministère. Nous n’avons pas de salaire. C’est vous qui nous donnez. Si vous ne soutenez pas le commerce de votre maman, qui va le faire ? Mieux. Un jour, alors que j’étais chez elle, une grande sœur a reçu un appel disant que le propriétaire du local où l’église – dont elle est membre – était installée, réclamait son loyer. Engagée avec quelques autres personnes à payer ledit loyer, il manquait sa part pour que le paiement soit fait. Elle traversait une période très dure à ce moment et a dû s’endetter pour répondre à ses obligations. Je vais faire court et éviter de parler du commerce qu’ils font, sous couvert de Dieu : vente d’huile d’onction, d’eau bénite, d’huile de massage spirituel… Un vrai business. Il faut le dire ! Beaucoup de Pasteurs, sous leurs statuts d’ « hommes de Dieu » se font entretenir par leurs fidèles, mettant en avant leur saint-sacerdoce. Autant dire que « Pasteur » est un métier qui nourrit bien son homme.

 

¹: Genadendal est une ville située dans la province du Cap-Occidental en Afrique du Sud. 

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