Home / CULTURE / Les correspondances secrètes entre Donald Trump Jr. et WikiLeaks

Les correspondances secrètes entre Donald Trump Jr. et WikiLeaks

Photo crédit: Peter Nicholls / Reuters
Photo crédit: Peter Nicholls / Reuters
Selon le magazine « The Atlantic », le site de Julian Assange aurait notamment demandé au fils du président américain de collaborer avec lui en diffusant ses fuites. « contester les résultats de l’élection et de faire en sorte que Julian Assange soit l’ambassadeur de l’Australie aux États-Unis. »
Après minuit ce jour-là, quand il était clair que Trump avait dépassé toutes les attentes et remporté la présidence, WikiLeaks lui a envoyé un message simple: « Wow ». Trump Jr. n’a pas non plus répondu à ces messages, mais WikiLeaks n’était pas découragé. « Salut Don. J’espère que vous allez bien! « WikiLeaks a écrit le 16 décembre à Trump Jr., qui était alors le fils du président élu. En ce qui concerne M. Assange: Obama / Clinton a fait pression sur la Suède, le Royaume-Uni et l’Australie (son pays d’origine) pour qu’il poursuive illicitement M. Assange. Ce serait vraiment facile et utile pour votre père de suggérer à l’Australie de nommer l’ambassadeur d’Assange à [Washington,] DC.  » WikiLeaks a même imaginé comment Trump pourrait le dire: « ‘C’est un vrai dur et intelligent et le plus célèbre australien que vous avez!’ ou quelque chose de similaire », a écrit WikiLeaks. « Ils ne vont pas le faire, mais il envoie les bons signaux en Australie, au Royaume – Uni + Suède pour commencer à suivre la loi et arrêter le plier à se faire bien avec les Clintons. » (Le 7 Décembre, Assange, proclamant son innocence, avait libéré son témoignage devant les enquêteurs de Londres qui examinaient les accusations selon lesquelles il aurait commis une agression sexuelle présumée.)

Donald Trump Jr. n’a eu d’autre choix que de confirmer. Lundi 13 novembre, le magazine The Atlantic a en effet dévoilé les extraits d’échanges entre le fils aîné du président des Etats-Unis et le site WikiLeaks avant et après l’élection de novembre 2016. Manifestement tirés des documents confiés aux commissions du Congrès qui enquêtent sur les interférences russes dans la campagne présidentielle américaine, ces échanges reconnus par Donald Trump Jr. attestent de contacts maintenus. La principale ligne de défense du fils du président, qui a publié ces échanges sur son propre compte Twitter, en fin de journée, a consisté à les relativiser. Alors que WikiLeaks l’a sollicité à plusieurs reprises, il n’aurait en effet répondu que trois fois, et assez brièvement. L’équipe de campagne de M. Trump a toujours assuré qu’elle n’était pas en contact direct avec le site qui avait publié dans les dernières semaines précédant l’élection des documents internes au Parti démocrate obtenu à la suite de piratages. Le renseignement américain a imputé ces piratages à la Russie alors que WikiLeaks nie les avoir obtenus par ce biais.

Lire aussi:⇒ Procédure d’impeachment

WikiLeaks engagé en faveur de Trump

Les échanges publiés lundi témoignent en tout cas de l’engagement total du site fondé par Julian Assange en faveur de M. Trump. Le 12 octobre, alors que WikiLeaks commence la publication des documents démocrates, il communique un lien au fils du président en suggérant que ce dernier comme son père le cite dans les messages qu’ils publient sur leurs compte Twitter respectifs. Donald Trump Jr. obtempère quelques jours plus tard.

Le 21 octobre, selon The Atlantic, WikiLeaks formule une demande non conventionnelle à son interlocuteur. Le site souhaite en effet qu’il fasse « fuiter » à des fins de publication des déclarations d’impôts du candidat républicain, qui a refusé de les communiquer contrairement à la tradition. WikiLeaks explique à Donald Trump Jr. que de telles publications conforteraient l’image d’un site impartial.

Conseils et manipulations

Le jour de l’élection, en fin d’après-midi, anticipant manifestement une victoire démocrate, WikiLeaks adresse un conseil à son interlocuteur : il souhaite en effet que Donald Trump refuse de concéder sa défaite et mette en cause la sincérité du scrutin.

« Suggérez fortement à votre père de tweeter ce lien s’il nous mentionne », continua WikiLeaks, pointant Trump Jr vers le lien wlsearch.tk, qui, selon lui, aiderait les disciples de Trump à fouiller dans les documents volés et à trouver des histoires. « Il y a beaucoup d’excellentes histoires qui manquent à la presse et nous sommes sûrs que certains de vos suiveurs la trouveront », poursuit WikiLeaks. « Btw nous venons de publier Podesta Emails Part 4″

Remise de sa surprise, l’équipe de WikiLeaks reprend contact avec Donald Trump Jr. le 16 décembre avec une nouvelle suggestion, toujours selon The Atlantic : que Donald Trump fasse flotter l’idée d’une nomination de Julian Assange comme ambassadeur d’Australie aux Etats-Unis. « Bien sûr l’Australie ne le fera pas », assure le correspondant de Donald Trump Jr., « mais cela enverra le bon signal » à ce pays, mais aussi au Royaume-Uni, où le fondateur de WikiLeaks est retranché dans la représentation diplomatique d’Equateur, et à la Suède, à l’origine de poursuites pour des viols présumés dont il est accusé.

Le 3 octobre 2016, WikiLeaks a écrit à nouveau. « Hiya, ce serait génial si vous pouviez commenter / pousser cette histoire », suggère WikiLeaks, en joignant une citation de Hillary Clinton, démocrate de l’époque, à propos de vouloir « juste drôler » le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. « Déjà fait plus tôt aujourd’hui, » Trump Jr. a répondu une heure et demie plus tard. « C’est incroyable ce qu’elle peut faire avec. » Deux minutes plus tard, Trump Jr. écrivait à nouveau, demandant: «Qu’est-ce qui se cache derrière cette fuite mercredi?» La veille, Roger Stone, un conseiller informel de Donald Trump, avait tweeté : «Mercredi @ HillaryClinton est terminé. #WikiLeaks.  » WikiLeaks n’a pas répondu à ce message, mais le 12 octobre 2016, le compte a de nouveau envoyé un message à Trump Jr. « Hey Donald, c’est génial de vous voir et votre papa parler de nos publications », a écrit WikiLeaks. (Lors d’un rassemblement le 10 octobre, Donald Trump avait proclamé : « J’aime WikiLeaks! »)

Pendant la campagne, le fils aîné de Donald Trump avait déjà suscité l’embarras en acceptant un entretien conduit par un suprémaciste blanc, puis en partageant sur son compte Twitter des messages racistes. Il a été contraint de reconnaître en juillet avoir accepté de rencontrer en juin 2016 une avocate russe qui disposait selon ses dires d’informations compromettantes sur la candidate démocrate, Hillary Clinton, relançant les interrogations sur l’étendue des interférences russes.

Avec, lemonde et The Atlantic

About Mohammed Gherrabi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>