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Inde /État du Kerala / temple de Sabarimala: des hindouistes ne veulent pas de femmes dans leur temple

Malgré la décision de la Cour suprême de les y autoriser, impossible pour les femmes d’accéder au temple de Sabarimala, dans le sud de l’Inde, gardé par des militants extrémistes. L’interdiction faite aux femmes de pénétrer dans un grand temple du sud du pays, objet de vingt ans de bataille judiciaire. La Cour suprême juge cette mesure discriminatoire.

Haut lieu de la tradition hindouiste, le sanctuaire de Sabarimala aurait dû, à partir de mercredi, accueillir des femmes, jusque là interdites d’entrée. Des hommes continuent de s’y opposer.
Pinarayi Vijayan, communiste a vu dans l’agitation autour du sanctuaire de Sabarimala la main du Corps des volontaires nationaux (Rashtriya Swayamsevak Sangh, RSS), puissante organisation de masse matrice du nationalisme hindou et dont est issu Narendra Modi. “Ces agresseurs sont motivés par des idéologies féodales et de castes (…) Tous les croyants doivent condamner cette attaque contre Sabarimala“, a tweeté Pinarayi Vijayan.


Le dieu Ayyappa doit trembler de peur dans son temple. Celui qui vit dans le célibat et la chasteté est censé n’avoir jamais vu aucune femme, au moins depuis que les textes sacrés hindous existent. Mais la Cour suprême a décidé, le 28 septembre, de rompre son isolement divin, au grand dam des hindous les plus fervents. Concrètement, les femmes en âge d’avoir leurs règles, entre 10 et 50 ans, étaient jusqu’alors interdites d’entrer dans le temple de Sabarimala, qui lui est consacré, en haut d’une colline, dans le Kerala. Une interdiction qui est désormais, théoriquement, levée.

C’est dans l’État de Kerala, dans le temple hindou d’Ayyappa, à Sabarimala, longtemps interdit aux femmes en âge de procréer, que se cristallise un affrontement entre tenants de l’hindouisme traditionaliste et défenseurs de l’égalité des droits en Inde. Pour la deuxième journée consécutive, jeudi 18 octobre, des groupes principalement constitués d’hommes ont bloqué l’accès des femmes au sanctuaire, défiant ainsi une décision de la Cour suprême. L’instance avait ordonné, le mois dernier, la fin de cette vieille interdiction faite aux femmes âgées entre 10 et 50 ans, de pénétrer dans ce grand lieu de culte du sud de l’Inde.

Mercredi, à sa réouverture, le sanctuaire de Sabarimala avait été le théâtre de heurts entre des centaines de manifestants et quelques femmes venues célébrer la fête de Navaratri, consacrée à la déesse Durga et à l’énergie féminine divine. En dépit de la protection policière, des femmes tentant d’accéder au sommet de la colline, où se situe le temple, ont dû rebrousser chemin. Des femmes journalistes couvrant l’événement ont aussi été violemment prises à partie.
La police indienne a arrêté ces derniers jours plus de 2.000 personnes qui ont empêché des femmes d’accéder au temple hindou d’Ayyappa à Sabarimala, dans l’Etat du Kerala (sud), en violation d’une décision de justice qui les autorisait pour la première fois à y pénétrer, a indiqué vendredi un responsable de la police.

“Nous avons arrêté 2.061 personnes conformément à plusieurs articles du code pénal indien, dont incitation à la violence communautaire, (infraction à) la loi sur les armes, et destruction de biens publics”, a indiqué à l’AFP ce responsable de la police qui a requis l’anonymat.

Le lendemain, une grève générale a été décrétée par des organisations hindoues locales, tandis que des groupes de 50 à 100 jeunes hommes s’assemblaient aux intersections et inspectaient les véhicules. À certains endroits, des manifestants ont lancé des pierres contre des bus. De leur côté, les autorités du Kerala assurent qu’elles sont en mesure de garantir l’accès au temple et ont imposé des restrictions sur les rassemblements de plus de cinq personnes. Sur le lieu de culte lui-même, l’ambiance au temple était calme et festive, a pu constater l’AFP, qui n’a cependant vu aucune femme entre 10 et 50 ans parmi les milliers de pèlerins faisant la queue pour y entrer.

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Les femmes journalistes au front
Signe que l’État du Kerala est un des plus avancés dans l’égalité des citoyens, de nombreuses femmes journalistes exercent dans les médias. Certaines étaient présentes à la réouverture du sanctuaire. Parmi elles, la journaliste Sneha Koshy, cheffe du bureau régional de la télévision NDTV. Elle raconte comment elle a été empêchée de travailler sur place et molestée par les groupes d’hommes qui bloquaient l’entrée du temple.
Sous le feu des critiques, elle a été amenée à justifier la présence de femmes journalistes : “Je suis atterrée de lire ceux qui demandent pourquoi des femmes ont été envoyées sur le terrain. Mon travail, c’est le reportage. Quelle que soit la situation.”

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