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GENÈVE / ONU: LE DOSSIER DES MAROCAINS EXPULSÉS D’ALGÉRIE EN 1975 REFAIT SURFACE

L’Algérie est rattrapée par l’expulsion, massive et arbitraire, de dizaines de milliers de Marocains en 1975. Un groupe de travail de l’ONU vient de tenir des séances de travail à ce sujet, à Genève.

Du 9 au 20 avril, Genève a abrité les travaux de la 28ème assemblée du Comité de protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille.

Dans sa livraison de ce mardi 1er mai, Al Akhbar souligne que cette assemblée générale a permis de rouvrir le douloureux dossier des familles marocaines expulsées d’Algérie au lendemain de la Marche verte, en 1975.

Trois cas des disparitions survenues au moment de l’expulsion arbitraire des Marocains d’Algérie en 1975, ont été portés devant le groupe de travail de l’ONU sur les disparitions forcées ou involontaires (GTDFI) à Genève.. Parmi les cas de disparition, il y a celui de Hasna K. qui avait à peine 12 ans au moment des faits. Elle se trouvait à la frontière, côté algérien, en compagnie de ses parents et de son frère jumeaux le 14 novembre 1975. Une autre disparition répertoriée concerne Omar Z., né en Algérie en 1929. Il a été arrêté et emprisonné à Sidi Bel Abbes alors que sa famille a été expulsée. Ses proches n’ont jamais eu de nouvelles sur son sort. Le dossier des violations subies par les Marocains déportés par les autorités algériennes reste toujours d’actualité, a estimé M. Largo, rappelant que l’OMDH œuvre en collaboration avec d’autres ONG afin de faire connaître cette tragédie et réclamer justice pour les familles victimes d’expulsion arbitraire.

La publication affirme que l’Association de défense des Marocains expulsés arbitrairement d’Algérie a exposé au Comité onusien plusieurs cas de disparition sur le sol algérien, durant cette période.

A cette rencontre, l’Algérie a dépêché une délégation de plusieurs hauts responsables civils et sécuritaires pour essayer d’absorber le choc. Mais cela n’a pas suffi à convaincre la communauté internationale. Car, en plus des cas des Marocains expulsés par le régime d’Alger en 1975, il a été question du traitement réservé par le voisin de l’Est aux migrants en général. «Le rapport de l’Algérie a péché en plongeant dans les généralités et en occultant les réels problèmes auxquels font face les travailleurs immigrés et les membres de leur famille», rapporte ainsi Al Akhbar qui cite ses sources sur place.

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En clair, Alger a de nouveau choisi la politique de la fuite en avant en faisant référence à l’immensité de ses frontières, qui rendrait très difficile tout contrôle effectif des flux de migrants.

“L’ambassadeur reconnait la déportation”: Au CDH de l’ONU, l’avocat suisse de l’ADEMA a donné la parole au diplomate algérien pour présenter la version de son pays. Ce dernier n’a pas hésité à accuser plus de 300 mille marocains expulsés d’Algérie d’être «tous membres de la cinquième colonne et fidèles au royaume ». Des déclarations que le président de l’ADEMA qualifie de «reconnaissance pour la première fois de la déportation collective et du crime commis par l’Etat algérien » en 1975.

Mais cela ne semble pas avoir convaincu le comité onusien, à en croire Al Akhbar qui affirme que la question des Marocains expulsés d’Algérie sera abordée une nouvelle fois au mois de septembre prochain. Sauf que, à cette date, l’Algérie sera dos au mur: elle devra dévoiler, devant les experts de l’ONU, ce qu’elle avait prévu pour régler ce dossier et ce qu’elle prévoit de faire pour revoir sa politique migratoire.

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Au lendemain de la Marche verte, des dizaines de milliers de Marocains avaient été emmenés à la frontière, manu militari, pour être expulsés vers le Maroc. Les expulsés ont perdu leurs biens, mais il y a plus grave: des familles mixtes maroco-algériennes ont subi le grave préjudice d’une séparation forcée.






Avec, le360

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