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Afrique / G5, une sécurité au Sahel se construit sans l’Algérie.

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Un scénario qu’aucune sphère du pouvoir algérien n’avait envisagé : la création d’une organisation dédiée à la paix et à la sécurité dans la bande sahélo-saharienne sans la participation de l’Algérie.

Face à la menace djihadiste, cinq Etats du Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) ont créé en 2014 une organisation régionale de coopération en matière de développement et sécurité, le « G5 Sahel ».

Ils ont mis sur pied en novembre 2015 une force militaire commune pour lutter contre les groupes du Nord-Mali, l’un des principaux sanctuaires du djihadisme.

Alger ne l’avait pas envisagé. La création d’une force militaire dans la bande sahélo-saharienne sans elle.

Baptisée G5 Sahel, l’organisation dédiée à la sécurité et au développement est créée en 2014 par la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, des pays directement menacés par les groupes terroristes dans la région. Avec une grande absente : l’Algérie.

Pour Yvan Guichaoua, spécialiste du Sahel et enseignant-chercheur de l’Université de Kent à Bruxelles, « l’initiative du G5 Sahel a tout de suite été parrainée par la France, c’est donc devenu un obstacle à l’implication de l’Algérie ». « Il y a une sorte de jeu du chat et de la souris » entre les deux pays et « beaucoup de défiance réciproque », ajoute-t-il. Son exclusion ne suscite aucun regret de la part de Paris, qui y voit l’occasion de contrer l’influence de cette puissance militaire dans la région.

Autre raison invoquée : l’échec des expérience passées de coopération régionale. La Mauritanie, le Mali et le Niger ont en mémoire le Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC), créé en 2010 sous l’égide de l’Algérie, resté « dormant ». Sa base installée à Tamanrasset, dans le sud algérien, est finalement restée une coquille vide. « Le dispositif n’a jamais vraiment décollé », souligne Yvan Guichaoua. Les trois pays, qui forment aujourd’hui l’ossature du G5 Sahel, n’oublient pas non plus que le centre commun de partage du renseignement, annoncé dans la foulée de la création du CEMOC, n’a jamais réussi à fonctionner.
Le caractère inadéquat de l’aide bilatérale algérienne aux « petits frères sahéliens » est venu ajouter à leur déception et conforter leur préférence de créer un autre choix, sans la puissance militaire algérienne. En janvier 2012, le Mali avait besoin d’une intervention militaire urgente et directe pour stopper la progression des djihadistes, partis du nord, vers Bamako. L’Algérie en avait les moyens, elle ne l’a pas fait.
De même, en mai 2013 lors des attaques terroristes contre les villes d’Agadez et Arlit, sur la frontière algéro-nigérienne, le Niger avait besoin d’une aide directe en forces spéciales. L’Algérie en avait les moyens, elle n’est pas venue à la rescousse de son voisin. Pourtant, elle avait su faire intervenir ces mêmes forces chez elle lors de l’attaque d’In Amenas, en janvier 2013.

L’opération militaire française Barkhane, lancée en août 2014, couvre ces cinq pays.

Le nouveau président français, Emmanuel Macron, veut résoudre la crise malienne. Pour ce faire, il consacre deux voyages au Mali en un laps de temps très court et deux entretiens téléphoniques au président Bouteflika, dont le premier était menaçant et le second encore plus pernicieux.

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Pour rappel, le président français avait annoncé, le 19 mai dernier, avoir eu un entretien téléphonique avec son homologue algérien, le premier échange entre les deux hommes depuis l’élection de Macron le 7 mai 2017. Selon les médias français, Macron a affirmé avoir informé Bouteflika de son déplacement au Mali lors de cet entretien : «Je lui ai fait part (…) de mon souhait de pouvoir en parler avec l’Algérie de manière très franche.» Emmanuel Macron a également précisé que rien ne lui permettait de confirmer le soutien présumé d’Alger à Iyad Ag-Ghali, chef du mouvement djihadiste malien Ansar Dine. Ces indiscrétions rapportées par la presse française à l’époque avaient provoqué un grave malaise entre les deux capitales. Puis le président français s’est entretenu par téléphone le 28 juin avec son homologue algérien, selon l’agence de presse Reuters. Une source proche de l’entourage du locataire de l’Elysée a expliqué à Reuters que la situation sécuritaire au Mali et les négociations de paix avaient été au centre de l’échange entre les deux chefs d’Etat. Le président français a notamment formulé des «proposition concrètes» visant à relancer le processus de paix au Mali, selon la source citée par Reuters et qui a préféré demeurer anonyme. La source n’a pas précisé les détails de ces propositions.

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