Breaking News
Home / Business / France: Biens Mal Acquis (deux poids, deux mesures)

France: Biens Mal Acquis (deux poids, deux mesures)

Les biens mal acquis sont, selon le Centre national de coopération au développement (CNCD), en Belgique, « tout bien meuble ou immeuble, tout avoir ou fonds susceptible d’appropriation privative soustrait illégalement du patrimoine public et qui a pour effet d’appauvrir le patrimoine de l’État. ». Ce sont le produit d’activités délictuelles ou criminelles qui ont permis à des dirigeants un enrichissement que leurs revenus ne peuvent justifier. Ils sont le résultat de détournements de fonds, de vols ou de transferts illicites d’argent public entre les comptes nationaux et leurs comptes personnels, de la corruption et de l’octroi de rétrocommissions. Les auteurs des infractions utilisent souvent les mécanismes d’évaporation des capitaux opaques, garante d’impunité, grâce notamment aux paradis fiscaux et judiciaires et à la complicité de pays développés.
/ AFP / JEROME LEROY

C’est le premier jugement français dans l’affaire des « biens mal acquis ». Le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, a été condamné à Paris, vendredi 27 octobre, à trois ans de prison avec sursis et à 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable.

Fils du président Teodoro Obiang Nguema, Teodorin Obiang, qui ne s’était pas présenté lors de son procès, a été reconnu coupable de blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption. Le tribunal a également ordonné la confiscation de l’ensemble des biens saisis, dont un somptueux hôtel particulier sis avenue Foch à Paris.

Si la plainte qui visait Teodorin Obiang concerne les Biens Mal Acquis , la problématique est entièrement différente à l’encontre  des personnalités politiques et militaires algériennes.

L’histoire entre Paris et Alger ne date pas d’hier ! La classe politique algérienne continue d’entretenir le lien en investissant des sommes colossales, qui sortent de nulle part, dans l’immobilier parisien. Le 15 avril 2015, Christophe Dubois et Marie Christine Tabet ont sorti un essai nommé « Paris Alger, une histoire passionnelle ». Un livre qui donnent les détails de ces transactions frauduleuses.
AMAR SAÂDANI : ” OUI ! J’AI ACHETÉ UN APPARTEMENT POUR MA FILLE À PARIS…

Amar Saâdani a reconnu avoir acheté un appartement à Paris dans le très chic quartier de Neuilly-Sur-Seine, dont un certain Nicolas Sarkozy était le maire à la fin des années 1980. Un aveu qui risque de lui coûter très cher politiquement.

Après avoir longtemps nié l’évidence, Amar Saâdani a fini par cracher le morceau. Depuis plus d’un an, il n’a eu de cesse de démentir les accusations portées contre lui. D’abord véhément, ses dénégations se sont faites plus floues. Finalement, il reconnaît l’achat d’un appartement à Paris.

Lui qui défiait les journalistes d’apporter la moindre preuve de cette information fait montre aujourd’hui d’une malhonnêteté intellectuelle. Il a indiqué, dans un entretien publié par le journal El Khabar, qu’il avait acheté un appartement situé à Neuilly-sur-Seine, un quartier chic de Paris. « Ma fille est malade. Elle se soigne à Paris depuis trois ans.

Ses médecins m’ont conseillé de l’établir là-bas pour un meilleur suivi. Je ne pouvais pas la laisser sans prise en charge », a-t-il reconnu sans, toutefois, s’attarder sur la source des fonds qui lui ont permis de s’offrir cet appartement. Il a aussi révélé avoir remis tous les documents de cette acquisition entre les mains du patron des services du renseignement, le général-major Mohamed Médiène (Toufik).

Pourtant Amar Saâdani s’était fendu d’une attaque en règle contre le chef du DRS. Drôle de retournement de situation pour un homme qui donnait l’image de quelqu’un qui n’avait peur de rien. Si en Algérie, la justice n’a pour l’instant pas bougé le petit doigt, en France, Saâdani a été entendu par la police judiciaire de Paris le 21 août 2014, laquelle mène une enquête sur des soupçons de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite qui pèsent lourdement sur lui. La brigade de lutte contre le blanchiment d’argent a agi à la demande du parquet qui a enregistré, le 29 juin dernier, une plainte contre Amar Saâdani déposée le 17 avril 2015 par Rachid Nekkaz.

Ce dernier a mené sa propre enquête sur les biens de Saâdani à Paris, confirmant ainsi les révélations du journaliste d’investigation Nicolas Beau dans le journal Mondafrique, lequel avait fait état de la possession par Amar Saâdani de deux appartements à Paris et de 300 millions d’euros en banque. Nekkaz a réussi à situer ces deux appartements dans deux quartiers huppés de la capitale française. Le premier au 15, boulevard Victor-Hugo à Neuilly-sur-Seine, d’une superficie de 100 m2, dont le prix au mètre carré peut atteindre allègrement les 15 000 euros.

La seconde habitation est située non loin du quartier de La Défense, au 36, Résidence Belle-Rive. Saâdani dispose également, comme l’a révélé le journaliste français, d’une carte de résidence VIP, qui lui donne le statut d’une personnalité hautement importante pour la République française. Il possède également une société civile immobilière, l’Olivier, avec ses 7 enfants et sa femme.

Saâdani menace de déposer plainte

Le SG du FLN a décidé de porter plainte devant la justice française, visant des médias français, suite à la publication des documents sur ses biens acquis en France. Le torchon brûle donc entre lui et ces médias.

Selon le secrétaire général du FLN, les récents articles publiés par certains médias français sur les biens qu’il a acquis sont l’œuvre d’Algériens établis en France. « Je ne me tairai pas cette fois-ci. C’est trop. Je suis victime d’un plan diabolique dont les racines se trouvent en France. C’est pour cela que j’ai décidé de porter plainte contre les médias français qui ont publié de fausses informations sur ma personne », a-t-il-expliqué dans un entretien accordé hier au journal londonien El Charq El Awset.

Toutefois, le secrétaire général du FLN n’a pas précisé qui sont ces détracteurs qui le ciblent à tout bout de champ. Il ajoute : « Des mensonges ont été publiés sur moi dans la presse française et ont été repris par certains médias algériens et ce, d’une manière astucieuse. Je sais que c’est un complot qui vise ma personne et je sais qui est derrière ce complot. » Saâdani persiste et signe : « Ces détracteurs se trouvent en Algérie ».

A Lire aussi  Acte 9 /Algérie : nouvelle manifestation monstre contre le pouvoir

Cependant, il a évité de citer ces parties ou de dévoiler le ou les noms de ces détracteurs qui le visent sans cesse. Pour lui, il est trop tôt pour révéler qui sont ces gens, mais au moment sera opportun il va les dévoiler aux Algériens. Amar Saâdani a chargé son avocat d’entamer les procédures en vue de porter l’affaire devant la justice française.
Abdeslam Bouchouareb impliqué
Le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, figure parmi les personnalités citées dans la nouvelle affaire des paradis fiscaux « Panama Papers ». Le ministre algérien est le seul détenteur, depuis juillet 2015, d’une compagnie domiciliée au Panama, du nom de Royal Arrival Corp.

Menée durant une année par le International consortium of investigative journalists (ICIJ) en partenariat avec 107 médias, 378 journalistes dans 77 pays du monde, l’enquête expose au grand jour un pan entier des méandres de la finance mondiale et des paradis fiscaux, en particulier au Panama.

À travers cette société écran, Bouchouareb détient un compte en banque en Suisse, à la NBAD Private Bank SA. Cette société est gérée par le biais d’une autre compagnie détenue par le ministre algérien, du nom de Compagnie d’étude et de conseil (CEC), celle-ci basée au Luxembourg.

Dans les emails envoyés au cabinet panaméen au centre du scandale international, Mossack Fonseca, la CEC apprend que la Royal Arrival Corp. active dans la représentation commerciale et la négociation, les contrats commerciaux, les travaux publics et le transport maritime et ferroviaire en Turquie, au Royaume-Uni et en Algérie.

Contactée par l’ICIJ, la société financière luxembourgeoise qui a créé la compagnie de Bouchouareb affirme que cette société a été « constituée en toute transparence ». Elle sert a gérer une propriété héritée, selon la même source. Cela dit, l’ouverture du compte à la banque NBAD de Genève n’aurait jamais été finalisée, car le ministre aurait demandé de geler cette société pendant ces mandats publics, précise la même source.

L’ambition financière de Farida et de Farès Sellal, l’épouse et le fils du Premier Ministre, semble sans limites.

Après avoir fait briller l’écurie « Mazda » avec l’aide du richissime homme d’affaires Ahmed Mazouz, le jeune Farès, le fils du Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, ne cache plus son appétit dévorant. La dernière proie qu’il vise est la concession des véhicules Volkswagen et l’implantation d’une usine de montage de cette marque allemande. Autant de marchés fort juteux.

Le partage du gâteau

Seulement voila, la niche particulièrement rémunératrice des concessions automobiles est déja solidement occupée. Ainsi Mourad Oulmi, l’actuel représentant de Volkswagen en Algérie a pu grâce à ce marche prometteur s’offrir, en 2006, le somptueux appartement de Nicolas Sarkozy à Neuilly qu’il rêgla via le Crédit Agricole à Genève.

Hélas, la vente de voitures étrangères n’est pas une sinécure. Le malheureux Mourad Oulmi rencontre, ces derniers mois, de fortes résistances pour obtenir les fameuses nouvelles licences d’importation. L’opposition du ministre de l’Industrie, Abdesslam Bouchouareb, l’autre « caïd » du gouvernement algérien, contrarie ses ambitions. Il lui faut donc trouver des alliés. Et ces alliés, ce sera le clan Sellal.

Mourad Oulmi a donc fait savoir qu’il était prêt à partager « le gâteau » avec les proches du puissant clan présidentiel. Farès Sellal devrait profiter en toute vraisemblance, soulignent les sources de Mondafrique, de cette opportunité. Il partagera donc le marché des importations de véhicules Volkswagen et apportera dans la corbeille de mariage la fameuse licence d’importation. L’accord n’a pas été encore officiellement scellé. Mais les négociations secrètes sont en bonne voie. .

Cherchez la femme

Le clan Sella est mené par Farida Sellal, la propre épouse du Premier ministre algérien, qui s’est transformée récemment en une véritable femme d’affaires. A la tête de l’association « Sauver l’Imzad », celle qui rêve d’être la première dame de l’Algérie a ramassé toutes les subventions possibles et imaginables. Autant de fonds dont on ne voit guère la trace dans les réalisations de terrain de l’association.

En 2014, cette femme décidément entreprenante a même utilisé un faux profil Facebook pour mener une campagne haineuse contre les opposants du 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika dont la campagne électorale était gérée par… son mari.Il aura fallu toute la persuasion de son époux pour qu’elle se fasse plus discrète.Pour combien de temps?

Luttes de sérail

Si le clan Sellal renforce ainsi sa position au sein de l’oligarchie algérienne, son affairisme commence à faire tache. Des hauts responsables envisagent de saisir Saïd Boutelfika, le frère et le principal conseiller du Président Bouteflika, afin qu’il rappelle à l’ordre le Premier ministre.

Ahmed Ouyahia, le chef de cabinet du palais présidentiel d’El-Mouradia, est également à la manoeuvre. C’est peu de dire qu’il n’aime guère Abdelmalek Sellal qui lui fait de l’ombre.

Autant de règlements de compte qui paraissent dérisoires alors que l’Algérie est frappée par la baisse du prix du pétrole et que l’austérité commence à se faire sentir durement.

De beaux châteaux en Espagne pour la nomenklatura algérienne

Autant que la France, l’Espagne est de plus en plus prisée par les dirigeants algériens qui multiplient les investissements dans plusieurs villes espagnoles. Le fils de l’ancien chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem, et ancien secrétaire général du FLN, vivait jusque-là une vie de prince à Majorque dans les Iles Baléares. Mais la crise est passée par-là et l’homme qui s’était distingué il y a de cela quelques années par une conduite scandaleuse lors d’un congrès du FLN hostile à son père, a été contraint de fermer l’un de ses deux restaurants à Majorque. Mais le fils d’Abdelaziz Belkhadem a réussi à conserver son appartement luxueux, a-t-on appris de sources proches de son entourage. Il a donc trouvé les moyens nécessaires pour maintenir son business en Espagne où il réside depuis plusieurs années. Habituée aussi de l’Espagne, la famille du défunt général Mohamed Lamari, l’ex chef d’état-major de l’armée algérienne, possède toujours un hôtel à Madrid, l’hôtel Goya. Sans compter plusieurs maisons à Malaga.

Christophe Dubois: «La France se rend complice du régime algérien»

About Mohammed Gherrabi

Check Also

WikiLeaks /Algérie: Ahmed Gaïd-Salah est cité comme étant «peut-être le fonctionnaire le plus corrompu de l’armée».

Les frères Bouteflika sont des «rapaces», Gaïd Salah «corrompu» et le Général Toufik qui sait …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *