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Dossier N°2: Algérie / Migration: Génocide à huis clos est programmé contre les migrants… (les preuves)

Les propos racistes et discriminatoires de l’ex-chef de cabinet à la présidence de la République et ex l Premier ministre, Ahmed Ouyahia, envers les migrants clandestins en provenance d’Afrique subsaharienne semblent avoir trouvé écho à l’intérieur même des institutions de l’État. Après avoir exécuté des expulsions de masse, le gouvernement compte mener la vie dure à ce qui subsiste des migrants en leur interdisant l’accès aux moyens de transport.
L’Algérie via un communiqué émanant du directeur des transports en Algérie interdisant aux migrants subsahariens  les transports en commun, une nouvelle expression du comportement raciste de l’Etat envers les migrants subsahariens. Cette chosification rappelle le comportement des Nazis contre les Juifs, légitime les actes passés et prépare un pogrom.

La question qui se pose: pourquoi l’Algérie accueille depuis les années 70 sur son sol les milices et les mercenaires du polisario qui circulent partout dans le monde avec un passeport algérien des voyages payés par le contribuable des algériens en même temps elle maltraite sur son sol des frères migrants venus de pays africains.
En 2008, l’Algérie a modifié ses lois et criminalisé l’entrée et la sortie irrégulière du territoire. Le droit d’asile n’existe pas dans la Constitution et c’est le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) qui l’attribue au compte-gouttes. L’organe onusien prend principalement en charge les Sahraouis séquestrés aux camps de Tindouf .
Après l’Organisation internationale de la migration et les ONG des droits de l’Homme, c’est au tour de l’agence Associated Press de mener une enquête accablante sur les pratiques inhumaines d’expulsion de Subsahariens par Alger. Les témoignages donnent froid dans le dos. Avec le traitement que réserve l’Algérie aux migrants subsahariens, et à chaque fois que l’on croit avoir atteint le sommet de l’horreur, un nouveau récit apporte la preuve du contraire. Cette fois, c’est l’agence américaine Associated Press qui dresse un tableau qui ne manquera pas de faire sursauter les responsables algériens, prompts à nier les évidences et à crier au complot. Les journalistes d’AP qui étaient sur place à Assamakka au Niger, au niveau de la frontière avec l’Algérie, racontent. “Depuis le poste-frontière isolé dans le sable du désert du Sahara, on peut apercevoir des migrants affluer par centaines. Au loin, on dirait des spectres en progression pénible dans l’un des endroits les plus inhospitaliers de la planète”. Et les auteurs du reportage de rappeler que l’Algérie a jeté dans ce désert pas moins de 13.000 migrants durant les 14 derniers mois, “y compris des femmes enceintes, des enfants, les jetant dans le désert sans nourriture, sans eau, quelquefois sous la menace d’une arme à feu, sous des température qui descendent rarement en deçà de 48 degrés”. Au Niger où aboutissent la plupart, “les plus chanceux auront traversé un no man’s lands de 15 km menant à Assamakka, une bourgade qui est moins une ville qu’un ensemble de bâtiments en torchis plongeant dans les dépôts de sable”, écrivent les deux journalistes d’AP. Et de poursuivre: “les autres, les moins chanceux, ceux qui désorientés, déshydratés errent des jours durant avant qu’une équipe de secours des Nations-Unies les prenne en charge”. Rapportant les récits d’au moins deux douzaines de migrants, ils affirment qu’un “nombre incalculable de migrants meurent en cours de route, faute d’avoir la force de poursuivre leur chemin”. “Des hommes et des femmes s’étendaient raides morts. D’autres personnes se sont égarées, parce qu’elles ne connaissaient pas le chemin”, affirme Janet Kamara, enceinte au moment de son expulsion. Elle-même garde les traces du douloureux périple: son bébé est mort-né et elle l’a enterré dans le sable mou du désert. Le sang a coulé des jours durant le long de sa jambe et quelques semaines plus tard, ses chevilles sont encore enflées. Aujourd’hui à Arlit, elle est ébranlée par cette expérience, dormant sur le sable, dans ce qu’elle appelle “le Désert”, L’Agence AP affirme avoir contacté les autorités algériennes qui se sont refusées à tout commentaire concernant les preuves qui accablent tant le gouvernement de Bouteflika et Ouyahia. Rien d’étonnant, puisque quand l’OIM a sorti un rapport sur le sujet, Alger s’était offusqué d’avoir été pointé du doigt.

Cri d’alarme
Le cri d’alarme est venu de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH). Le 31 décembre, elle lançait un « appel urgent : des dizaines de Syriens refoulés vers le Niger en danger de mort ! ». Depuis l’on sait que le groupe d’hommes, de femmes et d’enfants abandonnés le 26 décembre était constitué de 47 Syriens, 17 Yéménites et 53 Palestiniens. Tous avaient été détenus au centre de rétention de Tamanrasset, condamnés par un tribunal à trois mois de prison avec sursis pour entrée illégale sur le territoire algérien.

Huit jours après les faits, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) sortait de ses gonds. « Compte tenu de l’urgence de fournir une aide humanitaire aux personnes bloquées », l’institution onusienne demandait publiquement le 3 janvier aux autorités algériennes de pouvoir accéder à ces personnes. D’autant que la plupart d’entre elles, si ce n’est toutes, avaient demandé l’asile. Certains Syriens avaient même déjà été enregistrés par le HCR à Alger, au Liban et en Jordanie.

Il n’en fut rien. Le HCR dut même démentir les informations diffusées par des médias selon lesquelles il aurait donné son aval aux refoulements. Dans une Algérie qui excelle à brouiller les repères, la LADDH s’est aussi scandalisée de la diffusion d’un faux communiqué se revendiquant d’elle, affirmant que l’opération d’expulsion s’était déroulée « dans le total respect des droits humains ».

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Expulsions massives et forcées
Depuis plus d’un an, l’Algérie procède à des expulsions massives et forcées vers le Niger et le Mali d’étrangers qu’elle amène par bus et camions vers les frontières de l’extrême sud du pays (voir repères).

« L’Union européenne est très satisfaite de la bonne coopération avec le Niger qui a permis d’enrayer les flux migratoires du Sud vers le Nord, rapporte Martin Wyss, chef de l’Organisation internationale des migrations (OIM) basée au Niger. Mais elle n’a pas du tout pris en compte la nouvelle réalité des flux du Nord vers le Sud qui représentent un défi logistique et humanitaire important. » Jusqu’ici seuls les ressortissants subsahariens étaient concernés, qu’il s’agisse de migrants en transit, des nombreux travailleurs employés sur les chantiers, de Maliens n’ayant pas besoin de visas pour séjourner en Algérie, d’étudiants, et parfois de réfugiés.

« Un vrai durcissement »
« L’on assiste à un vrai durcissement de la politique algérienne », souligne une source humanitaire qui souhaite garder l’anonymat, pour ne pas envenimer plus encore la situation, tant le sujet est devenu épineux. Le fait que le pays s’en prenne indistinctement à des personnes très vulnérables requérant une protection internationale a créé un choc.

Ces personnes sont des « djihadistes » liés aux groupes armés présents au Mali et au Soudan et « bénéficient de faux passeports », a justifié Hassan Kacimi, directeur en charge des migrations au ministère algérien de l’intérieur, le 3 janvier à l’agence officielle de presse APS. « Cela n’a pas de sens, souligne un expert. Si ces personnes sont dangereuses, elles doivent être arrêtées et jugées, pas lâchées dans la nature. »

Régulièrement l’OIM entreprend des opérations de recherche et de sauvetage dans le désert. Mais aucun membre du groupe abandonné le 26 décembre n’a été vu sur le sol nigérien aux abords d’Assamakka, la première localité après la frontière. « Ils ne veulent pas aller dans un pays où ils n’ont aucun lien et dont ils ne parlent pas la langue», avance une autre source.

Trace a été retrouvée de 27 d’entre eux, qui ont radicalement rebroussé chemin. Une dizaine se trouve à Alger, une autre à Nador au Maroc, à 2 600 km, et sept aux abords de la frontière algéro-marocaine. Les 90 restants n’ont jusqu’à présent donné aucun signe de vie.

30 000 déportations forcées en 2018
Plus de 15 000 Nigériens ont été renvoyés au Niger dans le cadre d’un accord entre l’Algérie et le Niger.

Environ 9 000 ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne – Maliens, Guinéens et Camerounais au premier chef, mais aussi Ivoiriens, Béninois, Sénégalais, Burkinabés, Gambiens ou Nigérians – ont également été expulsés à la frontière nigérienne.

5 000 Subsahariens ont été déportés vers le Mali.

Plus de 500 réfugiés et demandeurs d’asile ont été arrêtés – certains sont encore détenus – ou déportés.

Le Niger accueille par ailleurs les réfugiés évacués de Libye.

Le Haut-Commissariat aux réfugiés a identifié 56 000 réfugiés et demandeurs d’asile en Libye. Seuls près de 3000 ont pu être évacués vers le Niger ou pour certains vers l’Italie ou un centre de transit d’urgence établi en Roumanie.

Ces expulsions ont fait réagir des organisations internationales comme Amnesty International et Human Rights Watch, mais aussi des organisations du continent africain

Une vidéo montrant un enfant subsaharien frappé violemment par un Algérien au niveau de la station de bus Souidani Boudjemâa, est diffusée sur les réseaux sociaux depuis la matinée de ce mercredi, choquant nombre d’internautes. La vidéo montre un enfant subsaharien qui demandait l’aumône à un homme de forte corpulence, giflé par ce dernier, avec une force telle qu’il est renversé par terre sur un sol trempé par la pluie.
Le coup donné dans l’intention de faire très mal est accompagné d’une insulte vulgaire de la part de l’homme qui semble être le chauffeur ou le receveur du bus dans lequel il monte juste après avoir commis l’acte scandaleux. Des ricanements se font entendre autour de l’enfant immédiatement après le coup, ils proviennent sans doute de l’assistance complice.

Un reportage de la télé italienne Tg3 sur les expulsions des migrants subsahariens.


La traque des migrants en Algérie


Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, s’est dit préoccupé par la sécurité des personnes vulnérables originaires de Syrie, du Yémen et de Palestine qui seraient bloquées à la frontière avec le Niger, au sud de l’Algérie.

Le HCR a reçu des informations selon lesquelles le groupe, composé d’environ 120 Syriens, Palestiniens et Yéménites, avait été détenu au centre de Tamanrasset dans le sud de l’Algérie, avant d’être conduit vers une zone proche du poste-frontière de Guezzam, le 26 décembre 2018.

Migration / Algérie / Expulsion des réfugiés arabes : l’Algérie répond au Haut commissariat des réfugiés de l’ONU

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