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Diplomatie : Le Gabon rappelle-t-il son ambassadeur en France ?

Pour marquer son mécontentement, le Conseil des ministres aurait pris cette décision d’une importance symbolique forte du fait de l’acharnement dont les pouvoirs publics disent faire l’objet depuis quelques temps, l’immobilisation du Boeing 777 de la République, à la demande d’une société suisse, en étant la dernière expression.

Germain Ngoyo Moussavou devrait incessamment arriver à Libreville. Rappel en consultation ?

 

Le Gabon aurait décidé de rappeler son ambassadeur en France, protestant ainsi contre l’«acharnement» dont l’exécutif dit faire l’objet de la part des médias français voire de la France depuis quelques temps. Si cette mesure venait à être confirmée, elle signerait la rupture d’une partie des relations officielles entre Libreville et son allié traditionnel. «Même si ça n’a pas été mentionné dans le dernier communiqué final du Conseil des ministres, cette proposition a été faite au cours de la séance du 20 mars dernier par le ministre des Affaires étrangères», assure, sous couvert d’anonymat, une source proche de la présidence de la République.

Le 21 mars courant, personne ne pouvait confirmer ou infirmer catégoriquement cette information. «Sauf si cette information nous a échappé, nous n’avons rien entendu de tel. A ce jour, nous pouvons simplement évoquer un échange de correspondances avec le Quai d’Orsay, notamment s’agissant de l’affaire du Boeing 777», révèle une source du ministère des Affaires étrangères. Du côté de la présidence de la République, certaines voix évoquent également l’affaire de l’aéronef immobilisé, depuis le 25 février dernier, sur une piste annexe de l’aéroport d’Orly, pour des impayés de huit millions de dollars (4,72 milliards de francs), comme pour identifier les raisons d’un éventuel refroidissement des relations avec la France. «Le président de la République ne souhaite pas s’acquitter de la somme due parce que l’utilisation de l’avion ne lui incombe pas uniquement : des membres de sa famille en faisaient fréquemment usage pour leurs différents déplacements avant son arrivée au pouvoir», glisse un proche du dossier, ajoutant : «Pour nous, il s’agit plutôt d’une affaire privée». Et de s’emporter : «De plus, le Gabon et la France sont liés par des conventions qui impliquent que les affaires de ce genre ne soient pas rendues publiques».

A l’évidence, la présidence de la République goûte très peu à cette «saisie conservatoire» ordonnée par la justice française à la demande d’une société suisse spécialisée dans le transport des personnalités de marque. Le rappel en consultation de Germain Ngoyo Moussavou, ambassadeur du Gabon en France, serait donc une façon d’exprimer le mécontentement des pouvoirs publics, qui voient dans l’attitude de leurs homologues français, une sorte de «trahison». «Imagine-t-on, pour quelque motif que ce soit, la France retenir l’US Air force one ?», interroge un proche de la présidence de la République, précisant : «Non seulement, c’est un avion militaire, immatriculé TRKPR, mais en plus, il appartient à la République gabonaise. Le minimum de courtoisie et le nécessaire respect des procédures diplomatiques ajoutés aux traditionnelles relations France/Gabon commandaient un autre traitement».

C’est donc peu dire que les affaires dans lesquelles sont engluées les autorités nationales commencent à peser lourd. Faisant l’objet de plusieurs poursuites judiciaires en France, pour des sujets divers et variés, Ali Bongo pourrait avoir choisi de riposter au plan diplomatique. Surtout que l’affaire de la séquestration du Boeing 777 révélée par le journal français Le Figaro, intervient dans un contexte de révélations en cascade dans la presse française. Le président de République aurait-il décidé d’user de l’arme diplomatique pour soustraire l’Etat gabonais du paiement de la dette qui lui est imputée dans cette affaire dont la dernière audience s’est tenue le 10 mars dernier ? L’avenir nous le dira…

 

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