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Coup d’Etat en cours au Burundi : retour sur la situation pré-coup d’Etat.

Des manifestants burundais entourant un char de l'armée avancent vers le centre ville tandisque la police recule. Bujumbura, ce mercredi le 13 mai 2015.Des manifestants burundais entourant un char de l’armée avancent vers le centre ville tandis que la police recule devant leur passage. Bujumbura, ce mercredi le 13 mai 2015.

Depuis deux semaines les Burundais ont rejoint la rue pour forcer Pierre Nkurunziza à renoncer à un troisième mandat. La situation dans les premiers jours était mi-calme, mi-chaude, mais laissait présager un durcissement du ton de la part des manifestants ; ce qui est finalement arrivé.

Deux semaines de manifestations avec des répits d’une journée ou deux tout au plus, la rue burundaise est bien décidée à plier Pierre Nkurunziza et à le faire renoncer à son ambition de briguer un troisième mandat à la tête de l’Etat.

Dans les altercations de ces deux dernières semaines, on dénombrait à la fin de la semaine passée une dizaine de morts survenues dans les altercations entre les forces de police, pro-Nkurunziza et les manifestants. On avait craint même que la cause évoquée par les meneurs de ces manifestations, le renoncement de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, soit détournée, puisque les manifestants commençaient à s’attaquer aux Imbonérakure (jeunesse du parti au pouvoir).

Une première mission furtive des pays de la sous-région était passée au Burundi mercredi 6 mai 2015. Les ministres des affaires étrangères de la communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest avaient effectué une visite éclair dans le pays en vue de préparer le sommet des chefs d’Etat de ce 13 mai en Tanzanie et de discuter avec Pierre Nkurunziza.  A l’issue de cette réunion qui avait eu pour écho la tenue d’un sommet extraordinaire du conseil de sécurité des nations Unies le jeudi 7 mai, un opposant, Audifax Ndabitoreye, qui avait assisté à cette rencontre, avait été arrêté avant d’être relâché quelques heures plus tard.

Cette arrestation selon des diplomates occidentaux, venait compliquer encore les possibilités de concilier les positions divergentes des parties. Mais lui, Pierre Nkurunziza, il restait sur sa position et l’armée qui commençait à enlever les barricades érigées sur les routes par les manifestants, semblaient fortement royaliste ; un fait qui faisait enrager les manifestants. Le chef d’Etat faisait toutefois la promesse de quitter la tête du pays à l’issue du troisième mandat, une proposition qui n’arrangeait aucun manifestant. Entre temps le nombre des burundais à prendre les chemins de l’exil vers le Rwanda augmentait rapidement, plus de 17 000 à la fin de la semaine passée.

Pour rappel, à la suite de la candidature très contestée de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, la cours suprême avait été saisie pour se prononcer sur cette question brûlante. A l’issue d’une première journée où les sept juges de la cour n’avaient pas pu épouser une seule et unique position, trois d’entre eux étant contre ce troisième mandat, les ménaces ouvertes contre les juges « rebelles » avaient forcé certains à revenir sur leur position. Mais, Sylvère Nimpagaritse, vice-président de la Cour constitutionnelle en fonction depuis seulement une année, avait refusé de changer de point de vue, préférant quitter le Burundi pour fuir le sort auquel son refus l’exposait. Avant de partir il  déclarait que « En mon âme et conscience, j’ai décidé de ne pas apposer ma signature sur une décision qui est imposée de l’extérieur, qui n’a rien de juridique », une position qui soutenait les manifestations. Onesiphore Nembe/AFPmag.

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