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Conflit israélo-palestinien: les 1ers panneaux indiquant l’ambassade américaine sont montés

Le président américain Donald Trump a annoncé le 6 décembre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël[THOMAS COEX / AFP]
Le président américain Donald Trump a annoncé le 6 décembre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël[THOMAS COEX / AFP]
Des ouvriers ont installé lundi à Jérusalem les premiers panneaux indiquant la direction de l’ambassade des Etats-Unis qui ouvrira le 14 mai à la suite d’une décision saluée comme historique par Israël et largement condamnée par la communauté internationale.

Des ouvriers en chasuble orange juchés sur des échelles ont accroché en hauteur dans les rues autour du site les panneaux indiquant « Ambassade des Etats-Unis » en hébreu, en arabe et en anglais, a constaté un photographe de l’AFP.

Rompant avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international, le président américain Donald Trump a annoncé le 6 décembre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et le transfert de l’ambassade actuellement située à Tel-Aviv.

Le conflit remonte dans sa forme moderne à 1947 quand les Nations unies ont proposé la création de deux Etats, l’un juif et l’autre arabe, sur la Palestine sous mandat britannique, provoquant une éruption de violences entre Arabes et juifs, puis la première guerre entre Etats arabes et israélien au moment de la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948. En 1967, lors de la guerre des Six Jours, Israël a saisi par les armes la Cisjordanie et Jérusalem-Est, alors sous contrôle de la Jordanie, ainsi que la bande de Gaza, sous administration égyptienne. Il a depuis annexé Jérusalem-Est, site de lieux saints révérés par les chrétiens, les juifs et les musulmans. Israël a affronté une nouvelle fois une coalition de pays arabes conduits par l’Egypte et la Syrie lors de la guerre du Kippour en 1973.

L’ambassade doit être inaugurée en grande pompe la semaine prochaine, pour coïncider avec le 70ème anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. De dimensions restreintes, elle sera hébergée dans un premier temps dans le complexe de l’actuel consulat américain à Jérusalem, le temps de planifier et construire une ambassade permanente, entreprise qui s’annonce de longue haleine selon le département d’Etat.

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La décision unilatérale de M. Trump a ravi les Israéliens et ulcéré les Palestiniens, qui veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent et qui voient dans la décision de M. Trump la négation de leurs revendications. La question de Jérusalem est l’une des plus épineuses du conflit israélo-palestinien.

« Ceci n’est pas un rêve, mais la réalité », a dit le maire israélien de Jérusalem, Nir Barkat, remerciant M. Trump pour sa décision « historique ». « Jérusalem est la capitale éternelle du peuple juif, et le monde est en train de commencer à reconnaître cette réalité », a-t-il dit selon un communiqué de ses services.

Israël considère la décision de M. Trump comme la reconnaissance, ayant trop tardé, d’une réalité historique. Pour la direction palestinienne, elle représente le summum du parti pris pro-israélien de l’administration Trump.

Un haut responsable palestinien, Saëb Erekat, a appelé dans un communiqué « tout le corps diplomatique, la société civile et les autorités religieuses à boycotter » l’inauguration.

Ceux qui y assisteront « délivreront le sinistre message qu’ils encouragent les violations flagrantes du droit international et des droits inaliénables du peuple palestinien », a-t-il dit.

Israël s’est emparé en 1967 de Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville, et l’a ensuite annexée. Il considère tout Jérusalem comme sa capitale « indivisible ».

La communauté internationale juge l’annexion illégale et considère Jérusalem-Est comme territoire occupé. Depuis la création d’Israël, elle n’a pas reconnu Jérusalem comme capitale et considère que le statut final de la ville doit être négocié. Toutes les ambassades étrangères en Israël étaient jusqu’alors à Tel-Aviv.

Des 193 pays composant l’Assemblée générale de l’ONU, 128 ont voté fin décembre une résolution condamnant la décision américaine, dont des alliés des Etats-Unis comme la France et le Royaume-Uni. Seuls sept petits pays, dont le Guatemala, se sont alignés sur Washington.

Le président du Guatemala Jimmy Morales est annoncé le 16 mai à Jérusalem pour le transfert de l’ambassade de son pays.

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