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Burkina Faso / l’état d’urgence: Message du Nouvel an du président du Faso, Roch Kaboré.

Burkina Faso: Message du Nouvel an du président du Faso, Roch Kaboré, président du Faso
En proie à des attaques terroristes récurrentes et meurtrières, le Burkina Faso a décrété, lundi, l’état d’urgence dans plusieurs provinces. Des dispositions sécuritaires particulières seront également appliquées sur tout le territoire.

J’ai décidé, après délibération en Conseil des ministres ce matin, et conformément à l’article 58 de la Constitution, d’instaurer l’état d’urgence à compter du 1er janvier 2019 dans les régions de l’Est, du Sahel, et dans les provinces de la Kossi, du Sourou, du Koulpélogo, du Kénédougou et du Lorum. Au regard de la prolifération des groupes armés terroristes dans ces zones et de leur mode opératoire, les mesures envisagées dans le cadre de l’état d’urgence permettront à nos Forces de les combattre avec plus d’efficacité et de résultats” (Roch Kaboré, président du Faso)

Le président du Faso, président du Conseil des ministres,

Vu la Constitution notamment en ses articles 58 et 101 ;

Vu le décret n° 2016-001/PRYS du 06 janvier 2016 portant nomination du Premier
Ministre ;

Vu le décret n° 2018-0035/PRES/PM du 31 janvier 2018 portant remaniement du Gouvernement ;

Vu le décret n° 2018-0272 /PRES/PM/SGG-CM du’12 avril 2018 portant attributions des membres du Gouvernement ;

Vu la loi n° 14-AL du 31/8/59 organique sur 1’état d’urgence ;

Le Conseil des Ministres entendu en sa séance extraordinaire du 31 décembre 2018,

Article 1 :

L’état d’urgence est déclaré, à compter du 1er janvier 2019, à zéro heure, dans les zones ci-après du territoire national :

  • Région de la Boucle du Mouhoun : les provinces de la Kossi et du Sourou ;
  • Région du Centre-est : la province du Koulpélogo ;
  • Région de l’Est : les provinces de la Gnagna, du Gourma, de la Komandjari. de la Kompienga et de la Tapoa ;
  • Région des Hauts-bassins : la province du Kénédougou ;
  • Région du Nord : la province du Lorum ;
  • Région du Sahel : les provinces de l’Oudalan, du Séno, du Soum et du Yagha.

Article 2 :

L’état d’urgence emporte pour sa durée 1’application de l’article 3 de la loi n° 14-AL
du 31/8/59 susvisée.

Le Ministre en charge de l’Administration territoriale, le Ministre en charge de la Sécurité et le Gouverneur de région, sous réserve de l’autorisation expresse de sa hiérarchie, peuvent dans les zones on l’état d’urgence est en application :

  1.  interdire la circulation de personnes ou de véhicules dans des lieux, précis et à des heures fixées par arrêté ;
  2.  autoriser des perquisitions dans les domiciles des citoyens à toute heure. Le Procureur du Faso territorialement compétent est tenu informé saris délai de cette décision. La perquisition est conduite en présence d’un officier de police judiciaire. Elle ne peut se dérouler qu’en présence de l’occupant ou, a défaut, de son représentant ou de deux témoins;
  3.  ordonner la remise des armes et munitions on faire procéder à leur recherche et à leur enlèvement ;
  4. interdire les publications quel que soit le support, et les réunions de nature à inciter ou à entretenir la radicalisation et l’extrémisme violent.

Le Ministre en charge de l’Administration territoriale peut prendre toute mesure pour assurer l’interruption de tout service de communication au public favorisant la commission d’actes de terrorisme ou en faisant l’apologie.

“C’est une mesure tardive”

Du côté de l’opposition proche de l’ancien président Blaise Compaoré, Aziz Dabo, porte-parole de la Nouvelle Alliance pour le Faso (Nafa), estime que “cette mesure avait déjà été préconisée par notre leader Djibrill Bassolé”, l’ancien chef de la diplomatie de Compaoré, jugé dans le procès du putsch manqué de 2015. “C’est un signe qui montre que nous devons en toute maturité et humilité dépolitiser la question du terrorisme et prendre en compte les avis et conseils des experts du domaine”, a-t-il estimé.

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Dans la société civile, certains sont plus critiques. “C’est une mesure tardive, du style médecin après la mort. Elle aurait du être prise depuis longtemps mais, hélas, les gens (autorités) naviguent à vue”, a dénoncé Félix Kaboré, acteur de la société civile. “Nous avons enregistré beaucoup de morts avant cette mesure. Le peuple est découragé, les soldats démotivés. C’est bien mais je pense que ça arrive un peu tard”.

Les attaques attribuées aux groupes jihadistes ont fait plus de 270 morts depuis 2015. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

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