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Burkina Faso: “Le putsch est terminé, on n’en parle plus”, selon Diendéré

  • C’est ce qu’a déclaré à la presse le chef des putschistes au Burkina Faso, le général Gilbert Diendéré.

General Gilbert Diendere sits at the presidential palace in Ouagadougou, Sept. 17, 2015.

“Le plus grand tort a été d’avoir fait ce putsch”, a ajouté l’ancien bras droit de l’ex-président Blaise Compaoré. “Aujourd’hui, quand on parle de démocratie, on ne peut pas se permettre de faire des actions de ce genre”.

Le coup d’Etat “s’est fait compte tenu d’un certain nombre de raisons que nous avons évoquées lors de la proclamation (du putsch). Nous avons vu ce qui s’est passé. Nous avons su que le peuple n’était pas favorable. C’est pour ça que nous avons tout simplement abandonné”, a-t-il expliqué.

Le général s’exprimait dans la foulée d’une cérémonie à Ouagadougou réinstaurant officiellement le régime de transition et son président Michael Kafando, renversés par le coup d’Etat du 17 septembre.

Après un entretien à huis clos avec les présidents nigérien, béninois et le vice-président nigérian, dans le même bâtiment où s’était tenue la cérémonie, le général Diendéré a discuté une vingtaine de minutes avec l’ambassadeur des Etats-Unis puis, souriant, a accepté de répondre aux questions des journalistes.

“Ce qui me rend de bonne humeur, c’est que nous avons évité l’affrontement. C’est très important. Nous avons toujours souhaité qu’il n’y ait pas de combats entre frères d’armes”.

“Je n’ai pas peur d’affronter (la justice). Je prends toutes mes responsabilités, j’assume pleinement ma responsabilité, je répondrai aux questions qu’on me posera, je ne vais pas nier qu’il y a eu des morts”, a ajouté le général, en uniforme vert olive du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’unité qui a mené le coup d’Etat.

“Il faut aller vers la recherche de la paix et de la stabilité et je pense que nous allons y aller”.

Le putsch, “c’est du temps perdu, je le reconnais, des moyens perdus, je le reconnais, c’est des vies humaines de perdues, je le reconnais”.

Interrogé sur une possible dissolution du RSP, il a répondu: “Ce n’est pas à moi de décider mais des assurances avaient été données pour que le RSP ne soit pas dissous et cela va se discuter très prochainement lorsque les médiateurs (de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, Cédéao) vont revenir”.

“Le RSP s’est cantonné, s’est retiré de toutes les positions qu’il occupait. L’armement n’a pas encore été réintégré (rendu) mais c’est chose qui sera faite dans les prochains jours et c’est pour cela que les modalités de ce désarmement vont être décidées par les chefs militaires”, a-t-il ajouté.

  • L’INTÉGRALITÉ DU DISCOURS DU PRÉSIDENT MICHEL KAFANDO

    “Mes chers compatriotes,Dans le malheur nous avons lutté ensemble. Dans la liberté nous triomphons ensemble.A présent, libre de mes mouvements, je reprends du service et par là-même, je m’affirme en la légitimité nationale.La Transition est ainsi de retour et reprend, à la minute même, l’exercice du pouvoir d’Etat.
    L’a -t-elle d’ailleurs jamais perdu ? Non ! Vu la clameur nationale contre les usurpateurs, vu la réprobation internationale contre l’imposture, c’est l’aveu même que le Gouvernement de Transition que vous avez librement choisi, et en qui vous avez totalement fait confiance, est resté le seul à incarner la volonté du peuple souverain.Au demeurant, le Président du Conseil National de la Transition (CNT), Monsieur Chériff SY, agissant en intérimaire du Président du Faso, a su garder la flamme intacte. Je lui en sais gré.

    Je vous invite donc à rester mobilisés autour de la Transition pour qu’ensemble nous continuions ce que nous avons commencé, à savoir remettre le processus électoral sur les rails, après avoir naturellement pansé les plaies et honoré la mémoire de nos compatriotes injustement tombés pour la défense de la patrie et dont certains gisent toujours dans nos morgues.

    Je m’incline très respectueusement devant leurs mémoires. La Nation tout entière leur rend hommage en attendant d’examiner la façon dont nous solderons les conséquences de cette funeste barbarie.
    A toutes les familles éplorées, je présente nos sincères condoléances.

    Nous sommes fiers de la mobilisation et de l’intrépidité du peuple burkinabè, en particulier de sa jeunesse dont la détermination sans faille a permis d’arrêter l’imposture. Tout indique que la conscience aigüe qui a guidé l’insurrection ne s’est guère émoussée, bien au contraire.

    Je salue notre Armée nationale qui, réalisant elle aussi le défi et l’anathème qui lui ont été lancés par cette horde d’insoumis, dans son amour-propre, a volé au secours du peuple martyrisé.

    Je salue tous les amis de l’extérieur et la Communauté internationale, pour avoir rejeté sans équivoque et de façon péremptoire ce pronunciamiento, digne d’une autre époque.

    Je salue toutes les forces vives du Burkina, les partis politiques, les Organisations de la Société Civile (OSC), les syndicats, le monde de la presse, les autorités coutumières et religieuses pour leur patriotisme, leur bravoure et leur dévouement.

    Je rends hommage à tous ceux qui, à travers de longues chaînes de prières continues, de suppliques et d’incantations, ont confié les destinées de notre pays à la mansuétude de la divine Providence.

    A tous, je dis merci et reconnaissance.

    Dès demain, le Gouvernement de la Transition se réunira au nom de la continuité de la vie nationale.

    En ce qui concerne les dernières propositions de la CEDEAO pour une sortie de crise, il est évident qu’elles ne nous engageront que si elles prennent en compte la volonté du peuple burkinabé, exprimée clairement dans la Charte de la Transition.

    Vive le Burkina Faso !

    Paix et honneur à nos morts.

    Que Dieu nous vienne en aide !”

APRÈS AVOIR RÉINSTALLÉ SON PRÉSIDENT DANS SES FONCTIONS LA POPULATION NETTOIE SES RUES

La population a déjà débuté l’opération mana-mana dans Ouagadougou pour rendre propre la ville des débris de la résistance contre le coup d’Etat. Ici sur l’avenue Bassawarga de la capitale le nettoyage est en marche surtout que demain c’est la fête de tabaski!

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