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BURKINA FASO: COUP D’ÉTAT DE SEPTEMBRE 2015. Trahis par leurs téléphones, Acte2

Le général putschiste Gilbert Diendéré
Le général putschiste Gilbert Diendéré
1erOct. 2015 FIN DE CAVALE POUR DIENDERE: Le général putschiste Gilbert Diendéré vient d’être remis aux autorités de la Transition. Il a été récupéré à la nonciature par la gendarmerie et est détenu depuis 15h au camp Paspanga. Il y rejoint le général Djibril Bassolé, le commandant Abdoul Aziz Korogo et le capitaine Abdoulaye Dao. Il doit être présenté à un juge d’instruction et répondre de plusieurs chefs d’accusation.

Trahis par leurs téléphones, #Acte_2
Il fallait gérer certaines situations; vite; très vite. ET dans la plus grande discrétion. Le 17 septembre; au moment où le Général Diendéré tente ; par la force des armes ; de s’installer dans le grand fauteuil de la Présidence ; l’un de ses fidèles ; le chef de corps du Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP) ; Boureima Kiéré ; reçoit un message. Et pas de n’importe qui. C’est le chef d’Etat-Major de la Présidence Ivoirienne ; le Général Vagondo DIOMANDE ; qui le contacte. « Demande au grand-frère d’entrer en contact avec moi d’urgence ; s’il te plait ». Et ce fameux « grand-frère » ; c’est Diendéré ; le chef des putschistes. Le même jour ; l’un des hommes de mains de Vagondo reprend contact avec Kiéré : « Mon patron cherche à joindre le Général. Urgence. Appelle sur ce numéro. Urgence ». Oui c’était « urgent » très urgent ! Il fallait que le coup d’Etat réussisse. Et lorsque le Général Vagondo parvient à établir le contact ; il va à fond ! Des plans sont peaufinés. Et le soutien ; tant espéré par les putschistes ; ne tarde pas. Mais Vagondo n’est pas seul dans le manœuvre. L’ancien chef rebelle ; devenu Président de l’Assemblée nationale de la cote d’Ivoire ; Guillaume Soro ; entre en scène. Ce dernier semble être le premier à prendre contact avec les putschistes. Et c’est le capitaine Ousséne Zoumbri du RSP qui transmet le message à Boureima Kiéré : « contact Soro. Il demande de l’appeler » ; dit-il. Le SMS contient également trois numéros de Guillaume Soro : Deux d’opérateurs de téléphonie installés en côte d’Ivoire et un numéro français. Message reçu le 18 septembre à 13h 44min 34s. Et comme s’il voulait s’assurer que le SMS est bien parti, il le renvoie à 14h 15min 47s. et par la suite, c’est le lieutenant-colonel chérif Ousmane qui se signale également de la cote d’ivoire : « Urgent. Lcl Chérif » lance-t-il à Bourema Kiere.
Vagondo, Soro et Chérif se montre particulièrement actifs dans le soutien aux putschistes. Revoici d’ailleurs Soro qui recontacte Kiere, le même jour, à 22h 49min. il lui communique son « numéro spécial ». Le contact donc bien établie concernant certaines questions urgentes. Les « choses » vont maintenant s’accélérer de façon pratique.

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Non élucidé: le général Yacouba Isaac Zida est soupçonné de malversations financières au moment où il occupait le fauteuil présidentiel au lendemain de la chute de Blaise Compaoré et à la primature où de fortes sommes d’argent ont été sorties des caisses sans pièces justificatives. L’ancien Premier ministre burkinabè, en exil au Canada depuis janvier 2016, fait l’objet d’une enquête portant sur des mouvements de fonds suspects après que son épouse a été interceptée avec 208 000 euros en espèce à l’aéroport d’Ottawa.Installé à Ottawa depuis janvier 2016, l’ex-Premier ministre burkinabè Yacouba Isaac Zida fait l’objet d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Dans une lettre dont Jeune Afrique a obtenu copie, datée du 23 novembre 2017 et adressée à Athanase Boudo, l’ambassadeur du Burkina au Canada, un inspecteur de la GRC sollicite « l’assistance » du gouvernement burkinabè afin de retracer l’origine de « transactions financières suspectes ». Cet inspecteur affirme qu’après l’arrivée de Zida et de son épouse à Ottawa, «certaines transactions les impliquant ont été rapportées à la GRC», car elles «comprenaient des indicateurs associés au blanchiment de capitaux». “208 000 euros en espèce”. Ce courrier révèle également que, le 9 septembre 2017, Rehanata Stéphanie Zida-Kaboré a été interceptée par les agents des frontières à son arrivée à l’aéroport d’Ottawa avec 208 000 euros en espèces, qu’elle aurait omis de déclarer. Informées fin novembre 2017, les autorités burkinabè ont répondu favorablement à la demande de coopération de la GRC, qui souhaite déterminer l’origine de ces fonds. Reste que la justice burkinabè n’a pour l’heure ouvert aucune procédure judiciaire pour des faits de corruption ou de détournement de fonds à l’encontre de Zida.

Les experts, commis par les juges d’instruction, ont passé au crible les téléphones et les ordinateurs de certains protagonistes du coup d’état. Ce qu’ils ont trouvé est grave. Et même très grave. Un colis assez spécial devrait arriver de la côte d’ivoire. il devrait permettre d’intensifier la force de frappe des putschistes. Et permettre à ces derniers de consolider leur assise au palais de Kossyam. Des instructions sont données de part et d’autre. Il faut vite organiser une mission à la frontière pour récupérer du matériel. C’est décidé : un hélicoptère de l’armée de l’air doit se rendre le lendemain, sur instruction des putschistes, à la frontière entre la côte d’ivoire et le Burkina. Et c’est le chef du service financier du RSP, capitaine Gaston Ouédraogo qui est désigné comme chef de mission. « je n’ai pas reçu le contact de ton chef de mission », affirme, par sms, le Lieutenant-colonel Chérif Ousmane à Boureima Kiéré, le 19 Septembre à 10h 52min. et puis, quelque minutes après, il se rend compte que ces informations lui ont été communiquées juste avant qu’il n’envoie son message. « Bien reçu », dit-il à Kiéré. A 12h 56, ce dernier reçoit un nouveau message. C’est la partie ivoirienne qui envoie le nom de son chef de mission. Celui qui dirigera l’équipe pour la livraison du fameux colis à la frontière. L’homme choisi est le Sous-lieutenant Touré Claude.

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Et voilà, c’est ok ! L’hélicoptère, positionné à la base aérienne 511, et qui devrait s’envoler de ouaga pour la mission à 06h du matin, a finalement pris son envol à 10h. Nos sources indiquent qu’il s’agit d’un hélicoptère MI17, immatriculé BF9001. A bord de l’appareil, quatre (04) militaires de l’armée de l’air : un pilote, un co-pilote, un mécanicien et un mécanicien-navigateur. Le seul élément du RSP dans l’appareil est le capitaine Gaston Ouédraogo. Et il est pratiquement le seul à savoir le type et les caractéristiques du matériel à récupérer. Les autres militaires sont un peu dans le flou. Le chef de la division des opérations de l’armée de l’air, le colonel souleymane Ouédraogo, leur a simplement dit qu’il s’agissait de récupérer du matériel de « maintien d’ordre » sans autre précision. Selon certains protagonistes, il s’agissait d’une mission « hautement sensible et secrète ». En réalité, seul le Général Diendéré détenait « tous les paramètres ». le matin du 19 Septembre, le Gaston Ouédraogo, le chef de mission, a été talonné par le pilote et le copilote. Il a dû envoyer un sms au capitaine Abdoulaye Dao pour comprendre : « je suis à la base aérienne sur ses instructions, mais les pilotes ont besoin de certaines infos que moi je n’ai pas » Dao lui envoie, aussitôt, un message, teinté de question : « veux-tu que je lui demande ? De quelles infos ont-ils besoin ? ». Deux (02) minutes après, le problème est réglé. Et voici le capitaine Gaston Ouédraogo qui rend compte : « il vient de me rappeler. Merci », dit-il à Dao. Et voici l’hélicoptère qui s’envole. Il stationne à l’aéroport de Bobo, se ravitaille en carburant et reprend son envol. Direction Niangoloko, localité burkinabè située à quelques encablures de la frontière ivoirienne. C’est là qu’il doit atterrir. Mais surprise. Un coup de fil en provenance du RSP change la donne. Le pilote reçoit instruction de se poser en territoire ivoirien. Mais ce dernier n’est pas de cet avis. Il ne dispose d’aucune autorisation écrite pour cela. Et s’il le fait, il pourra mettre en danger l’hélicoptère et tout son équipage. L’appareil pour être l’objet de tirs et même bombardé. Le pilote décide alors d’atterrir sur le sol burkinabè. A Niangoloko, sur un terrain de foot, près d’une école. La zone est sécurisée par les gendarmes burkinabè. Deux véhicules de types V8, en provenance du territoire ivoirien approchent. L’un se positionne près de l’hélicoptère. Un militaire et un commissaire de police ivoiriens sont à bord. Sept caisses de grenades lacrymogènes, modèle SP71, sont livrées à la partie burkinabè. De même qu’une grosse valise. L’instruction du dossier révèle qu’elle contenait une importante somme d’argent.
L’hélicoptère redécolle. Mais il y a problème. Le capitaine Gaston Ouédraogo le signale au capitaine Dao.il est 15h 29min 46s lorsqu’il appui la touche ok de son téléphone. Et voici le message : « arrivée probable à 16h 30. Le capitaine (le pilote, NDLR) dit qu’il a un moteur qui déconne un peu. Et qu’arriver à Ouaga, s’il tient toujours, il se posera sur le terrain gazonné ; dans le cas contraire, ce sera à la base ». Et il donne des indications : « pour le matériel, un seul véhicule peut embarquer. C’est une V8 qui l’a emmené. Juste pour dire que ce n’est pas volumineux ». « C’est où qui vous arrange ? Surtout pour l’enlèvement du matériel ? » Le capitaine Dao répond à cette question par une question : « terrain gazonné ou héliport du palais ? ». Et aussitôt, il apporte une réponse : « l’héliport du palais est plus discret, et c’est ce que nous avons prévu ». Gaston Ouédraogo lui envoie alors un sms : « ok, je vais voir le pilote et je te reviens ».moins de cinq minutes après, il se signale : « ok pour l’héliport, mais bien entendu si le moteur tient ». Et le voici qui revient quarante minutes plus tard. Il signale encore un problème au Capitaine Dao : « le pilote vient de me dire que la météo est mauvaise ; il doit faire un détour et grouiller atterrir à la base. Pourriez-vous envoyer un véhicule pour l’enlèvement du matériel ? ». La réponse de Dao est catégorique. C’est non ! « Il n’y a pas de problème de météo ici. Ils n’ont qu’à venir atterrir à kossyam ». C’est un ordre ! Voici donc l’hélicoptère qui se pose à kossyam. Quelques soldats récupèrent les caisses de grenades. La mallette (plein de billets), elle, est bien tenue par le capitaine Gaston Ouédraogo. Et est allé rendre compte au Général Diendéré. Ce dernier, interrogé par les juges, a reconnu d’avoir reçu du Général Vagondo, 84 millions de francs CFA et le soutien moral de Guillaume Soro.

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Avec, Source: courrier Confidentiel

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