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Algérie: des migrants subsahariens affirment avoir été vendus comme esclaves ? African migrants report torture, slavery in Algeria

Des dizaines de migrants africains ont affirmé avoir été torturés et réduits à l’esclavage par des passeurs dont la plupart sont de leur propre nationalité dans la ville de Tamanrasset, rapporte, mercredi 30 mai, l’agence de presse Reuters.
Reuters 
“Ce qui se passe en Algérie surpasse ce qui se passe en Libye”, a déclaré Bachir Amma, un ex-contrebandier nigérien qui dirige un club de football et une association locale pour informer les migrants des risques.

Alors que l’Algérie n’a pas fini de s’insurger contre les critiques de l’ONU quant au traitement réservé aux migrants, voilà que ce pays d’Afrique du Nord fait ainsi face à de nouvelles accusations. Il s’agit, cette fois, de migrants subsahariens qui ont affirmé avoir été torturés et vendus comme esclaves par des « passeurs » qui étaient le plus souvent de leur propre nationalité dans la ville de Tamanrasset.

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Détenues au centre de loisirs de Zeralda – transformé depuis quelques années en centre de rétention qui ne dit pas son nom – puis à Tamanrasset, les personnes arrêtées sont transportées sous la contrainte dans des bus sous escorte de la gendarmerie et avec le support d’éléments du Croissant Rouge Algérien, puis abandonnées en plein désert dans la zone frontalière au sud du pays. Pour les inciter à quitter le territoire, elles sont laissées sans ressources, vulnérables à tout type d’abus, de violations, et de risque pour leur vie. Plusieurs centaines de personnes n’ont d’autre solution que d’avancer à pied et à la merci de groupes criminels et des dangers naturels vers le Niger ou le Mali, où les associations tentent de leur apporter secours. Ces opérations d’expulsions collectives sont monnaie courante depuis plusieurs mois, sans aucun respect des garanties procédurales et des droits fondamentaux des personnes. Elles sont documentées, dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Le Comité des Nations Unies sur les droits des Travailleurs Migrants a demandé à l’Algérie de s’en expliquer. Les conventions internationales et même la loi 08/11 relative aux conditions d’entrée, de séjour et de circulation des étrangers en Algérie sont bafouées : entraves à l’accès des autorités consulaires aux lieux de détention, absence de droit à un conseil juridique, pas de notification de l’ordre de quitter le territoire, pas de contrôle de la légalité de l’arrestation par l’autorité judiciaire, ni de la privation de liberté ou de la reconduite à la frontière, abandon en plein désert d’adultes, d’enfants, de personnes vulnérables voire expulsions collectives. De plus, l’intervention de la société civile en faveur des personne migrante est entravé, à la fois dans la loi et dans la pratique.

L’OIM en Algérie a reçu trois rapports cette année d’amis et de parents de migrants africains retenus en otages et forcés de travailler dans le pays. “C’est probablement juste une indication que cela se passe. Quelle taille nous ne savons pas “, a déclaré son chef de mission, Pascal Reyntjens.

C’est du moins ce qu’a rapporté, ce mercredi 30 mai 2018, l’agence de presse Reuters, qui, en plus de témoignages rassemblés par l’agence à Agadez au Niger, cite une enquête de l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), qui a questionné des milliers de migrants après qu’ils ont quitté le pays dirigé par le Président Abdelaziz Bouteflika.

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Reuters indique que des témoignages ont fait état des détails de travail forcé et d’esclavagisme imposés à des migrants de différentes nationalités subsahariennes. Le cas d’un jeune Guinéen a été évoqué. Il s’agit d’un nommé Ousmane Bah, un ouvrier guinéen de 21 ans, qui a affirmé avoir été vendu deux fois en Algérie par des ravisseurs non identifiés. « La première fois, ils m’ont vendu pour 100 000 francs CFA », a-t-il déclaré à l’agence de presse. Pour sa part, un migrant togolais a indiqué avoir été torturé dans la ferme à moutons où il avait été forcé de travailler.

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Abdoulaye Maizoumbou, membre d’une organisation caritative à Agadez au Niger, a confié à l’agence de presse qu’une vingtaine des 30 migrants renvoyés de l’Algérie qu’il a rencontrés ont également affirmé avoir été esclaves, la plupart vendus à Tamanrasset, souvent par des passeurs de leur propre nationalité.

Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas réagi à ces accusations, du reste graves et qui pourraient porter un sacré coup à l’image de ce pays d’Afrique du Nord.

COMMUNIQUE de l’Organisation démocratique du travail (ODT) et l’Odt travailleurs immigrés au Maroc

SITUATION DES MIGRANTS SUBSAHARIENS EN ALGERIE

Les migrant-e-s originaires de l’Afrique subsaharienne vendu-e-s comme esclaves en Algérie

Lire le:⇒  COMMUNIQUE

 

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