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Afrique / Le Bénin dit non à un don français d’équipements médicaux usés

Photo: lencrenoir
Photo: lencrenoir

Les autorités béninoises ont décidé de décliner un important don d’équipements médicaux qui leur a été offert par un partenaire français. Selon les explications du ministre de la santé publique du pays, le matériel objet du don est usagé ou vétuste, ce qui risque d’impacter la qualité des prestations sanitaires des centres de soin du pays. Un fait assez rare sur le continent…

C’est bien connu, par des vides étatiques bien entretenus, l’Afrique reçoit des milliards de dollars de dons en produits de toutes sortes. Vêtements, nourriture périmée, technologies déclinantes, débris, tout y passe.

« Le 27 juillet 2016, une première pour une ancienne colonie africaine, le Bénin demande officiellement la restitution des trônes, statues et bijoux pillés en 1892 et exposés au musée du Quai-Branly à Paris. Sans excuse, la France qui ne conteste pas le fait que ces objets aient été pillés refuse catégoriquement de s’en séparer. »

Alors qu’hier le Président nigérian quittait son pays, la plus forte économie d’Afrique, pour aller se faire soigner à Londres, la semaine dernière, la France libérait du Centre Hospitalier Régional d’Orléans du matériel médical vétuste en direction du Centre hospitalier départemental et universitaire du Borgou et de l’Alibori de Parakou.

On peut bien prétendre qu’il ne faut pas regarder la bride du cheval donné, mais là, l’offrande avait plus l’allure du Cheval de Troie. Selon Alassane Séidou, le Ministre de la Santé béninois, accepter ce « cadeau» viendrait a créer « des couloirs de la mort et des poubelles de ferrailles médicales ».

Après une année de service en tant que Ministre de la Santé, Alassane Séidou annonçait  le 7 mai 2017  dans une chaine de télévision privée béninoise qu’il avait ses propres plans pour moderniser les infrastructures de santé de l’ancien protectorat français jadis connu sous le nom de République du Dahomey.

Effectivement, avec l’aide du Japon, le Programme d’actions du gouvernement (Pag) prévoit l’aménagement de nouveaux hôpitaux avec du matériel neuf.  Cette construction devrait aboutir fin décembre 2017 selon les dires du Ministre.

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Cet événement, loin d’être bénin, conforte l’idée des avantages des échanges Sud-Sud. Comme disait le Dr. Loum Ndiaga, politicologue, professeur à l’Université du Québec dans une conférence vantant les échanges entre voisins:  « La proximité géographique et culturelle fait qu’en route nos problèmes deviennent vos problèmes». Ici, en livrant délibérément du  « matériel qui pourrait entrainer des contre-performances au niveau du diagnostic  » selon M.  Séidou , la France ne montre aucun intérêt réel  à la santé physique des habitants de son ex-colonie. Les conséquences de cette négligence pourraient être catastrophiques et surement létales dans certains cas.

« Orgueil national » ?

L’information a été largement bien accueillie au sein de l’opinion béninoise et même au-delà. Si certains rares commentaires ont mis en avant, « un excès d’orgueil national au vu des besoins pour les populations démunies », la plupart ont mis en avant le courage politique des autorités béninoises estimant que « l’Afrique ne devrait pas être la poubelle des pays développés ».

Entrée en vigueur en 1992, la convention internationale de Bâle interdit l’exportation de déchets dangereux des pays membres de l’OCDE (des pays développés pour la plupart )vers ceux du Sud. En Europe, les règles sont encore plus dures : une directive interdit à ses États membres en 2002 d’exporter leurs déchets, dangereux ou non, pour les faire éliminer dans un pays étranger. Malgré cela rien n’est fait. Les déchets s’empilent au Sud. Pourquoi ? Les États-Unis n’ont pas ratifié la convention de Bâle. Et les pays européens font passer les exports de déchets électroniques pour des dons d’équipements usagés.

Et évidemment, ce n’est pas le seul cas où l’Occident exfiltre ses déchets. En 2016, il y eut polémique au Maroc sur l’envoie de 2500 tonnes de déchets en provenance d’Italie à 90 km au sud de Casablanca. Aussi, en 2012 le Zimbabwe interdisait légalement l’envoi de tout sous-vêtement de seconde main, un geste suivit par le Ghana.

Avec, Source

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