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Accord d’Alger: Un projet qui comporte « des risques majeurs pour l’unité et la stabilité du Mali « .

Après l’échec retentissant des accords d’Alger rejetés en bloc par les Touaregs. Le président Malien entame sa deuxième visite officielle en Algérie en moins de 15 mois. Pour quoi ? Pour rien, il repartira à Bamako avec une poignée de mouches.

Source: Xinhua:

La Coordination des Mouvements de l’ Azawad (CMA), qui regroupe le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés, a refusé de parapher le projet d’accord de paix, signé le 1er mars à Alger entre le gouvernement malien et certains groupes du nord du Mali, en exigeant des amendements, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Cette position a été officiellement transmise à une importante délégation internationale qui s’est rendue mardi à Kidal, dans le nord du Mali, pour la convaincre de signer le projet d’accord.

Mais, ce qui ne ressort pas des déclarations officielles, indiquent des sources concordantes, c’est que la Médiation s’est heurtée à « un niet catégorique de la CMA » qui ne veut pas signer tant que « l’Azawad n’est pas reconnue comme une entité politique avec une certaine autonomie ».

L’Azawad est l’appellation donnée aux régions du nord du Mali par la rébellion.

« En réalité, comme dans l’Accord de 2006, le MNLA et ses alliés souhaitent seulement contrôler les forces qui vont être déployées dans le nord pour traquer les terroristes. Ce qui est aussi une manière de contrôler la contrebande et le trafic de la drogue qui constituent une manne financière pour leurs leaders », commente Kader Toé, chroniqueur indépendant.

Lors d’une rencontre le 13 mars 2015 à la Primature, le Premier ministre malien Modibo Keïta a souligné que le projet d’accord sauvegarde « les principes fondateurs » de la nation et prend en compte « les aspirations du peuple malien tendant vers une paix globale et définitive ».

Et pour le secrétaire exécutif de la Convention de la majorité présidentielle (CMP), Nancouma Keïta, « l’essentiel a été acquis.. Dès l’instant qu’on est d’accord sur l’essentiel, les défis consistent à transformer toutes les raisons de doute en réussite ».

Mais, si le projet d’accord est considéré comme un tremplin vers une paix définitive, des doutes persistent sur la fiabilité du document. Selon certains analystes, le texte comporte de  » nombreuses dispositions constituant des voies détournées pour aboutir à la création d’une entité autonome dans le nord ».

C’est l’avis de l’opposition politique qui pense que ce projet comporte « des risques majeurs pour l’unité et la stabilité du Mali « .

Le Collectif des Ressortissants du Nord (COREN) considère, tout comme l’opposition, que la mention de l’Azawad comme « une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique.. », constitue « une véritable imposture politique et est porteuse de germes réels de séparatisme qu’aucun Malien ne doit sous-estimer ».

Au finish, estime Oumar Chérif Haïdara, diplomate à la retraite, « cet accord divise plus qu’il ne rassemble autour de l’idéal de paix ». Autant dire qu’il est déjà dans l’impasse avec cette exigence de la CMA de l’amender pour inclure « l’Azawad » comme entité politique avec plus d’autonomie administrative et budgétaire.

Faut-il alors retourner à Alger pour le 6e round afin d’ arrondir les angles de part et d’autre comme l’exige la CMA? Des analystes répondent par la négative, estimant que la CMA trouvera toujours des objections tant que « ses aspirations fédéralistes ne sont pas prises en compte ». Alors que celles-ci sont  » inacceptables » pour la majorité des Maliens. Pour le moment, le gouvernement malien n’a pas encore réagi au refus de la CMA de parapher un accord qui a nécessité huit mois de négociations.

De l’avis du professeur Aboubacrine Assadek Ag Hamady, un activiste de l’unité nationale cité par un hebdomadaire malien, Le Reporter, « le MNLA a mobilisé ses populations sur une base irréaliste. Maintenant, il lui est difficile de reculer et de les convaincre ».

« Un accord de paix n’est bon ou mauvais que dans l’application. Et on ne parvient pas à la paix dans la contrainte et sous la pression », a fait remarquer pour sa part Oumar Chérif Haïdara.

Certains analystes restent cependant optimistes, soulignant que la CMA n’a pas définitivement fermé la porte à un compromis, puisque qu’elle a sollicité des discussions avec le gouvernement malien pour aboutir à un texte consensuel.

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