Breaking News
Home / Business / Académie du Royaume du Maroc: M. Carlos Antonio Carrasco, « L’Amérique latine entre l’intégration régionale et la nouvelle politique des états-Unis d’Amérique ».

Académie du Royaume du Maroc: M. Carlos Antonio Carrasco, « L’Amérique latine entre l’intégration régionale et la nouvelle politique des états-Unis d’Amérique ».

Carlos Antonio CARRASCO
M. Carlos Antonio CARRASCO
Dans le cadre du cycle préparatoire de sa 45ème session, prévue du 24 au 26 avril prochains sur le thème « L’Amérique latine comme horizon de pensée », l’Académie du Royaume du Maroc a abrité, le mercredi 14 mars 2018, une conférence donnée par M. Carlos Antonio Carrasco, sur le thème « L’Amérique latine entre l’intégration régionale et la nouvelle politique des états-Unis d’Amérique ».
M. Abdeljalil Lahjomri Secrétaire perpétuel de l'Académie du Royaume du Maroc et M. Carlos Antonio Carrasco
M. Abdeljalil Lahjomri Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc et M. Carlos Antonio Carrasco

Ancien diplomate Bolivien et académicien de renom, M. Carlos Antonio Carrasco a entamé son intervention en mettant l’accent sur l’histoire de l’Amérique latine qui a connu « quatre siècles de domination coloniale aboutissant à une libération qui se consolide encore ».

Pour le conférencier, cette libération suivie de l’instauration d’états républicains, n’est qu’un pas vers une véritable émancipation : « Ces pays libérés tombent rapidement dans des dictatures militaires, soumises au diktat de pouvoirs européens d’abord et plus tard à celui des Etats-Unis d’Amérique par l’entremise de ses compagnies multinationales, moteur de  l’impérialisme américain ».

Les Etats-Unis d’Amérique ont fini par établir une « tutelle dans le domaine politique et surtout économique, créant un contexte dans lequel les entreprises capitalistes américaines s’emparent des ressources naturelles de la région, aussi bien dans le domaine minier que dans l’agriculture ».

Bien des années plus tard, a ajouté M. Carlos Antonio Carrasco, un «évènement singulier» esquisse un espoir de meilleures relations entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Amérique latine, à savoir l’arrivée de John F. Kennedy à la Maison-Blanche

D’abord, a-t-il dit, Kennedy entame une politique de séduction vis-à-vis de l’Amérique latine, moyennant une proposition de coopération «spectaculaire » dénommée “Alliance pour le Progrès” qui avait coûté 10 milliards de dollars à Washington.

Plusieurs forums ont vu le jour où les Etats-Unis d’Amérique et 35 états latino-américains se rencontrent pour débattre essentiellement de questions politiques d’actualité telle que l’Organisation des états Américains (OEA). Cuba, longtemps exclu de cette organisation, l’a intégrée en 2015. Le premier forum a eu lieu à Miami, où la prétendue Zone de libre-échange des Amériques (ALCA) promue par les américains n’a pas fait l’unanimité. Le prochain sommet aura lieu à Lima (Pérou) les 13 et 14 avril 2018.

A Lire aussi  Royaume du Maroc / Marrakech / FMMD 2018: Document, Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

La quête de l’intégration régionale de l’Amérique latine est une préoccupation permanente des gouvernements et une très chère aspiration des peuples. Mais les contraintes pour parvenir à cet objectif sont de nature géographique, politique et économique.

Nous avons vu que, par exemple, les pays d’Amérique centrale ont mis en place leurs propres institutions. Ceux d’Amérique du Sud ont également les leurs. Les îles des Caraïbes suivent la même trajectoire. Le Mexique considère, lui, faire partie de l’Amérique du Nord. D’un point de vue économique, le Mexique fait partie du Nord America Free Trade Area (NAFTA) en partenariat avec les Etats-Unis d’Amérique et le Canada.

Un dénominateur commun : le désir des latino-américains de s’émanciper de la tutelle de Washington, à l’instar de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) qui a réussi à incorporer, comme membres, tous les pays de la région, à l’exception des états-Unis d’Amérique et du Canada. Mais cette plateforme est davantage “symbolique” que réellement effective.

L’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique n’a pas facilité les relations avec le reste du Continent. Au contraire, son initiative de bâtir un mur à la frontière avec le Mexique a exacerbé la méfiance.

Une autre contrainte pour atteindre cet objectif est le manque de relations entre les grands pays tel le Brésil, l’Argentine ou le Mexique. Dans ces pays, comme dans les autres, le fossé entre riches et pauvres est très grand. L’inclusion sociale est un problème non résolu.

Ces organisations d’intégration ne contribuent pas pleinement à leur objectif initial. Toutes leurs régulations produisent jusqu’à aujourd’hui davantage de bureaucratie que de véritables mesures de coopération.

Pour résumer, l’intégration régionale a encore un long chemin à parcourir. Pour Washington, ce n’est plus un objectif prioritaire dans sa politique extérieure.

6

Biographie express : 
Docteur en sciences politiques, M. Carlos Antonio Carrasco a notamment occupé les fonctions de Ministre de l’éducation et de la Culture en République de Bolivie et celui de Directeur pour l’Amérique latine au sein de l’UNESCO.

M. Carlos Antonio Carrasco est également Professeur au Centre des Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Paris.

About Mohammed Gherrabi

Check Also

ROYAUME DU MAROC : 40 pays Africains à la Conférence Ministérielle Africaine sur l’appui de l’Union Africaine au processus politique des Nations Unies sur le différend régional sur le Sahara.

. Cette Conférence, qui connaît la participation d’une quarantaine de pays africains, en provenance des …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *