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Deux journalistes français interpellés pour avoir fait du chantage le roi du Maroc

Les plumes et les médias occidentaux dictent à leurs audiences (consommatrices passives de la chose africaine) ce sur quoi elles doivent concentrer leur attention. Si on sonde ces audiences sur les événements les plus importants de l’actualité africaine de ces derniers mois, on peut présumer que la plupart d’entre elles parleront au premier chef de la guerre civile en Côte d’Ivoire. Rares sont ceux qui mentionneront les stratégies de mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) ou d’autres sujets cruciaux pour la démocratie et le développement en Afrique.

On peut comprendre aisément pourquoi l’actualité africaine ne peut être inscrite au chapitre de l’agenda-building, qui est une construction sociale de l’actualité. Le conflit, la confrontation et la crise sont au cœur des critères de couverture des nouvelles du continent noir. Les journalistes occidentaux ne vont pas en Afrique pour faire du journalisme civique international ou pour contribuer au développement et à la démocratie en Afrique. Un ancien rédacteur en chef de l’agence Reuters a d’ailleurs exprimé l’idée qu’une nouvelle est tout simplement « la quête de vérité dans les événements » et que le journaliste « ne peut se préoccuper de l’étude des problèmes ». Les journalistes occidentaux vont donc en Afrique essentiellement pour rapporter ou guetter ce qui va mal.

Les pays africains devraient notamment créer ou renforcer, sur le plan national, régional, voire continental, les structures chargées des relations avec les médias occidentaux. Ces structures pourraient être appuyées par des organismes ou des groupes de pression internationaux œuvrant dans l’intérêt de l’Afrique. Pourquoi ne pas penser à la création d’un Centre de surveillance et de redressement de l’image de l’Afrique ? Il ne s’agit pas de mettre en place des mécanismes de censure ou d’intimidation de la presse occidentale, mais plutôt d’offrir à ces médias les perspectives africaines afin d’équilibrer les informations sur l’Afrique. Le but de cette stratégie n’est pas d’interdire les reportages sur l’« Afrique des catastrophes », mais simplement de favoriser, de façon démocratique, l’émergence, aux yeux de la communauté internationale, de l’« autre Afrique » 



Après la sortie du livre de Pierre Péan “Pierre Puant”«Nouvelles affaires africaines – Mensonges et pillages au Gabon» “Ali Bongo est d’origine biafraise……”….Deux journalistes français interpellés pour avoir fait du chantage le roi du Maroc



 

Les deux journalistes auraient réclamé 3 millions d’euros au roi du Maroc. Eric Laurent et Catherine Graciet auraient tenté d’obtenir cette importante somme d’argent contre la non publication d’un livre, contenant des informations compromettantes, a-t-on appris de source judiciaire.

Les journalistes ont été interpellés à Paris après un rendez-vous avec un représentant du Maroc où ils ont reçu de l’argent, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP. Ils sont en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte mercredi pour tentative d’extorsion de fonds et tentative de chantage, a précisé la source judiciaire.

Interpellés de “l’argent dans les poches”

L’un des avocats du roi du Maroc, Me Eric Dupond-Moretti a indiqué sur BFMTV que le Maroc avait décidé “immédiatement de déposer plainte” auprès de la justice française. Il explique également que la police a organisé “des rencontres filmées entre le représentant du roi” et les journalistes. La dernière de ces réunions aurait eu lieu aujourd’hui avec un échange d’argent. “Quand ils sont sortis du restaurant, ils avaient l’argent dans les poches et la police les a cueillis”, affirme Me Dupont-Moretti.

 

Des entrevues sous surveillance policière

  • Le premier acte a lieu le 23 juillet à Paris. Ce jour-là, Éric Laurent contacte le cabinet du roi du Maroc. Il annonce qu’il va publier un livre à charge et sollicite un rendez-vous. Le 11 août, une rencontre a lieu entre l’écrivain et un avocat marocain. Au cours de ce face à face, Éric Laurent aurait réclamé trois millions d’euros au représentant du roi pour annuler la publication du livre. C’est ce que soutient le Maroc. Une plainte est alors immédiatement déposée auprès du procureur de Paris.
  • Deuxième acte, le 21 août. Une nouvelle rencontre se tient entre l’avocat marocain et l’écrivain. Mais cette fois, la réunion est sous discrète surveillance policière. Éric Laurent aurait alors réitéré son offre : 3 millions d’euros contre son silence. Cinq jours plus tard, devant la gravité des faits, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour chantage et tentative d’extorsion de fonds. Trois juges sont désignés.
  • Le dernier acte a donc eu lieu ce jeudi 27 août. Un ultime rendez-vous est à nouveau surveillé et écouté par la police. L’écrivain se serait accordé sur une transaction à deux millions d’euros, accepté une avance de 80.000 euros et renoncé par écrit à la publication. Il a finalement été interpellé à la sortie de ce restaurant parisien, en compagnie, semble-t-il, de sa co-auteure, Catherine Graciet, qui travaillait sur cet ouvrage.

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