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Made in Rwanda: l’interdiction d’importation de vêtements de seconde main (friperie) en provenance des USA. Malgré les nombreuses pressions

Malgré les nombreuses pressions dont il fait l’objet, l’exécutif rwandais compte bien appliquer l’interdiction d’importation de vêtements de seconde main en provenance des USA.

« Le Rwanda et d’autres pays de la région bénéficiaires de l’AGOA doivent s’atteler à d’autres activités, nous devons créer nos industries et en assurer la croissance, avait déclaré le président Kagame.

Cette disposition décidée en 2015 par la Communauté Est-Africaine (CEA), visait à couper d’ici la fin de l’année 2018, l’approvisionnement en vêtements ainsi que de chaussures à bas prix, originaires du pays de l’Oncle Sam.

En effet, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et le Soudan du Sud ont décidé d’interdire complètement l’importation de vêtements et de chaussures usagés à l’horizon 2019, arguant que cette mesure permettrait aux pays membres de stimuler l’industrie locale de confection de vêtements. Cependant, les membres de l’association des matières secondaires et textiles recyclés (Secondary Materials and Recycled Textiles Association – SMART), une association des entreprises du textile des États-Unis d’Amérique (É.-U.), avancent que cette décision de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) interdisant l’importation de vêtements et de chaussures d’occasion impose des difficultés économiques considérables à l’industrie américaine des fripes. Les pétitionnaires affirment que cette interdiction est en contradiction directe avec les exigences selon lesquelles les bénéficiaires de la loi sur la croissance et les potentialités de l’Afrique (AGOA) doivent œuvrer vers l’élimination « des barrières au commerce et aux investissements américains » et promouvoir « des politiques économiques qui visent la réduction de la pauvreté ».

En réponse à cette mesure, les USA avaient agité le spectre d’une suspension du Rwanda ainsi que de l’Ouganda et de la Tanzanie de l’AGOA, un programme qui leur permet d’écouler leurs produits en franchise de droits de douane sur le marché américain sur la période 2015-2025.

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Vincent Munyeshyaka, ministre rwandais du Commerce et de l’Industrie.
Vincent Munyeshyaka, ministre rwandais du Commerce et de l’Industrie.

« La position du Rwanda n’a pas changé. Nous voulons construire une industrie textile locale, nous voulons promouvoir le Made-in-Rwanda et combler le déficit commercial en réduisant les importations de biens qui peuvent être produits localement comme les habits et les chaussures.», explique Vincent Munyeshyaka (photo), ministre rwandais du Commerce et de l’Industrie.

« Pour ce qui est de la facilitation de la croissance des industries textile et de la chaussure, nous faisons exactement ce qui était convenu [à Washington en 2015, ndlr] et ils [USA, ndlr] disent ‘‘non vous ne pouvez pas. Nous continuerons à vous fournir nos vêtements de seconde main. Vous ne pouvez pas développer vos industries ’’. Cela dépasse mon entendement. », souligne pour sa part Robert Opirah, numéro un du département des investissements dudit ministère.

La stratégie du gouvernement rwandais concernant le développement des filières textile-habillement et cuir ambitionne de créer plus de 25 600 emplois. Il vise par ailleurs, à réduire les importations de ces produits manufacturiers à 33 millions $ d’ici 2019, contre 124 millions $ en 2015.

 

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