Manifestations au Venezuela: Bilan plus de 30 morts depuis début avril.

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Les étudiants vénézuéliens défilaient jeudi contre le président socialiste Nicolas Maduro et son projet de nouvelle Constitution, sur fond de violences lors des manifestations qui ont déjà fait 33 morts depuis début avril.

Plusieurs défilés se déroulaient à la mi-journée à partir de centres universitaires. A Caracas, un cortège de centaines de personnes, les mains en l’air, est ainsi parti de l’Université centrale du Venezuela (UCV), principale institution publique d’enseignement supérieur du pays, a constaté l’AFP.

A peine sortis du campus, ils ont été bloqués par les forces de l’ordre et des camions anti-émeutes équipés de barrières. Tandis que les manifestants leur faisaient face, alternant slogans et applaudissements, la garde nationale militarisée a fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser.

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« Cela fait plus d’un mois que nous résistons, cela n’est pas une course de vitesse mais de résistance. Le Venezuela est dans la rue pour lutter contre cette dictature », a déclaré Daniel Ascanio, de l’université Simon Bolivar à Caracas.

Ces nouvelles mobilisations interviennent dans un climat extrêmement tendu au Venezuela : la vague de manifestations et de violences depuis début avril a fait 33 morts, selon le dernier bilan du parquet jeudi matin.

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Un policier de 38 ans est décédé après avoir été blessé par balles mercredi lors d’une mobilisation dans la ville de La Pradera, à 160 kilomètres à l’ouest de Caracas.

– Message au pape –

Mercredi, le Venezuela a de nouveau été secoué par des violences lors de rassemblements contre le projet du président Maduro de convoquer une assemblée constituante, une manoeuvre, selon l’opposition, destinée à repousser les élections et à s’accrocher au pouvoir.

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Pendant plusieurs heures, la police et la garde nationale militarisée ont repoussé les manifestants sur une autoroute de l’est de Caracas avec du gaz lacrymogène, des canons à eau et des tirs de grenaille, tandis qu’en face, plusieurs groupes de jeunes, parfois cagoulés, répliquaient par des jets de pierres et de cocktails Molotov.

Un manifestant de 18 ans est décédé à Caracas tandis qu’un autre a été brûlé quand ses vêtements ont pris feu après l’explosion d’une moto de la police lors des affrontements, a constaté un photographe de l’AFP.

Les affrontements ont fait environ 300 blessés, selon les autorités municipales.

L’opposition de centre droit, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, et le gouvernement socialiste s’accusent mutuellement de ces violences.

Jeudi matin, un autre groupe d’étudiants s’est rendu à la Conférence épiscopale vénézuélienne, dans l’ouest de la capitale, pour remettre un message à l’Eglise et au pape François, qui a fait part de sa préoccupation à cause des violences.

« Le message au pape: on nous tue, c’est une dictature. Que l’Eglise rejoigne les mobilisations et voyons si la dictature ose réprimer l’Eglise », a expliqué Santiago Acosta, de l’université catholique Andrés Bello.

– Seule voix discordante –

« Il est temps de dialoguer et de négocier », a plaidé la procureure générale de la Nation, Luisa Ortega, dans un entretien au Wall Street Journal jeudi.

Seule voix discordante au sein du camp présidentiel, elle critique aussi la décision de M. Maduro de modifier la Constitution. « Cette Constitution est inégalable », « c’est la Constitution de (Hugo) Chavez », le prédécesseur et mentor de M. Maduro, défend-t-elle.

Le président Maduro a remis mercredi au Conseil national électoral le décret convoquant l’assemblée constituante, qui aura pour mission de rédiger une nouvelle Constitution afin de remplacer celle de 1999.

Selon lui, l’élection des 500 membres de cette assemblée, dont la moitié seront élus ou désignés par différents secteurs de la société (syndicats, minorités sexuelles, retraités, etc), se fera « dans les prochaines semaines ».

Si M. Maduro n’a pas encore détaillé les changements exacts qu’il souhaitait introduire dans la Constitution, ses adversaires redoutent le pire, d’autant que l’assemblée constituante pourrait bousculer le calendrier électoral: des municipales sont programmées pour 2017, avant la présidentielle de fin 2018.

Or, toute échéance électorale apparaît risquée pour le chef de l’Etat. Dans ce pays pétrolier dont l’économie s’est effondrée avec la chute des cours du brut, l’inflation est devenue incontrôlable et la majeure partie des aliments et des médicaments font défaut.

En colère, sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ immédiat de Nicolas Maduro, élu en 2013 après le décès de Hugo Chavez.

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