Qui sont les neuf responsables de la Fifa inculpés par la justice américaine ?

Sept d’entre eux ont déjà été arrêtés en Suisse pour des accusations de corruption par le Département américain de la Justice .

De gauche à droite et du haut en bas : Rafael Esquivel, Nicolas Leoz, Jeffrey Webb, Jack Warner, Eduardo Li, Eugenio Figueredo and Jose Maria Marin

Ce mercredi 27 mai, plusieurs hauts responsables du monde du football ont été arrêtés par la police helvétique à Zürich dans un luxueux hôtel de la ville. Ces personnes sont réclamées par la justice américaine pour des faits présumés de corruption commis sur ces vingt dernières années à la Fifa. D’après le bureau fédéral de la justice suisse, ce sont six personnes qui ont été arrêtés ce matin.

C’est le journal américain New York Times qui l’a annoncé : un coup de filet a eu lieu ce mercredi matin à l’aube, dans un hôtel luxueux de Zürich, proche du siège de la Fédération internationale de football association (Fifa). D’après le bureau fédéral de la justice suisse, ce sont six responsables du monde du football qui ont été arrêtés.

La justice américaine demande leur extradition pour des faits de corruption présumés. On parle de contrats de marketing, mais aussi des conditions d’attribution des Coupes du monde. « Des représentants des médias sportifs et de sociétés de marketing sportif seraient impliqués dans des versements à de hauts fonctionnaires d’organisations footballistiques (des délégués de la Fifa et d’autres personnes appartenant à des organisations affiliées à la Fédération Internationale de football Association) en échange de droits médiatiques et des droits de marketing de compétitions organisées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud », a indiqué le ministère suisse de la Justice dans un communiqué.

Parmi les personnes visées dans ces enquêtes, les premiers noms qui ont filtré sont ceux de l’Uruguayen Eugenio Figueredo, l’ancien président de Confédération sud-américaine de football (Conmebol), Jeffrey Webb des îles Caïmans, vice-président exécutif de la Fifa ou encore Jack Warner de Trinidad-et-Tobago, un ancien membre du comité exécutif. Les personnes interpellées vont être entendues par la police de Zürich. Ceux qui accepteront leur extradition feront l’objet d’une procédure simplifiée « par laquelle l’Office Fédéral de la Justice pourra sans délai approuver la demande d’extradition vers les Etats-Unis et l’exécuter. Pour celles qui s’y opposeront, l’OFJ priera les Etats-Unis de faire parvenir une demande formelle d’extradition à la Suisse dans le délai de 40 jours prévu par le traité d’extradition en vigueur entre les deux pays », précise encore la justice suisse.

Ces cadres de la Fifa se trouvent en ce moment à Zürich puisque c’est aujourd’hui que doit débuter le congrès annuel de la fédération internationale, congrès au cours duquel devait être réélu le président de l’institution, le Suisse Sepp Blatter, largement favori pour entamer un cinquième mandat malgré la concurrence du prince Ali du Qatar.

Mais l’arrestation de ces personnalités de la Fifa qui sont forcément proches de Sepp Blatter devrait donner une tonalité très particulière à ce congrès et à cette élection. D’après son porte-parole, la Fifa cherche « à clarifier » la situation et ne fera pas de commentaire sur les arrestations effectuées en Suisse.

Jack Warner : président de la Confédération nord-américaine de football (Concacaf) et ex-vice-président de la Fifa, déjà impliqué dans de nombreuses affaires de corruption. Il a démissionné de tous ses mandats liés au football en juin 2011 et la Fifa a indiqué, à la suite de ces démissions, que toutes les procédures menées à son encontre par la Commission d’éthique étaient closes, et la présomption d’innocence demeurait.

Bravant cela, Warner a été suspendu pour enquête après avoir été soupçonné d’avoir acheté des voix au sein de la Concacaf (confédération nord-américaine) avec l’homme d’affaires qatari et président de la Confédération asiatique (AFC), Mohamed Bin Hammam, qui s’était posé en rival de Blatter en se présentant à l’élection présidentielle de la Fifa en mai 2011.

Accusé dans d’autres dossiers d’avoir utilisé sa position dans les instances du football à des fins lucratives personnelles, Warner avait prédit un « tsunami » s’il était mis en cause.

De nationalité trinidadienne,  Jack Warner a affirmé mercredi qu’il était « innocent de toute accusation ».

 » J’ai quitté la politique du football mondial pour m’impliquer dans l’amélioration de la vie du pays où, à la grâce de Dieu, je mourrai… Les actions de la Fifa ne me concernent plus, « , a-t-il déclaré.

Nicolas Leoz : ancien président de la Confédération sud-américaine (1986 et 2013), était déjà impliqué dans une enquête menée par la commission d’éthique de la Fifa. Il avait contribué à classer une affaire dans laquelle le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), Joseph Blatter, était accusé. Le dossier a été classé faute d’un code d’éthique à la Fifa avant l’automne 2004, à l’époque.

Une première enquête était déjà arrivée aux mêmes conclusions. Elle examinait des contrats exclusifs de droits TV pour la Coupe du monde pour lesquels la justice suisse avait accusé Joao Havelange, ex-président la Fifa (1974-1998), et Ricardo Teixeira, patron de la puissante fédération brésilienne (1989-2012) d’avoir perçu des pots-de-vin pour la Coupe du monde.

Les autres responsables actuels ou passés de la Fifa sont poursuivis par le ministère de la Justice américain pour corruption sont :

Jeffrey Webb : vice-président de la Fifa et président de la Concacaf.

Eduardo Li :membre des comités exécutifs de la Fifa et de la Concacaf.

Julio Rocha :chargé du développement à la Fifa.

Costas Takkas :attaché au cabinet du président de la Concacaf.

Eugenio Figueredo :actuel vice-président de la Fifa.

Rafael Esquivel : membre du comité exécutif de la Conmebol;

José Maria Marin : membre du comité d’organisation de la Fifa pour les jeux Olympiques.

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