Congo Brazzaville: Le pouvoir promet un consensus sur le projet de modification de la Constitution

Le débat sur la tentative de modification de la Constitution est relancé au Congo-Brazzaville suite aux derniers évènements qui se sont produits au Burkina Faso et qui ont poussé Blaise Compaoré à fuir du pouvoir. Même si aucun projet de révision constitutionnelle devant permettre à Denis Sassou Nguesso de se représenter en 2016 n’est pas encore introduit à l’Assemblée nationale, la question divise la classe politique.

La chute de Blaise Compaoré ne laisse pas indifférent, pouvoir et opposition du Congo Brazzaville. Protestant depuis des mois contre toute idée de modification constitutionnelle permettant à Denis Sassou Nguesso de s’offrir un pouvoir à vie, l’opposition congolaise est réconfortée par le soulèvement des Burkinabè et menace contre toute tentative de maintien au pouvoir.

Dans la foulée, 20 des 32 membres de l’opposition et de la société civile arrêtés mardi au cours d’une réunion du Mouvement citoyen pour le respect de l’ordre constitutionnel ont recouvré leur liberté. Ces responsables ont été arrêtés au domicile même de Clément Mierassa, président du parti d’opposition Parti Social-Démocrate Congolais (PSDC).

De leur côté, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) se disent préoccupés et dénoncent une «violation flagrante des libertés fondamentales».

Qu’à cela ne tienne, le débat autour d’une éventuelle réforme de la Constitution se poursuit. Le parti au pouvoir continue de penser que le Burkina Faso n’est pas le Congo et plusieurs de ses cadres souhaitent réaliser cette révision.

Cette volonté bute sur la détermination de l’opposition et des organisations de la société civile qui annoncent des actions pour l’alternance

Mathias Dzon, président du parti de l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD), estime que les arrestations de mardi dernier visent à taper sur tout ce qui bouge au Congo.«Mais ça ne se passera pas toujours comme ça ! Tous les dictateurs qui essaieront de faire comme  Compaoré, rencontreront le peuple devant eux», promet l’opposant.

Pour sa part, Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS) demande au pouvoir en place de clarifier ses intentions.  Il appelle également les forces démocratiques du Congo à comprendre que la démocratie congolaise a besoin d’une alternance.

Mais le parti au pouvoir promet un consensus national comme le déclare Pierre Ngolo, secrétaire général du Parti Congolais du Travail (PCT). «Le président Compaoré a voulu faire un passage en force, en vue de contourner le peuple, ça n’a jamais été l’approche du Congo.  Si on devait aller, eh bien, ce serait le fruit du consensus national. La Constitution a été votée par référendum. Si elle devait être modifiée, ce n’est que par référendum», promet M. Ngolo.

A cette allure, le débat est loin d’être clos et même si le pouvoir congolais ne veut pas replonger le Congo dans une situation d’instabilité et de conflit comme cela est actuellement le cas auBurkina Faso.

© OEIL D’AFRIQUE

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